Affichage des articles dont le libellé est Un peu de moi...pas trop ( mais de plus en plus). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Un peu de moi...pas trop ( mais de plus en plus). Afficher tous les articles

mercredi 12 avril 2023

La préménopause : nouvelle étape victorieuse du blog

 Il faut bien le dire, à 30 ans j'étais déjà vieille.

Mais quand même, c'est différent de se sentir vieille et de le devenir vraiment. Quand j'étais jeune et belle, j'étais vaguement mélancolique sur le temps qui passe  ; maintenant je compte sur mes photos de mariage les gens qui je n'ai pas enterrés ni perdus de vue ces 19 dernières années. Avant je me soignais avec Modiano, maintenant je me console avec Proust. 

Avant je dansais sur du gros rap en faisant mon ménage; maintenant je fais des Yogas vinyasa sur les Nocturnes de Chopin.

Quand j'ai ouvert ce blog, je subodorais que je ne serai jamais danseuse étoile ou chanteuse de rock alternatif ; disons que maintenant je sais que je n'ai plus aucune chance dans ces domaines.

Bref, je ne suis pas encore vieille; mais je le deviens. Mes gencives se rétractent, mes varices se réveillent, mes cernes se creusent, mes rides s'installent.

Alors qu'honnêtement, on m'avait vendu la quarantaine comme une sorte de kiff absolu. Je me voyais traverser cette dizaine à la Sophie Marceau : avec fraîcheur et élégance, un brushing toujours impeccable, des dents bien alignés et un teint de pêche. Alors que là mes cheveux n'ont jamais été aussi déglingués, mes incisives font manifestement leur vie en toute autonomie, et on a toujours l'impression que j'ai pris un coup de soleil sur le nez. 

Même mes copines IRL m'avaient juré qu'elles ne s'étaient jamais senties aussi bien qu'après 40 ans. Une sorte de "libérée, délivrée" des quadra-de-la-win. Certaines se sont mises à la danse ou à la salle de sport, d'autres se sont débarrassées de leur mari, sans compter celles qui savourent le départ des grands enfants et leur liberté retrouvée. Et moi, je fais partie de l'équipe qui ralentit tout le monde: je cours de moins en moins vite, j'ai gardé l'Homme (et réciproquement), et je pleurniche comme une gamine parce que ma grande Rayures quitte la maison en septembre.

J'ai l'ovale du visage qui s'affaisse, je traque mes cheveux blancs, je me prépare à prendre rendez-vous pour la mammographie, je surveille mes grains de beauté, je fume en cachette, j'ai mal au coeur quand je mange trop gras, je ne supporte plus les chaussures trop serrées, à partir de deux bières je suis ivre...je ressemble de plus en plus à ma mère. La quarantaine des losers.

Du coup, je me suis dit que c'était le bon moment pour revenir me plaindre par ici. La blogosphère littéraire (ou ce qu'il en reste, car je ne
sais pas trop où on en est de ce côté-là 4 ans après avoir fermé la porte et éteint la lumière), la blogo donc demeure, je crois, le meilleur endroit pour attendre avec sérénité cette préménopause qui rôde (et à laquelle on n'échappe que si on meurt avant, finalement).

Bon, et puis j'avais nulle part ailleurs où aller...

vendredi 1 décembre 2017

My November



Un mois de novembre qui tient toutes ses promesses: premiers virus hivernaux et le cortège des mauvaises nouvelles / Tu pars de chez toi, il fait nuit; tu rentres chez toi, il fait nuit / Bonne ambiance /  Survivre au crépuscule de l'année 2017 / Numérobis, un dimanche midi qui nous annonce, devant ses côtelettes d'agneau, qu'elle ne veut plus rien manger qui ait été vivant "avant" / Merveilleuse Odyssée de Daniel Mendelsohn, une lecture aussi éblouissante qu'érudite, et si tout était une histoire de filiation finalement ? / Qu'y a-t-il donc dans le tome 2 d'Eragon pour que Rayures nous demande aussi de ne plus lui proposer de viande ? / Accepter -par lâcheté- d'intégrer un équipe de courses en relai avec du dénivelé : perdre son honneur, sa dignité et un poumon / Le boulet qui a du mal à suivre / Une escapade parisienne forcée / La splendeur des Amberson pour mes 6 heures du trajet aller / Se réveiller entre la Sorbonne et le Panthéon et mesurer l'ampleur d'un renoncement / Un dîner entier où ça parle anglais: solitude quand tu nous tiens / Allemand LV1 évidemment / Traverser tout Paris pour fêter le livre et ne pas décoller du bar / Radio France et le syndrome de l'organisation d'un autre monde, n'est ce pas Sophie ? / Réussir à ne voir aucun auteur alors qu'on est là pour ça / "on peut passer monsieur ? " "Oui oui, vous redescendez, vous retraversez tout , et vous remontez les escaliers pour arriver par le 104" / Le moment du bug / Un thé à la menthe sans thé / Un jus d'abricot qui vient trop tard / Des rencontres qui sont en fait des retrouvailles : les évidences amicales / Team Elle 2014/ 4 ans déjà / Un dos de cabillaud dans le 5ème avec ma binômette / "The" jogging proustien dans les jardins du Luxembourg, et au lever du soleil, sentir surgir un vague sentiment d'éternité/ 7 Km dans un froid de gueux / Retourner plein Sud avec La légende du dormeur éveillé offert par mon irremplaçable leader Rentrer et découvrir dans sa boîte au lettres, l'attention de la délicate Aifelle, toujours présente malgré tout / Un mois pendant lequel j'ai perdu la blogosphère en route / Le temps de rien / Un jour, même moi j'oublierai que j'ai blogué à un moment / Pas le temps de faire une vidéo / Décembre et ses fêtes qui nous tendent les bras / L'espoir improbable de pouvoir rédiger un billet / Duracell toujours en grève du sommeil / What did we expect ?
A tout bientôt les amis ;-)




dimanche 5 novembre 2017

Compte rendu de vacances #ToussaintForEver

J'ai testé pour vous : les vacances inratables.

Pour, nous les vacances constituent une vraie réflexion philosophique (parce qu'on en a très peu et du coup on a bien le temps d'y réfléchir en amont). L'Homme et moi considérons qu'en août, c'est risqué de partir en vacances : la canicule, le rythme ralenti, les bouchons sur l'autoroute, les beaufs en vadrouille, non vraiment on est au dessus de cela, du coup on travaille les 9 semaines des vacances scolaires et on joue la sécurité (#SecondDegré). Par conséquent cette année et on a privilégié novembre.

L'Univers était de notre côté: beau temps, couleurs d'automne, grand chalet au calme, frigo plein; non là comme ça a priori,  partir tous les cinq ne pouvait être qu'une totale réussite. J'avais même prévu de poster des photos des girls sur Instagram, s'enlaçant avec tendresse sur fond de coucher de soleil, rigolant aux éclats, genre "famille Ricorée". En plus, je n'ai pas vomi dans les virages en montant, présage on-ne-peut plus optimiste pour des vacances réussies, je me suis contentée de chouigner sur Arrivederci de Biolay sous le regard consterné de l'Homme et des girls qui ne comprennent pas ma passion pour les chanteurs dépressifs (ou morts...ou les deux- mais la il est vivant...la preuve il fait la Nouvelle Star, ce qui réjouit l'Homme qui me titille avec cette histoire, bref).

Je suis donc partie avec l'entrain qui me caractérise, bien décidé à mettre ce séjour à contribution pour résorber  les cernes bleues qui me défigurent et ce petit teint grisâtre qui fait ressortir la frange que je me coupe moi-même (coiffeur c'est un métier, mais je n'ai jamais le temps d'y aller). J'étais d'autant plus optimiste sur nos vacances en famille qu'on m'avait toujours dit: un bébé difficile fait un ado tranquille . Dans la mesure ou Rayures a eu ses premiers amis imaginaires dès 2 ans, qu'elle a fait ses nuits à 3 ans, que toute sa scolarité jusqu'à présent a été un long chemin de croix où je passais ma vie dans les bureaux des maîtresses, directrices ou psychologue scolaire, honnêtement, je me suis dit que la puberté couplée à l'entrée au collège serait plus que tranquille (même si bien sûr le fait qu'elle ait été collée dès la deuxième semaine de son entrée au collège aurait du me mettre la puce à l'oreille).

ERREUR

Rayures découvre à 11 ans que le monde est moche et ne s'en remet pas du tout. Elle déplore la déforestation, le racisme, la cruauté des hommes, l'indifférence des pays riches pour les pays pauvres (cf: cours de géographie à réviser pour la rentrer, attention évaluation sur table), les faits divers qu'elle apprend on-ne-sait-où vu qu'elle ne regarde pas la TV et n'a pas Internet sur son téléphone (les copains au collège peut-être, car elle en a...pas ceux que j'aurais espéré mais bon). Elle n'échappe évidemment pas à cette langueur adolescente qui m'exaspère, à l'absence d'enthousiasme dès qu'il s'agit de sortir, elle tente d'échapper à la plupart des corvées domestiques et souffle en déambulant dans la maison, plein de rancoeur contre l'ONU qui ne fait rien contre la guerre, sa prof d'histoire géo qui pratique la classe inversée, les chasseurs qui font du mal aux animaux "juste pour le plaisir", la peste de sa classe qui lui a dit que son idée de roman était bof, et l'ophtalmo (le seul qui accepte de lui prescrire des lentilles) qui arrive toujours à lui glisser une petite vacherie lors de la consultation.

Du coup, pour ne pas garder tout ça pour elle ("parce que Mamie, elle dit qu'il vaut mieux que ce soit dehors que dedans, sinon on s'abîme la santé"),  elle en fait profiter sa soeur de 8 ans (pour qui le dernier drame tient à un rebondissement malheureux du  Royaume de feu), Numérobis donc qui découvre qu'à 9 ans une petite fille peut disparaître lors d'un mariage et pour toujours (ambiance ambiance). Le problème subsidiaire c'est effectivement les capacités vocales de Numérobis dotée d'une voix forte et éraillée. Elle hurle donc sa résistance au monde réel à grand coup de "Elle est méchannnnnnnnnnte, elle dit ça pour que je fasse des cauchemars". 

On m'avait dit aussi "3 filles, c'est cool, bien mieux que 3 garçons, au moins tu évites les bagarres".

ERREUR

L'Homme et moi élevons nos filles comme n'importe quel garçon,  et du coup fatalement, elles se cognent, se menacent de mort, se donnent des coups de pieds, se courent après avec des bâtons. Il y en a une qui souffle et l'autre qui hurle. Chacune est bien sûr convaincue qu'on lui préfère l'autre, c'est délicieux, surtout avec les arbres qui rougeoient et le dégradé des jaunes chaleureux de l'automne.

A cela bien sûr, il a fallu ajouter Duracell dont on pensait qu'une maison avec jardin lui ferait le plus grand bien (le grand air, le calme, la nature....)

ERREUR

Duracell est dangereuse juste dans un salon avec une simple table basse. Quand elle tente de sauter de la table au canapé, je manque de faire une crise de spasmophilie, donc là avec des escaliers partout, j'ai juste passé ma semaine à répéter en boucle "les barrières sont bien rabaissées devant l'escalier ?". Au bout de 2 jours, évidemment plus personne ne me répondait: l'Homme ne m'entendait pas, Rayures soufflait genre "ma mère cette relou" et Numérobis chantonnait l'air des chevaliers du Zodiaque (sa nouvelle lubie ramenée de la bibliothèque grâce à l'influence de l'Homme). Bien entendu, au mieux Duracell a dormi jusqu'à 4h (5h ancienne heure donc presqu'une nuit, yeahhhhhh), au pire elle s'est réveillée toutes les trois heures (à cause de l'altitude, ou parce qu'elle n'est pas dans son lit et toussa quoi; l'avantage des vacances c'est qu'on a des prétextes à la pelle pour justifier qu'à presque 2 ans elle ne dorme toujours pas).

Duracell a également découvert qu'elle a deuxième parent, l'Homme, avec qui tout est plus facile. Miel pops au petit déjeuner, courses sur les épaules, verre en verre pour boire, pas d'obligation de mettre un manteau pour sortir ("Il fait 8 degrés quand même" "mais elle ne veut pas, c'est qu'elle n'a pas froid je te dis" "nan mais à 21 mois, peut-être qu'on sait encore mieux qu'elle?")

Au final, je me suis dit: tiens et si j'allais courir pour évacuer.

ERREUR

Courir à 1000m d'altitude, c'est courir en côte, se bruler les cuisses et les poumons (honnêtement je ne suis pas médecin mais je pense vraiment que je n'étais pas loin de pneumothorax ) . Juste avant que je parte, Rayures m'a rappelé que courir seule dans un chemin désert, c'était risqué, surtout vu les événements récents (moue de connivence et regard appuyé) et évidemment elle sait que je suis peureuse comme tout et que moi aussi j'ai peur de la mort et des gens méchants. Je suis donc partie moyennement rassurée, et pendant que j'écouter System of a down, une idée a germé dans mon cerveau suroxygéné.

J'ai envisagé de simuler ma disparition pour aller faire le plein de sommeil dans un hôtel reculé. Il suffisait que je vide discrètement le Livret A de Duracell (qui s'en rendrait compte qu'à sa majorité), et que je m'organise comme Walker dans le dernier Bello pour me reposer quelques temps (je n'ai besoin que de livres, cigarettes, une ou deux bières, des capsules de café et du pain frais).  Je comptais revenir 3 jours après et dire que j'avais souffert d'une amnésie passagère suite à une chute dans un petit chemin (futée la Galéa!! Plus crédible tu meurs). Au moment où je réfléchissais à la manière dont l'homme pourrait gérer les 3 pendant 3 jours (et l'éventualité de mettre ma mère -qui n'a jamais su garder un secret- dans la confidence pour lui apporter un soutien logistique),  ma playlist a enchaîné les premiers accords follement joyeux de "Ton héritage".

"Si tu aimes les soirs de pluie mon enfant mon enfant" ; bon fatalement j'ai été obligée de reconsidérer la situation. Biolay décidément. "Si tu parles à ton ombre de temps en temps" alors déjà que Rayures est dans un phase compliquée, peut-être n'est-ce pas le meilleur moment pour disparaître, même pas longtemps, sans compter ce que je risque de me prendre si jamais un jour elle attaque une thérapie. "Si tu aimes ce qui est bon, si tu vois des mirages" après, il y a aussi Numérobis qui doit travailler ses saletés de démanchés pour son audition, et honnêtement on n'y est pas, l'Homme est encore plus nul que moi en clef de fa, et je ne suis pas certaine que la table de 8 soit totalement acquise (le 7 X 8 reste un problème récurrent). Enfin il faut bien avouer que vu l'autorité que l'Homme a sur Duracell, je crains quand même qu'elle se prenne pour Dieu  (autant il va lui faire d'une entrecôte maître d'hôtel à midi parce qu'elle ne veut pas de steak haché). "Ce n'est pas de ta faute, c'est ton héritage, ce sera pire encore quant tu auras mon âge"; oui donc là je me suis dit que déjà, vu qu'on vient tous les deux de familles dysfonctionnelles, ce n'était pas la peine d'en rajouter et qu'il fallait mettre toutes les chances de leurs côtés.

En plus j'ai croisé un type bizarre avec un chien et un fusil: 3 éléments qui m'inquiètent toujours quand je suis seule, même en baskets; j'ai regagné la maison mine de rien en fredonnant "il faudra faire avec ou plutôt sans".

J'ai été accueillie par un "déjà?" de Numérobis, par un "j'ai oublié tous mes devoirs à la maison et j'ai 4 évaluations à la rentrée" de Rayures, et par une cascade de Duracell à qui l'Homme tentait péniblement de mettre des chaussettes "elle préfère être pieds-nus je t'assure"

Nous sommes repartis le lendemain de mon projet de fugue, parce que j'avais oublié qu'il y avait un rappel de vaccin pour Rayures (et que l'infirmière du collège m'a mis un mot dans son carnet de santé avec des gros points rouges d'exclamation). 

Une fois de retour à la maison, les filles ont décidé qu'il serait bien mieux pour tout le monde qu'elles dorment toutes les trois dans la même chambre (on a déménagé et fait 6 mois de travaux juste pour avoir une chambre de plus- c'était vraiment une idée géniale, merci l'Homme). Rayures  a eu le rappel de son vaccin, Numérobis a passé une nuit à toucher les 40 de fièvre, Duracell a enrichi son vocabulaire d'un nouveau mot "oh la la". J'ai un jour et demi pour faire les devoirs de tout le monde et 4 ou 5 machines à faire tourner avant lundi.

Belle rentrée à tous.  Je le répète la Toussaint, en termes de vacances en famille, c'est une valeur sûre. Demain je vais afficher une mine réjouie et répondrai avec un sourire éclatant "c'était une semaine merveilleuse".

"Et si tout se déroule jamais comme dans tes plans, si tu n'es qu'une pierre qui roule, roule mon enfant"

samedi 30 septembre 2017

My September

Me revoici, hors d'haleine au bout de ce mois de septembre-marathon (pour les mères dénuées de sens pratique, c'est un mélange de retards humiliants, de dilemmes domestiques et de calculs savants pour savoir qui emmener qui à quelle heure et où).

Bref, j'avais bien envie de reprendre le rendez-vous initié par Moka, ce Mois par moi que j'affectionne tant et que je lisais chez les autres même quand je ne bloguais plus, et puisque je me suis attrapée un de ces virus que les hommes appellent "la grippe" et que nous femmes, appelons un "gros rhume", je me suis dit que je pouvais me faire plaisir quand-même et tenter un Mois par moi en vidéo. 

J'y ai perdu un temps fou, je me suis bien amusée, et je me suis dit qu'il compenserait mon sevrage de RS dont l'un des dégâts collatéraux est de prendre nettement moins de photos qu'avant. C'est approximatif, égocentrique et partial, bref Tarantino n'a rien à craindre.





vendredi 12 février 2016

My darling Third: le débarquement.

Il y a d'abord eu la sage-femme qui n'en revenait pas de me voir encore là, pitoyablement échouée sur le canapé de la salle d'attente, cernée jusqu'aux joues, boudinée dans un jean de grossesse qui avait  lui-aussi renoncé à aller aussi près du terme.

-" Mais quand même, on n'a pas idée de vous voir encore là à la 41ème semaine, un troisième on ne le mène pas au bout, sans compter qu'avec la grippe des filles et vu comment vous aviez l'air claqué, je pensais que vous auriez accouché ce week-end, vous habitez toujours au 3ème sans ascenseur ?"

Il y a eu le monitoring presque trop parfait, la boîte d'aiguilles d'acuponcture, la vérification du col et (attention je vends du rêve) le décollement de membranes  :
 "Dès que ça commence, par contre, ne traînez pas trop quand même hein, au troisième ça peut aller très vite". 

Et ça a commencé à 12h30 avec un Homme pas joignable avant 14h30. Il y a eu ma mère en renfort,  transformée en coach, qui m'a fait un steak et des pâtes "des sucres lents, c'est le secret de la résistance à l'effort". Il y a eu deux bombes parisiennes qui m'ont tenu compagnie sur Messenger autour de questions de fond: à quoi reconnaît-on un vrai travail ? dois-je me démaquiller avant d'entrer en salle ?  Le prénom fait-il l'Homme? Il y a eu une petite Madeleine de 4 mois qui m'encourageait depuis son transat.


Il y a eu la répartition des tâches, des clefs, des filles, des activités. Tel un chef de camp à l'agonie, j'ai donné mes instructions aux uns et aux autres (sans que personne ne me contredise). Je n'ai cédé sur rien. Psychorigide un jour, psychorigide toujours.

"Et surtout, Numérobis doit faire pipi AVANT son cours de violoncelle, même si elle dit qu'elle n'a pas envie."

Il y a eu l'arrivée de l'Homme, pas franchement stressé, qui a pris le temps de se doucher,  de vérifier son paquet de cigarettes, de prendre des rations de survie "au cas ou" (traumatisé par les 16h qu'il me fallut pour Rayures, pendant lesquelles il a failli mourir de faim), et la charge de son portable. Au passage, il m'a livré son diagnostique médical :  "à mon avis, on part trop tôt Galinette" (oui ok, mais on va y aller quand même hein).

Il y a eu la descente pénible des trois étages avec des voisins perspicaces  : "ah c'est maintenant alors? Elle contracte? " (non, non elle joue au tennis).

Il y a eu l'arrivée à la clinique, et l'Homme, complètement punk, qui se gare sur une place dépose-minute : "ta sage-femme a dit que ça irait vite non" (rire gras..vraiment pas stressé l'Homme)

Il y a eu ma gynécologue qui n'est jamais venue:
 "Rho vous n'avez vraiment pas de chance, elle a eu un décès dans sa famille, elle est à un enterrement à Paris. Si vous y allez cool, c'est jouable, elle sera de retour vers 20h00".  
Il est 17h et clairement j'ai commencé le travail :  loose toujours. 

Il y a eu l'anesthésiste :  "vous continuez à vous agiter comme une enfant dès que j'approche l'aiguille, je vous préviens vous accouchez sans péri, c'est pas possible ça, punaise!!!" . Je suis dilatée à 5 et je fais des incantations vaudous contre elle : "ah bah voilà, j'ai ripé, bravo hein, une compresse!!!" , là dessus j'entends la sage-femme : "oh oui dis donc elle saigne bien"; je m'imagine paralysée à vie et suis au bord de l'évanouissement. J'arrête les incantations, j'essaie de penser positif, ou de ne pas penser du tout, de toute manière je vais faire un malaise. 

Il y a donc eu la chute de tension au moment où l'Homme, triomphant, revenait en salle de travail avec charlotte, blouse et chausson bleu clairs:  "punaise, j'ai ta chambre individuelle, j'ai été au top, même pas eu besoin de brandir tous les arguments que j'avais révisés" . C'était sa mission du jour, il n'en peut plus de fierté. Là dessus, je lui réponds que je suis en train de mourir, que je sens mon âme quitter mon corps. "T'inquiète, à chaque fois ça te fait ça après la péri" (vraiment vraiment pas stressé du tout). "Non je vais mourir". Une Sage femme qui passait par là bougonne: "pffff au maximum vous allez vomir, faut pas exagérer non plus". On m'injecte un truc dopant, je reprends mes esprits, et me demande si mon eye-liner a tenu le choc ou pas. 

J'entends deux sage-femmes discuter "c'est son premier à la dame? " "Son troisième je crois" "Nan ? et ben dis donc!!!!" C'est officiel, je suis un super boulet. Mais bon, faut bien se mettre au travail hein!

Et à 19h16,  il y a eu My Third :  toute ronde, toute brune, toute calme.

Ensuite, il y a eu l'Homme et ses réflexions profondes, "oh punaise, c'est Rayure je te jure, la tête de Mike Tyson....par contre quand elle hurle c'est Numérobis". Il y a eu les 200 photos prises de son téléphone, les faux prétextes pour sortir "c'est ta soeur, elle veut des nouvelles, je reviens" (en fait il part fumer une cigarette, manger un kit-kat et boire un café-machine). 

Il faut nous voir tous les deux:  l'Homme, plus sel que poivre, touchant presque sa quarantaine, et moi,  la jambe bleue comme une carte routière, le brushing en berne, la frange frisée, le périnée en deuil, les yeux pochés par mon mascara pas waterproof. On sait tous les deux que c'est la dernière fois qu'on vit ça, du coup, l'Homme se fait une orgie de sociabilité, rigole avec tout le monde, tente des blagues pas toujours pertinentes et fait des selfies assez moches (une puéricultrice de l'équipe de nuit le prend en pitié et propose de prendre une photo : la seule convenable de la soirée).

Bref, Ma Third a débarqué le jour de la Chandeleur et tient toutes ses promesses (surtout que maintenant on peut le dire, même la troisième fois, on n'est jamais certaine d'être à la hauteur du rôle quand même).

Et depuis il y a :
- un bazar incroyable dans mon appartement trop petit, 2 petites filles qui me paraissent géantes, bruyantes et brutales, deux machines de linge par jour, des envies de cafés, d'alcool, de cigarettes, des arheu, des pesées régulières, des nuits qui n'en sont pas, des réserves de couches, les bastons des filles, le cordon qui tombe, la déclaration à la CAF, les textos des copines, des cadeaux, les faire-parts à envoyer, des ressemblances décrétées par des gens qui ne nous connaissaient pas enfant, nos grands principes qu'on renie déjà (genre: avec elle, on ne cédera rien sur le sommeil), une écharpe retrouvée au fond d'un placard, des heures à la regarder dormir puis se réveiller, du liniment sur les doigts.

My Third a débarqué: fin du voyage en tandem. Elle et moi aurons surmonté le décollement du placenta, une tempête familiale, le désespoir des attentats du 13 novembre, la grippe de Numérobis, les réflexions de l'échographistes, mon hypocondrie. Sans nous vanter, elle et moi avons bien travaillé, et ça me fait quelque chose qu'elle commence sa route toute seule (enfin... manière de parler car, à ce jour, je ne laisse pas grand monde l'approcher et je ne m'éloigne jamais à plus de 1 mètre d'elle). 

En vérité, le 2 février dernier, l'essentiel de ce qui s'est passé ne se raconte pas dans un billet de blog, car je n'ai pas le talent pour parler de cette intimité-là, de ce quelque chose qui tient finalement à un regard, à l'odeur du lait, à un petit front plissé. Cette évidence presque animale qui se résume à la main minuscule qui s'agrippe , à la peau contre la peau, à l'oeil qui peine à s'ouvrir. Ce qui s'est passé de plus important il y a 10 jours va rester entre My Third et moi, enfin surtout entre moi et moi au final.

Mais bien sûr je répondrai toujours présente quand il s'agira de se plaindre de la fatigue, du manque de places en crèche et de tout le travail que j'ai à la maison. Je ne lâche rien (geindre sur tout, tout le temps est mon fond de commerce, je l'ai je le garde), et je reviens très vite avec la Photo du Mois, Alamut  et Azoulay (la romancière hein ! #HumourPolitique), et j'essaierai de reprendre le chemin des blogs dans la foulée.

PS: En parlant de blog et de blogueurs, merci du fond du coeur à tous les amis virtuels qui se reconnaîtront, et qui, sans nous connaître ni l'une ni l'autre (ceci expliquant sans doute cela d'ailleurs), nous ont accompagnées pendant toutes ces semaines, chouchoutées, gâtées, rassurées ou fait rigoler. Je mesure notre chance d'être à ce point entourées.

jeudi 31 décembre 2015

My december

Une idée de génie pour le cadeau de Noël de Papa / L'automne qui s'éternise/ C'est flippant cette douceur quand même/ L'échographiste qui ne changera jamais/ My third aura donc les membres courts, une grosse tête et un nez épaté/ L'Homme et ses phrases "Tu vois le progrès quand même, tu viens pour vérifier que le bébé va bien, tu sors en ayant peur qu'il soit moche"/ Mais on n'en veut pas de ta photo 3D punaise / Les élections qui font mal / Des donneurs de leçons, des commentaires de comptoir / Dans convaincus, il y a surtout "con" finalement / Et si ne pas être sûr de tout tout le temps n'était pas le salut de notre civilisation décadente / J'ai voté 10 ans par défaut / Stop / Le Livre de Dina qui m'emmène ailleurs / Numérobis qui bluffe tout le monde avec son violoncelle / Des anniversaires en cascade / Les enfants de l'hiver / Une visite chez l'orthophoniste / Pas de nouvelle de Livre-Photo de Papa ? Nan mais il ne devrait plus tarder / 2015, c'est quoi finalement? Une année de tragédies nationales et de deuils familiaux / Et puis My third quand même / Il sort toujours quelques chose de beau de ce qui est douloureux / Col: 47, postérieur, fermé / Frimer devant les copines qui me prédisaient un accouchement en avance / "Maman tu as oublié le cadeau de Noël aux maîtresses" / Ah oui complètement oublié cette année / Attaquer HHhH / Col ramolli et court / Mais non voyons, il y a 10 jours j'étais au top / Colis Privé ou l'impression d'être chez Kafka / Préparer Noël quand il manque la moitié des cadeaux / Punaise: 100 pages, 450 photos, 15 ans de souvenirs familiaux des heures de boulot / Noël ne peut se faire sans ce livre photo / Catherine Certitude dans ma boîte aux lettres / L'avenir de la Poste est assuré tant qu'il y aura des blogueurs / "c'est fou les colis que vous vous envoyez alors que vous ne vous connaissez même pas" / Mieux que tu ne le penses l'Homme / Que nous restera-t-il de 2015 ? le sentiment que ceux qu'on aime sont précieux / "Tu vas l'appeler Thérèse? Tu es sûre? C'est ce que ta fille dit à tout le monde, mais je te jure Galéa à mon avis tu as au moins une génération d'avance, ça craint pour le bébé" / Je rêve de cigarettes, de bières et de run / "C'est bientôt fini tinquiète" / Pas trop vite non plus hein /
"Mamie, elle a dit que ses autres petitts-enfants étaient mieux élevés et plus agréables que Numérobis et moi (WTF?), et quand je lui ai répondu (WTF ?! ), elle a dit que j'étais vraiment la fille de ma mère (WTF ?!!!!!!)/ On ne répond pas à ses grands-parents, punaise/ L'impertinence et l'insolence ne sont pas ce que je leur ai donné de mieux / Peut-on réussir Noël avec des cadeaux qui manquent, une belle-mère qui nous déteste, et des contractions fortes et rapprochées ? / Galéa tu te calmes, tu ne vas pas accoucher dans la voiture le soir de Noël, arrête de pleurer maintenant / Pas d'accouchement, pas de disputes et une super Lulux qui a trouvé des cadeaux de substitution pendant que je chouignais sur mon colis perdu / Un beau réveillon avec beaucoup de rigolade / Pleurer devant le pommard que tout le monde déguste religieusement/ L'esprit de Noël /  "Du velours punaise, c'est trop dommage que tu ne puisses pas" /


Un coffret Chanel, des livres, du parfum, des dessins, une sculpture... / Numérobis qui fait le show, Rayures qui bat un beauf un peu ivre aux échecs / On résiste : on rigole / Qu'est ce qu'on garde de 2015 ? / Pas mes cheveux en tous les cas, ni l'appartement, ni une certaine insouciance / Je jette aussi la vanité -après avoir toujours prétendu le contraire - / On garde l'essentiel: my third, le plus longtemps possible -au chaud dans mon corps sain-, l'amour des siens, même différents, même divergents, même pas d'accord (et on oublie qu'hier il y en a qui sont allés voir Laurent Gerra)/ S'aimer les uns les autres le plus longtemps possible et mesurer sa chance /  Et continuer à se disputer copieusement sur tout et n'importe quoi...sinon on risque de vraiment perdre l'essentiel ;-)



Joyeux réveillon à tous les amis (ou pas d'ailleurs...la saint-Sylvestre, c'est quand même surfait), je m'en vais briller de mille feux dans ma tunique à paillettes, je vous dis à l'année prochaine.

Sur une idée de Moka

lundi 29 juin 2015

Pourquoi mon billet sur Trollope ne sera-t-il pas en ligne demain? (ou comment rater en beauté son mois anglais)

J'avais tout bien préparé depuis avril, lu des romans en avance, travaillé mon logo, pris des contacts, je m'étais faite remarquer sur le groupe FB. Le mois anglais, ça devait être mon mois, l'instant où mon blog redémarre, avec un billet par semaine et peut-être même 2 par dizaine de jours (un rythme de fou quoi).

Je sais, je sais, j'ai été trop ambitieuse. Déjà enfant, j'étais comme ça, je commandais des plats au restaurant que mon père devait finir par politesse pour le cuisinier (ça a duré jusqu'à mes 20 ans que l'Homme prenne la relève, résultat: à 50 ans, le paternel pesait ses 100 Kg -tout pile le double de sa fille capricieuse-, ce n'était pas si simple pour lui).

Bref, j'avais lu en mai le Fletcher (chouette), le Solomons (vraiment pas chouette) puis le McEwan (bof)  et il me restait tout juin pour lire Dr Thorne et rendre ma chronique le 30 pour la Lecture Commune. Mais c'était sans compter une avalanche d'obligations et d'imprévus qui allaient se mettre en travers de ma route, et me faire lamentablement échouer mon mois anglais.

Perditude quand tu nous tiens.

Je voudrais donc rendre hommage aux fournisseurs officiels de ce billet.

Mes filles d'abord que je remercie du fond du coeur. Car sans elle je n'aurais jamais gouté au burn-out social  (les relations humaines, comme la conduite automobile, me demandent un véritable effort, et là je suis au bord du surmenage).

Grâce à elles,  j'ai eu le droit aux kermesses et à la masse d'anniversaires divers et variés (comme quoi les mois d'août et septembre quand même, sont propices à la reproduction). Des anniversaires de tous les genres, du gros bourgeois qui propose une initiation tennis à des enfants de 8 ans, à des mères désespérées qui organisent chez Quick les 6 ans de leur bambin. A chaque fois il faut :
- penser au cadeau ("il est plutôt pirate ou chevalier Anatole?" "Il est Ninjago maman, voyons"),
- anticiper le trajet ("le GPS met que c'est à 20 mn, pourquoi a-t-on déjà 1 h de retard?" "Ils vont faire le gâteau sans moiiiiiiiii" sanglots sur la banquette arrière, culpabilité, panique)
- s'insérer dans une discussion avec (au choix) les voitures, le prix de l'immobilier, les pédiatres bien côtés, les activités ludiques, les méthodes de lecture (???????)...(parfois on se demande si on est un vrai parent normal quand même)
- attendre anxieuse la fin et le bilan implicite ("C'était un chouette anniversaire, merci " "oui Merci à vous d'être venues, mais dis donc elle a déjà un sacré caractère quand même ta fille"). 
Moment de solitude. Répétition du mantra de base "accepte ton enfant tel qu'il est".

Sans mes filles, il n'y aurait pas eu l'incontournable gala de danse, ni cette regrettable somnolence au milieu du spectacle. Rien, une ou deux minutes (et je vous jure que c'est la première fois que ça m'arrive, je suis archi fan de danse), une somnolence juste au moment du solo de Numérobis. Pour l'instant, elle l'ignore, mais déjà je me tricote le gilet de culpabilité pour deux minutes de somnolence. Et un jour, cela échappera à quelqu'un dans une conversation, et je sais que sa rancune sera éternelle (vous pensez que je suis une teigne, vous ne connaissez pas ma fille).

Je remercie aussi du fond du coeur le gang des mulots surdoués. Si c'est comme les humains, c'est moins de 1 pour 1000. Et chez qui ils sont allés ces génies ? Chez nous! Au troisième sans ascenseur. Des petits mulots qui mangent les appâts sans jamais se faire prendre, remarquablement intelligents, d'une rapidité étonnante, des mulots mignons, mais des mulots quand même. Et moi je n'aime pas les mulots, pas chez moi.

Avoir des mulots c'est rentrer chez soi en hurlant pour qu'ils aillent se cacher, c'est sursauter au moindre bruit, c'est en voir partout tout le temps, c'est avoir peur d'en trouver dans son lit, c'est guetter les plinthes, renoncer à ouvrir certains placards de la cuisine...avoir des mulots, c'est se dire que vraiment, non, on ne sera jamais une warrior (et que jamais on aurait tenté Koh Lanta).

Il y a donc eu l'épisode Rayures qui propose d'en domestiquer un ("Mais si Maman, il dormira avec moi, on sera bien, je suis allergique au chat, s'il te plait s'il te plait s'il te plait, je veux un animal). Vous me pensiez asociale, vous ne connaissez pas Rayures (ma fille, c'est moi en pire).

Une fois de plus, j'ai perdu tout sens de la dignité (je suis en train de faire la fortune des psy des années 2020-2030) j'ai menacé tout le monde de divorce et de suicide ( j'exagère à peine en fait), et l'Homme a passé une semaine à gérer l'affaire (et à se lever la nuit pour m'accompagner aux toilettes....shame on me). Mon Homme à moi est (entre autres choses) un redoutable chasseur, même avec des mulots surdoués.

J'ai intérêt à me mettre fissa à faire de trucs de bonne ménagère si je ne veux pas qu'il déguerpisse en courant  le jour de mes 40 ans (éventuellement, j'envisageais de m'acheter une centrale vapeur pour commencer...sinon je prends tous les conseils bien avisés pour garder un mari quand on est névrosée, capricieuse, phobique, têtue, rancunière, débordée et mal dégourdie....).

Je remercie ensuite chaleureusement Facebook et la blogosphère qui toujours me rappellent ma propension à m'exciter pour rien, à prendre des partis perdus d'avance, à défendre des trucs qui n'en ont pas besoin. Perdre le temps qu'on a pas, c'est un art, et j'ai la chance de le maîtriser.  S'il y a un sujet vérolé, il est pour moi. J'ai donc joyeusement relayé une énième polémique (je rappelle qu'une polémique c'est un sujet sur lequel personne n'est d'accord, ou chacun  se sent (au choix) "pointé du doigt" ou "très au dessus de cela", mais auquel tout le monde participe quand même, quitte à tâcler un peu tout en donnant des leçons à ceux qui ne seraient pas daccord) . Bref. La blogo quoi. Une fois encore, je n'ai pas su me taire. Il n'y a pas à tortiller, je ne serai jamais consensuelle.

C'est ainsi qu'à la question "Qu'est ce qu'un bon blog? " Je répondrai, ça n'existe pas sinon on serait tous journalistes ou écrivains (c'est bon, on se détend, c'est de l'humour, vive les blogueurs!!!!).

Enfin, je remercie du fond de mon coeur, la crève de juin. Oui ce virus que personne n'attrape, sauf au mois de novembre.

"Je ne tombe jamais malade, je ne peux pas être malade, pas maintenant" entre deux sanglots au téléphone avec ma mère-la-fée, qui me répond "Ne bouge pas, je t'apporte du Doliprane".

Serais-je vraiment la patronne de la perditude si je ne passais pas l'équinoxe clouée au lit avec une bonne fièvre? Aurais-je encore une légitimité à tenir mon blog si je n'étais pas aphone le premier jour de l'été? Ne perdrais-je pas un peu de moi si je ne vociférais pas par la fenêtre un 21 juin :"arrêtez votre bruit, y'en a qui sont malades punaise, un peu de respect". Vraiment non. Dans la vie, on ne se déclare pas looseuse, on l'est ou on ne l'est pas.

J'aurais aussi pu vous parler de la division de nombres décimaux, des compléments de noms (heureusement je paie l'étude le soir pour éviter d'aller trop dans le coeur du sujet), j'aurais pu vous parler de la famille qui débarque de Bretagne un dimanche soir à l'improviste dire bonjour (mais en fait c'est pour s'inviter à l'apéro alors qu'on travaille le lendemain), j'aurais pu vous parler des travaux du tram qui passera sous notre immeuble qui peut-être s'écroulera dans quelques mois, j'aurais pu évoquer une audition de violoncelle, la frénésie des bulletins scolaires....Mais ça serait un peu trop excessif.

Tout ça pour dire que j'ai lu seulement 150 pages des 760 du Dr Thorne, j'aime beaucoup, mais il faudra attendre un petit moment pour avoir un billet (et je sais que chacun retient son souffle, car le billet d'une blogueuse de seconde zone sur un auteur anglais connu que des spécialistes de la période victorienne, c'est quand même vendeur de chez vendeur- vous cherchiez le succès? Galéa vous donne la recette).

Jamais sans mon filtre
(devise du mois de juin)
Et vu que je vais enchaîner ensuite sur La Recherche  (j'ai toujours su que je l'attaquerai un jour, je crois que le moment est peut-être venu), ce blog risque de publier de moins en moins de billets littéraires et donc davantage de billets égocentriques, malhonnêtes et malveillants...car quoiqu'il en soit je garde un mauvais fond.

Voilà, j'ai bien raté mon mois anglais, sur mon propre blog d'abord mais aussi chez les autres, que j'ai à peine eu le temps de le suivre.

Mais on est le 29 et j'ai survécu à juin (et à la préparation de la pissaladière pour 25 personnes  pour les 9 ans de Rayures avec 39 de fièvre - je n'ai rien fait, mais je n'étais pas loin de la cuisine).

C'était Galéa la voix cassée, les yeux gonflés et le nez en chou-fleur, en direct de l'avant dernier jour du mois de juin.

Veni, Vidi, Vici
(oui je dégaine du lourd car je suis pour le maintien du latin au collège).

mardi 28 avril 2015

Avril, moi et le monde

Chers amis,

Au moment où vous lirez ces lignes, je ferai cap vers l'Ouest dans une voiture chargée de XX (je parle des chromosomes bien sûr). C'est pourquoi, avant que je parte vers la pluie, le vent et le froid, je pense qu'il est temps de faire un point sur la vie, le monde et la métaphysique (ne fuyons pas les grandes débats de société).

Le point littéraire.

Je pars sans avoir encore complètement tranché mon avis sur les Producteurs d'Antoine Bello, je vais devoir encore bien me triturer le cerveau pour savoir ce que je pense de ce dernier tome de la trilogie des Falsificateurs (elle n'est pas facile ma vie punaise).


Dans ma valise, tout ce qui est en papier est 100% british, car il est temps de penser au mois anglais, ce rendez-vous délicieux et hystérique de la blogosphère, où toutes les Austen's girls sortent leur plus belle bannière, ce moment hors du temps où la nouveauté n'est plus à l'honneur, où on s'enthousiasme pour de vieux auteurs morts et barbus, où on fredonne God Save the Queen dans sa douche, et où on crie comme des groupies quand on voit les cheveux de Kate (d'accord là j'extrapole un peu...).


Le point mode.

Oui, ce blog tente d'être moderne, fashion et branché, je me suis donc acheté un nouveau jean. Un grand moment de solitude que je veux (que je dois) partager ici.


D'abord, dans la boutique Diesel dans laquelle je me suis rendue, j'ai été affublée par un vendeur trentenaire hyper cool, d'un "bonjour Madame" totalement hors de propos car :
a) j'étais en jean, baskets, sweat à capuche et no make-up donc WTF ?
b) j'avais planqué mes enfants dans un autre rayon
c) j'avais coupé ma frange toute seule et ça se voyait

Un "Bonjour Mademoiselle" ou même "Hey!!!", voire un check à la cool, auraient, de mon point de vue, été plus appropriés. Passons.

Après cette entrée en matière, pour le moins peu commerçante, j'ai aussi eu le droit à:  "le jean que vous cherchez n'existe plus depuis 10 ans Madame". Car oui, il faut le dire, maintenant, le jean normal n'est plus fabriqué, le bon gros jean un peu rêche, bas de taille et large en bas (pour recouvrir la basket), celui qui finira par se faire exactement à notre morphologie, qui sera même un peu lâche, qui s'usera sur les genoux et se pâtinera sur les cuisses, n'est plus. Notre meilleur ami de toutes les valises, de tous les dimanches, de toutes les balades, celui que même vieux on aime d'amour.... ce jean-là n'est plus fabriqué (même plus au Bangladesh). De nos jours, si on achète un jean, non seulement il est taille haute  (mais qu'y-a-t-il de plus laid et de moins confortable qu'une taille haute? je pose la question), il est coupé slim  (qu'-y-a-t-il de moins seyant qu'un slim ?), et surtout (attention gros gros scoop), il y a à présent 2% d'élasthanne  dans tous les jeans (au lieu de 1% il y a 10 ans). Et ça, ça change tout.

Mes jambes portent donc un leggings déguisé en jean, un peu comme si j'avais un collant bleu marine avec des poches cousues dessus,  il ne se relâchera jamais et me collera jusqu'à la fin et tout ça pour une somme modique équivalente à deux cartouches de cigarettes. Je terminerai ce point mode (que je considère comme le coeur de ce billet) par cette phrase de l'Homme "Tu sais, le monde change, le jean évolue, tu dois t'habituer aux 2% d'élasthanne, oublie ton jean rêche et résistant d'avant , accepte le progrès, il ne te va pas si mal que ça". (Tout est dans "si mal", L'Homme pendant un moment a envisagé d'être coach de vie...il a finalement choisi une voie plus classique).

Le point société (sans transition)

Ce message s'adresse à toutes les mères  qui caressent l'espoir qu'un jour leurs filles soient grandes, autonomes, salariées, mariées et mères de famille. Les copines je vous dis: attention!!!

 Si vous tombez sur une fille dans mon genre, à 60 ans, vous poserez encore des congés pour l'accompagner, elle et ses enfants, en vacances quand sa moitié restera travailler.  Parce que vous aurez peur qu'elle n'arrive pas à conduire pendant 8h  toute seule (suite à ses gros soucis pour obtenir son permis à 21 ans, après 2 ans d'essais infructueux et onéreux), parce que vous craindrez qu'elle ne comprenne pas le fonctionnement ni l'organisation d'un supermarché (suite à une interdiction de son mari qu'elle y fasse ses courses où elle ne ramenait que des choses qui n'avaient rien à voir avec la liste), parce que vous savez qu'elle pourrait jeter son GPS par la fenêtre (suite à sa trahison de l'année dernière, et parce qu' elle refuse de lui donner une seconde chance).

Pour toutes ces raisons, vous préfèrerez vous amputer une semaine de congé dans l'année, plutôt que la laisser tout gérer toute seule (car, vous qui l'avez portée, savez bien qu'elle en est incapable). 

Si vous voulez éviter cela, réagissez maintenant. Apprenez-lui dès aujourd'hui l'organisation, l'autonomie, le zénitude. Expliquez lui comment on fait cuire du riz et où on trouve des sachets de thé, faites lui travailler sa latéralisation, et même , tentez la conduite accompagnée. Si vous ne faites pas attention,  elle sera votre boulet même à l'approche de la quarantaine.
(De mon côté, quand je serai riche et que j'habiterai un manoir, je ferai élever un statue à l'effigie de ma mère dans le parc de ma propriété).

Le point blogo

Me sentant l'âme militante ces derniers jours, j'envisage d'organiser un petit rendez-vous vidéo éphémère, dans la même idée que les joggueuses du dimanche (en moins sport) et les blogueurs sont Charlie (en plus gai). Cette fois ce sera pour défendre, mettre en avant, et (allez disons-le) faire de la pub aux librairies indépendantes, petites et grandes, parisiennes ou provinciales. Certaines n'en ont pas besoin mais d'autres si, parfois.  Une seule journée de la librairie indépendante dans l'année c'est peu, et il ne faudrait quand même pas qu'un jour ce soit des commerces d'un autre temps qu'on présente comme des boutiques un peu folkloriques. Et si les gros lecteurs ne défendent pas les petites librairies, c'est que quelque chose ne tourne pas rond chez nous (et là j'aurais pu ajouter "ma bonne dame").
Quiconque est intéressé pour nous rejoindre peut le faire via Facebook ou en me contactant directement.

En attendant, alors que je file plein ouest (au son de la Reine des Neige, Stromae et le soldat rose 1 et 2...) je vous donne rendez-vous vendredi 1er mai, où j'inaugure une nouvelle rubrique : Les Blogueurs parlent aux blogueurs. Si tout se passe bien, ça devrait se tenir chaque premier du mois : je m'entretiendrai avec un(e) blogueur(se) sur les petits et grands sujets littéraires et blogosphériques. Comme tout le monde le sait déjà, j'aime quand la blogo se regarde le nombril, et j'aime surtout quand le blogging est interactif. Parler les uns des autres me semble l'âme de notre petit monde virtuel.  Je vous laisserai donc découvrir mon galop d'essai avec mon premier cobaye et parrain de ce rendez-vous 
(teasiiiiing, en fait je suis diplômée en marketing mais personne ne le sait).

Une belle semaine à tous, plusieurs questions restent néanmoins entières malgré mes efforts:
- aurai-je du wifi chez Henri IV?
- la pratique du billet personnel sur les blogs a-t-il condamné sans le vouloir les romans d'autofiction?
- qu'ai-je oublié cette fois-ci dans nos valises?
- aimerai-je le dernier Solomons?
- était-ce une bonne idée de prendre mes chaussures de course?

Comptez sur moi pour me plaindre et exagérer tout ce qui va m'arriver cette semaine, c'est mon fond de commerce.

Prenez soin de vous

jeudi 12 mars 2015

Carte(s sur table): AmeGraphique

Quitte à parler "cartes" ce jeudi, autant les mettre sur la table et arrêter de se mentir.

Entre mon blog et moi, en ce moment, c'est compliqué (en plus j'ai pris un an récemment, et à chaque fois je me souviens ce que je ne serai jamais : astronaute, Bree Van de Kamp, championne olympique de ski, Isadora Duncan), donc bon autant être transparente.

Pardon, ce sont des cartes Reine de neiges, ce n'est pas trop dans l'idée du billet
 (mais une amie a emprunté le tarot pour prédire l'avenir et le jeu traditionnel n'a pas résisté à la dernière belote que j'ai perdue)

Sans avoir une vie totalement passionnante, ni la mission de sauver le monde, sans travailler dans une multinationale qui m'envoie aux 4 coins de la terre négocier des contrats importants, j'ai quand même des journées bien remplies. Un travail, et même deux , qui prennent du temps, des enfants moyennement calmes (voire pas très mal élevés selon certaines sources), une maison constamment en bazar, du repassage en retard, des collants à repriser, et moi aussi je souffre de phobie administrative pour tout dire...oui je sais, rien de très original, sauf que moi j'ai un autre handicap, et de taille : je suis l'anti-ménagère-désespérée. Je ne sais pas gérer la logistique. Je me noie quand il faut faire une valise, je suis en retard tout le temps, j'oublie les anniversaires des copines et le pique-nique en sorties scolaires. Bref je manque d'organisation, de rigueur et de volonté, et on va dire que ça se ressent virtuellement quand même.

Et puis il y a autre chose : j'ai du mal avec les communautés, quelles qu'elles soient, même les plus cool. Je déteste les groupes. Les discussions entre mères de famille (groupe sorties-d'école) me rendent dépressive depuis le jour où, en toute innocence, j'ai confessé n'avoir pas acheté le Babycook (recommandé "produit de l'année" par la revue Parents que je ne lis pas). Il paraîtrait que j'aurais pu rater (oui rater!!) la diversification alimentaire des enfants à cause de ça (je vous rassure, mes filles savent quand même tenir une fourchette et mâcher des carottes- ça n'a pas été facile, mais on y est arrivées). En vrai, je ne me sens pas proche de quelqu'un parce qu'on a des points communs ou des enfants du même âge (ce qui est incontestablement une barrière sociale). 

En fait, c'est pareil avec la blogosphère littéraire. Il faut se rendre à l'évidence, je ne suis pas une blogueuse littéraire, j'ai bien essayé, mais non en fait. Trop égocentrique, trop évaporée, pas assez concentrée... Je ne vais pas vous refaire le coup d'Yvonne, mais voilà, j'ai le sentiment que je ne suis pas tout à fait à ma place. Il y a eu beaucoup de blogs qui ont fermé ces derniers mois et je ne parle pas de ceux qui végètent et qui publient une fois par trimestre. C'était des blogs que j'aimais, auxquels je m'identifiais...du coup, voilà, la motivation n'est plus trop là. Et, soyons honnête, je ne m'offusque pas de n'avoir pas eu mon accréditation au Salon du Livre, parce que je ne l'ai pas demandée sûrement, mais surtout parce que je ne me sens pas prescriptrice, ni professionnelle de la littérature, ni même intégrée dans un quelconque circuit du livre. Je lis des livres mais mais je n'appartiens pas au monde littéraire (qui, en plus, ne m'attire pas franchement). C'est là que je me suis rendue à l'évidence: je ne suis pas une blogueuse littéraire.

Et puis il y a  aussi cette rentrée pas franchement passionnante, où je ne retrouve pas l'engouement formidable de l'an dernier où Kerangal, Goby Lemaître ou Cabré faisaient vibrer les foules, où Edouard Louis divisait la blogo, ou Kasischske me poursuivait jusque dans mon sommeil (en mal bien sûr). Et puis il y a ces semaines énervantes où beaucoup chronique le même titre (ce qui me permet de ne pas l'acheter - ni le lire d'ailleurs) alors que j'attends autre chose, de moins actuel mais de plus enthousiaste. Peut-on être un blogueur littéraire quand on ne suit plus tellement l'actualité ? 

Je n'aspire à aucune influence ni popularité, je n'ai pas spécialement besoin qu'on m'aime (enfin disons que je ne me fais plus trop d'illusions surtout), je ne regarde pas mes statistiques (car à mon avis la moitié vient de robots), je ne cherche aucun référencement. Je ne veux pas non plus être copine avec les écrivains parce que  (lâcheté un jour...), je n'ose pas lire les livres des auteurs-amis que j'ai sur Facebook, de peur de trop en attendre, d'être déçue et de montrer ma face sombre. 

En plus j'ai adopté un principe que je déteste, je fais le tour des blogs à partir des commentaires laissés sur le mien, ce qui peut ressembler à un renvoi d'ascenseur, et je sais que c'est mal, et ce n'est pas ce que je veux. Mais je n'ai pas assez de temps pour une autre stratégie, alors ça m'est apparu comme la solution la plus simple et la plus correcte. Le problème c'est que du coup il y a ces commentaires de convenance, genre "je suis passé hein", dont on comprend parfois que le billet n'a pas été lu, qu'on fait juste partie de la tournée. Et honnêtement, pardon, mais je ne blogue pas pour ça.

Je n'attends rien de ce blog qu'une soupape de décompression (et un moyen détourné de me regarder le nombril évidemment), ...mais, comme tout le monde, j'écris pour être lue, même si on est pas d'accord avec moi (ce que je trouve toujours étonnant mais bon, je suis sur le chemin de la tolérance). Je ne supporte plus ces pratiques qui consistent à faire semblant d'aller chez Untel pour être sûr qu'il passe chez soi après. J'ai du retard dans les billets des autres, mais les chroniques que je commente, je les ai lues et attentivement (ce qui n'implique pas nécessairement un commentaire pertinent de ma part- vouloir n'est pas pouvoir) , et quand par hasard je saute un paragraphe (c'est petit un iphone finalement) je me mortifie (hein ma Comète?!).

Dans "partage" (le grand mot de la blogo et des réseaux sociaux), il y a la notion de partager ce qu'on lit et ce qu'on aime mais aussi de s'intéresser à ce que lisent les autres.

Ceci dit, aujourd'hui c'est "cartes sur table",  pas "adieu les amis". Ce n'est pas un billet pour recevoir des commentaires d'amour qui me diraient combien je suis chouette et indispensable  (même si c'est toujours plus agréable que d'entendre qu'on est psychorigide et pénible). Cartes sur table pour surtout me justifier (trop longuement comme toujours) de ma lenteur à répondre aux commentaires (j'essaie de ne pas dépasser un mois), de ma négligence à mettre à jour le non-challenge (je suis en plein dedans) et le fait de lire les billets des autres 2 semaines après leur parution.

Sous les galets devient donc officiellement un blog sans cohérence, étiquette ni certitudes, et rejoint la tête haute les autres blogs bizarres et mal définis, qui passent du coq à l'âne sans préavis et qui coupent les cheveux en quatre. Je continuerai à poster un billet littéraire par semaine (...bon...disons tous les 10 jours) parce que ça reste la chose dont j'ai le plus envie de parler.

Et je n'oublie pas que, sans y appartenir, la blogo littéraire m'a beaucoup apporté en tant que lectrice et, oserai-je dire, en tant que personne (oui carrément! là d'un coup je monte la barre). Je ne compte plus les romans formidables à côté desquelles je serais passée sans elle, les fou-rires devant la Grande Librairie (ou Top Chef), les cadeaux impromptus et les colis d'anniversaires, les petits mots qui touchent et les tâclages vachards, les disputes fondamentales au sujet de la fin de Confiteor et les accrochages vains sur les Services de Presse, les moments de concorde pour une belle cause, les anomalies musicales des uns et les apéritifs en simultané des autres (Despé, Martini, Rosé Pamplemousse...les intéressées se reconnaitront).

Finalement,  sans les blogueurs, ex-blogueurs et commentateurs professionnels, je serais un tout petit peu moins débordée (et encore ce n'est pas sûr) mais beaucoup moins heureuse, car sans en connaître quasiment aucun IRL, ils ont maintenant une place plus si petite que cela dans ma vie (minute émotion...attention je me guimauvise).

Tu avais raison MTG, ce qu'il reste, c'est ce qu'il y a en dehors du blog, mais sans le blog nous serions privés de cela ;-)

C'était ma participation-fleuve à l'AmeGraphique du Petit Carré Jaune qui, je l'espère, me pardonnera cette digression aussi peu photographique que littéraire.

lundi 29 décembre 2014

Our 2014

J'avais renoncé à faire un bilan de 2014  qui aura gardé un peu de ma légèreté (mais faut bien grandir un jour non ?). Mais Val tenait à faire le sien, et vu qu'il n'aura échapper à personne qu'elle est maintenant sans blog fixe, nous avons finalement décidé de le faire ensemble. Je voulais échapper au palmarès littéraires (depuis que j'ai quitté l'enseignement c'est un exercice qui ne m'enthousiasme plus), alors j'ai proposé au leader de suivre le principe du délicieux rendez-vous chez Moka, en essayant de faire aussi bien qu'elle quand elle met en mots et en livres son "Moi après mois" (ce qui donnerait aujourd'hui un "nous après an" , qui ne serait pas très heureux).

Bref, on n'allait pas manquer une bonne occasion de s'étaler et de se plaindre non ? Surtout dans un interminable billet fleuve qui mêle littérature, événements personnels, météo, amitié, famille...bref la vraie vie quoi...

Alors, de 2014, on garde quoi ?

(honneur à l'invitée, c'est Val qui commence)

Go leader !


Le pire mois de ma vie : Amiens et les blouses blanches, des larmes, beaucoup, des trajets rythmés par A la recherche du temps perdu et la colère après la lecture d’Eddy Bellegueule, une confidente qui sait trouver les mots qui apaisent et des liens familiaux forts, souhaiter une bonne année à mon élève syrien et espérer de toutes mes forces la paix en Syrie, l’apparition de son sourire en même tant que celle de sa confiance/ Le diagnostic qui nous assomme, les blouses blanches, toujours, les vraies et celles de Réparer les vivants, la claque des mots et du sujet, ne pas le finir trop vite- son retour, enfin- poser pendant des heures pour un photographe italien- préparer son colis d’anniversaire et stresser- se diviser autour de Passion Arabe de Kepel et d’Esprit d’hiver dans le jury Elle/ De l’émotion autour Du parfum de ces livres que nous avons aimés, des moments de partages, des larmes, encore, être à fleur de peau puis aller mieux- une inspection qui fait beaucoup de bien, première rencontre avec le jury du Prix Elle, le sérieux, l’érudition de Gilles Kepel et mes élèves et collègues ravies de leur premier salon du livre/ Retrouver Au revoir-là haut, mon coup de coeur audio, vivre un championnat un peu particulier à distance et se sentir l’âme d’un supporter / Londres, cette capitale que j’aime tant, le studio Harry Potter et lecture du premier tome avec Galéa, Hermione et ses mimiques dans le film- découvrir Mon ami Dahmer envoyé par Laure et en faire mon coup de cœur BD/ Envie de me lancer un défi, le commencer avec Edith Wharton et savourer Le temps de l’innocence, Valentine Goby lisant Kinderzimmer au festival Terres de Paroles, moment délicieux partagé avec Martine- la déception devant les résultats du Prix Elle, ne pas y être mais tout suivre grâce à Marjorie, recevoir le carnet Elle et retrouver Zelda- faire passer des oraux de bac dans une chambre d’internat mal rangée/ 

Wharton encore et toujours, apprécier les moments présents, le bac, la mention et mon ado amoureux, un mois joyeux, dire au revoir mais pas adieu à ma classe chouchou, être ravie de leurs résultats/ La Bulgarie et les restes du communisme, une excellente nouvelle liée au travail  et un immense cri de joie, les grands espaces et Philip Meyer/ Blues de rentrée sans mon fils pour m’accompagner, la chance incroyable d’avoir des classes toutes sympas, le Festival America, prendre le temps de découvrir Laure et Marjorie, sentir qu’une amitié est en train de naître avec Philip Meyer en toile de fond, être touchée par Edouard Louis, si fragile, un très beau colis swap ponctué de Waow ! à n’en plus finir et être très gâtée par mes copines blogueuses pour mon anniversaire/ Un colis d’anniversaire en retard mais si généreux avec une pépite, Meursault contre-enquête, noté grâce à Marilyne, écriture sublime et quel courage ! - Remise des prix Audiolib, papoter des heures avec Sylire, trinquer avec Leiloona et complètement se planter sur le nom du gagnant/ facebook, mon portable et moi, une blouse blanche et un bureau – « On s’était dit des choses, que l’on ne tiendrait pas » - un rendez-vous de dernière minute avec Marjorie, toujours le même plaisir, sa sollicitude, son sourire, savourer Le puits grâce au billet de Jérôme, le garder grâce à Nathalie, et avoir envie de l’offrir/ rideau mais pas fin, pas encore- « On me veut forfait du combat, moi je veux me battre avec toi », se surprendre soi-même et en éprouver du plaisir – ma maladresse et mon portable les fous rires de Noël autour des livres, de l’Albanie et d’un stylo – des chouettes- finir l’année avec une lecture commune avec Marjorie- Et ne pas savoir du tout de quoi l’année 2015 sera faite.

Et avoir partagé presque tout ça avec Elle.  


Et dans un registre tout aussi joyeux, 2014 sous les galets:

Dépression littéraire de janvier/ Les jurées et le leader ELLE: mon beau cadeau de 2014/ Une maison qui porte malheur/ Mais vendez-là punaise!/ En même temps toute la terre et tout le ciel: mon lauréat du Prix ELLE/ Une amitié de 10 ans qui s'éteint : "On ne devient pas tous adulte de la même manière tu sais"/ Remise du prix Elle : le triomphe du K. / Plus humble que Manook tu meurs!/ Marjo : notre envoyée spéciale / L'affaire Edouard Louis, la colère de Val et le rejet picard/ "En finir avec Eddy Bellegueule"la claque qui fait mal, le bord de la nausée / Quelque part entre Bourdieu et Winterson  finalement/

Sale année pour les blogueurs que j'aime/ Solomons, Aifelle et moi/ Le mois anglais et la découverte tardive de Jane Austen (grâce à ma libraire de l'ombre)/ Mon classique étranger chez Miss Léo/ Juin où le mois de l'incontournable sociabilité/ Galas de danse, gouters d'école, anniversaires en pagaille / Le Confident ou le débat d'une clique/ Attila, MTG, Mior, Malika et Val: les sales gosses de la blogo (je vous aime les amis)/ Marlboro-Despérados-tapenade: des valeurs sûres en ces temps sombres / "Du pancréas? tu es sûre, c'est le pire de tous non?"/ Une réconciliation qui n'aura jamais lieu / Au revoir la-haut  sous les grêlons de juillet avec l'Homme/ "Il est touchant le père Péricourt, tu ne trouves pas?"/ Perdus en foret sous un orage violent/ "Mais maman, appelle Papy pour qu'il vienne nous chercher, sinon on va se prendre la foudre" / La Reine des neiges: en sortirons-nous indemnes? / Une rentrée des classes éprouvante / Blogueuses-coureuses : un moment de concorde bloguesque / Courir au bord de la mer, ça change tout/ Miossec, Biolay, Muse et Pink/ Passer (parfois) sous les 5'40 le Km/
"Tu as fait de la loose ton image de marque finalement"/ En anglais ça ne veut pas dire ça, mais la "perditude" ça n'existe pas en français non plus, si ?! / Le mois américain avec Mailman  offert par Jérôme/ Le portrait d'un looser qui me fait penser à un certain Barnabé qui me poursuit depuis 6 mois / Les Bibliomaniacs: 10h de train, deux jours avec moi/ Elles m'ont fait lire Beigbeder!/ Mais Zenatti aussi/ Et ça c'est chouette/ Quel titre quand même, "surtout pour nous" rajoute l'Homme/ La générosité des blogueurs dont je ne me sens pas toujours à la hauteur/ Val évidemment mais aussi Marjo, MTG, Clémence, Miss Léo, Jérôme, Aifelle, Aliénor, Alphonsine, ma Mirabette, Dominique.../Je suis une chanceuse-chouineuse/ Des blogs qui baissent le rideau/ Des blogueurs qui partent en claquant la porte / Des pauses qui s'éternisent/ Parfois j'ai peur de me retrouver toute seule / "That's life", dixit ICB / Décider d'arrêter les billets polémiques/ Thé à la menthe et tartines au beurre salé/ Peiner à rédiger des billets littéraires/Un vingtaine de livres non chroniqués/  Parler des poux/ Et si c'était ça mon créneau ? /
Réparer les vivants: une lecture magistrale et  deux nuits d'insomnie /  Qu'aurais-je fait, moi , du corps de celles qui sont sorties du mien? / "Tu ne voudrais pas lire du plus léger quand même, déjà que Noël approche, c'est pas la peine d'en rajouter..."/ Ce n'est pas toi que j'attendais/ Une autre vision de la paternité / "Mais c'est qui ce Jérôme au juste ?" / L'Homme converti à la blogo / J'espère assurer autant que ma mère dans 25 ans / Mon père, ce héros / Je nierai avoir écrit ça (car je tiens à mon rôle de psychorigide-râleuse de ma famille) / Le Nobel de Modiano / L'impression pendant 12h d'être quelqu'un d'important/ Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier: un testament épuré / Ma petite soeur quitte le continent/ Dans une fratrie, ce n'est pas celui qu'on pense qui soutient l'autre / Les Légendaires colonisent la famille/ Pointé-dégagé-chassé / Echec et mat / multiplications à trous / Rendez-vous avec la maîtresse qui fait peur / contrôle technique de la voiture /  La fin de l'année aux forceps / C'est dur d'être une grande personne /


Ne pas appartenir vraiment à la blogo littéraire, mais avoir trouvé sa place quand même / Etre terriblement proche de gens qu'on n'a jamais vus / "Tu deviens flippante avec ton Iphone"/ Réflexions existentielles sur Facebook / Addiction aux réseaux sociaux / Renoncer à l'anonymat total / 30 heures de travail sur le costume de Jadina / L'antivol sur une bouteille de champagne et un pneu crevé le 24 décembre / "Tu vois je l'avais dit"/ Mettre en scène les petits soucis pour ne pas parler des grands / Mes filles et leurs grands yeux bleus "nous on a passé une année merveilleuse tu sais maman"/ Arrêter de se regarder le nombril en 2015? / En suis-je vraiment capable? / Prendre de la hauteur et se mettre au vert  / Avec Confiteor dans ma valise...et Messenger dans ma poche.

Que cette fin d'année vous soit douce amis blogueurs et visiteurs
(il paraîtrait que la conjonction astrale de 2015 est prometteuse #jdcjdr)

La Quadrature des Gueux : Le sens de la fête

Nouveau point d'étape de la quarantaine : le sens de la fête.  Que reste-t-il de nous quand il s'agit de faire la fête ? Je parle d...