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mercredi 9 décembre 2015

Lettre aux usagers de Facebook en période d'élections électorales

A toi l'usager Facebook, avec qui on rigole bien quand tout va bien; à toi qui me racontes tes péripéties, tes mini-coups de gueule et tes enthousiasmes futiles. A toi le blogueur littéraire (car l'essentiel de mes contacts Facebook appartient à la blogosphère) à qui je parle bouquins, éditeurs, prix et autres joyeusetés du monde du livre. A toi l'ami, le citoyen sur l'épaule duquel on pleurait ensemble il y a moins d'un mois...j'ai à te parler. 
crédit photo: journaldugeek.com

J'aime et je like les photos de tes enfants, de ton chien, de ta sortie piscine ou course à pieds, de ton assiette, de ta nouvelle couette, des travaux dans ton salon, des boutons de varicelle de ton petit dernier, de ta vitre de train, de ton gouter qui s'est renversé dans ton sac, de tes voyages formidables....tout ça me rend heureuse et me donne la vague impression d'être sociable et intégrée (et soyons claire, pour une no-life comme moi, c'est un vrai luxe). 

Seulement voilà, n'oublie pas le principe de base:  nous sommes Français, donc inhibés. C'est culturel que veux-tu. Nous n'avons pas le côté no-tabou de nos amis américains, et j'ai envie de dire qu'après la récente sortie de Donald Trump, ce serait presque une chance. 

Partons donc du principe qu'il y a deux ou trois sujets qu'il vaut mieux que tu te gardes pour tes noëls en famille, tes conversations avec tes amis ou les apéros enflammés avec des gens de ton camp. Globalement, il faut que tu te dises que tes pratiques sexuelles, tes croyances religieuses (ou non croyance d'ailleurs parce que dis donc, les gens qui ont la foi n'ont pas le monopole de l'intolérance), ton rapport à l'argent, et surtout tes analyses politiques, franchement on peut faire sans...et j'ai envie de dire, on doit faire sans. 

Comprends moi l'ami. Moi j'ai été élevé dans une famille dite "dysfonctionnelle", ou personne ne vote (ni ne pense, ni ne marche) du même côté. L'inconvénient, c'est que chez nous, aucun repas ne se termine sereinement. L'avantage, c'est que je suis devenue quelqu'un de tolérant (et d'indécis aussi car choisir entre son père et sa mère, c'est pas si simple, et crois-moi j'aurais à dire là dessus, mais ce sera pour une autre fois).

Du coup (comment te dire?) je suis un peu gênée par cette deshinibition politique qui pullule sur notre cher réseau, ma deuxième maison, mon havre social à moi: Facebook. Car sache-le, le principe du militant de base (qu'il soit religieux, politique ou sociétal), c'est d'être sûr d'avoir raison contre tous les autres qui naturellement ont tort. Mais à la limite, bon, c'est le jeu. 

Le problème, c'est qu'entre le facho complètement décomplexé qui affiche ses opinions racistes sans honte, le type de gauche qui va m'expliquer que la droite et l'extrême-droite c'est pareil, le type de droite qui répète à n'en plus pouvoir que c'est le gouvernement est responsable de ce carnage,  et tous ces convaincus ensemble qui vont taper sur l'abstentionniste qui finalement se révèle comme LE coupable de l'année 2015 (plus que l'EI et le FN réunis), c'est trop.

Quand, en plus, chacun pense qu'il est tout à fait légitime à insulter ceux qui ne votent pas comme lui, ou pire ceux qui ne votent pas du tout, je n'en peux plus. Car à force d'utiliser des mots orduriers à l'encontre des uns et des autres, à force de vouloir démontrer à quel point tu crains pour la démocratie et pour la tolérance, ça commence à me faire sérieusement penser aux résistants de la dernière heure en 43-44, de ceux qui mettaient plus de coeur que les autres à tondre les femmes qui avaient couché avec les Allemands, pour bien montrer (ou convaincre) qu'ils n'avaient rien à se reprocher. 

Pour moi la fin ne justifiera jamais les moyens, car les remèdes peuvent être pire que les maux, l'histoire l'a prouvé (j'ai des preuves si tu veux). Quand on n'est pas capable de bien se tenir, on ferme sa grande bouche. Quand on n'est pas capable d'écouter l'opinion des autres, on ne se réclame pas de tolérance. Quand on n'est pas capable de laisser les gens voter ou ne pas voter, on ne se dit pas démocrate. Aucun principe politique ni moral ne justifiera jamais l'utilisation d'injures aussi vulgaires qu'illégitimes. Sans faire d'élitisme à deux sous (vraiment ce n'est pas mon genre), je ne suis pas certaine que tout le monde soit vraiment en mesure d'analyser une situation politique complexe. Je ne dis pas que seuls ceux qui sortent de l'ENA ou Sciences-PO en sont capables (ben non vu l'état du pays, ça serait un peu risqué), mais disons quand même que le petit côté "café du commerce", on s'en passerait sans problème (parfois, il nous manque juste "Remets nous une tournée Francis, toujours ça que les Boches n'auront pas")

Tout ça pour te dire que, de la même manière que pour tes positions préférées au lit, le montant de tes économies sur ton Livret A ou ton rapport à Dieu, Allah ou Yahvé, tes analyses de comptoir sur l'avenir politique de mon pays, je m'en balance, et je dirai même plus, je préfèrerais les ignorer, parce qu'honnêtement, je ne suis pas sûre qu'elles t'avantagent tant que ça (tu n'as pas remarqué que même certaines grandes gueules des réseaux sociaux se sont mis en retrait ces derniers temps?).

De cette année 2015 (dont on ne sortira pas indemnes) on retiendra les attentats, les polémiques, la haine, et les certitudes. Les cohésions nationales n'auront été que de courtes durées, tellement chacun est certain d'avoir raison sur tout.

Alors tu sais quoi, quand on a un besoin viscéral d'étaler sa vie sexuelle, on va dans des établissements spécialisés (cabinets de sexologue ou club d'échangisme) ; quand l'argent est une obsession telle qu'on en parle tout le temps, on appelle son conseiller financier et on compte ses économies en silence ; quand on a une foi inébranlable, on intègre les communautés religieuses (à la synagogue, au temple ou à l'église) ou on arrête d'y aller quand on ne se sent pas à sa place (en laissant les autres faire ce qu'ils veulent), et quand on veut faire de la politique, on prend sa carte, on milite, on va aux réunions, meeting et on distribue joyeusement des prospectus avec la tête de son candidat dessus...

Mais on laisse les autres tranquilles car, en leur âme et conscience, ils font ce qu'ils pensent être le plus juste, le plus honnête pour eux et leur nation. La liberté c'est ça. Il y a plein de manières d'être citoyen, et il n'est pas certain cher ami, que tu détiennes de vérité universelle à ce sujet.

Alors, toi l'ami Facebook (que je n'ai plus, car j'ai fermé temporairement mon compte de blogueuse), contente-toi de montrer ta dernière tarte aux pommes sans lactose, les dessins de tes gosses, la couleur de ton mur, râle contre ton train en retard, ton collègue un peu lourd, ton ascenseur en panne, mais n'oublie quand même pas la règle de base du vivre-ensemble: la liberté de chacun s'arrête quand elle empiète sur celle des autres, et les propos de chacun sont acceptables tant qu'ils ne s'acharnent pas gratuitement contre autrui. 

Le mieux c'est que tu gardes tes opinions sensibles pour toi (ou trouve- toi un boulot d'éditorialiste dans un journal engagé  au sein duquel tout le monde sera d'accord avec ce que tu écris).

PS: à la base je devais parler aujourd'hui du Livre de Dina, mais mes hormones étant ce qu'elles sont, j'ai un mal fou à me maîtriser, et je dois dire que je me fiche totalement de perdre les amis réels ou virtuels qui ne respecteraient pas ce principe de base qui consiste à respecter les autres. Et vu que ce blog ne me rapporte rien et est totalement bénévole, je me contrefiche d'une perte de notoriété virtuelle.

A bon entendeur.
Salut.

mardi 7 juillet 2015

Une blogueuse sous canicule


La blogosphère prend ses quartiers d'été, plein de sites se mettent en pause, chacun à la nez dans ses valises et nous parle de destinations lointaines, bientôt, on ne sera plus si nombreux sur la Toile, nos billets seront peu lus et nos blogs peu visités. 


Soyons honnête, c'est là que je me sens le mieux, car chacun publie au ralenti, et ça me donne l'impression d'être carrément dans le rythme, comme si tout le monde m'imitait (oui je me prends pour le nombril du monde car je suis capricieuse et névrosée). 

Je vais avoir le temps de rattraper les commentaires en retard (enfin tous...disons une bonne partie), peut-être vais-je même avant septembre, y répondre au temps réel (j'ai dit peut-être). J'ai décidé de ne lire aucun billet sur la rentrée littéraire avant le 27 août, du coup je gagne un temps fou (et ce n'est pas une posture, la rentrée ne m'intéresse vraiment pas pour le moment, parler de livres qui ne sont pas encore en librairie me paraît d'une vacuité et d'un consumérisme qui ne m'intéressent pas du tout- sans jugement de valeur bien sûr, c'est juste un point de vue personnel, il est acquis pour tous que je suis fondamentalement tolérante avec les gens d'accord avec moi ;-) ).

C'est l'été, c'est les vacances, et pour une fois ce sont mes vacances, ça sent la crème solaire et l'eau salée, j'ai du temps pour moi, pour le blog et pour les livres...(enfin en plus d'avoir décidé- sous la pression maternelle- de faire un grand ménage-rangement par le vide chez moi et accessoirement m'occuper des enfants...mais bon, il me reste du temps quand même).

J'ai l'impression d'être à Paris au mois d'août, il n'y a plus grand monde à la Défense, mais les gens ont le sourire dans les transports, tout est lent et il fait chaud. La blogo c'est comme Paris, en été, il y a surtout les touristes. On se traine un peu et j'adore ça (rapport à ma nature profonde). Je remonte les billets que je n'ai pas eu le temps de lire, je prends le temps de découvrir certains blogs, de cerner le blogueur derrière l'écran (un de mes jeux favoris- comme beaucoup de gens nolife qui auraient du être concierge), je me suis fixée la lecture de pavés et je vais suivre ceux des autres. On prend le temps d'échanger et de mieux se connaître finalement.

Bref, c'est l'été et je vais pouvoir lire, bloguer et commenter, pas besoin d'aller vite, car on fait tous du pédalo, les voitures sont restées au garage. Je me sens l'âme d'une consommatrice en plein décroissance. 

PS: bien sûr, cette année, il me manquera les embruns et les marées, la pêche aux palourdes (que j'observe de mon transat), mes sorties en courant sur une petite presqu'île à marée basse, les tourteaux mayonnaise, ma bière sur le port...mais ce n'est que partie remise ;-)

Il n'y aura donc pas de longues pauses chez moi (hormis quelques sauts de puce dans des endroits sans réseau), car j'aime l'idée de cette communauté qui résiste au grand exode estival, ceux qui ne désertent pas la Toile sont généralement ceux qui ont du mal à y être assidus les autres mois de l'année (des touristes je vous dis). Le blog n'est jamais autant un loisir, en tous les cas le mien, que pendant les vacances ;-)

Welcome in summer les amis !! Sous les galets les pages

lundi 1 juin 2015

Les blogueurs parlent aux blogueurs # 2 : Titine de Plaisirs à cultiver

Je ne pouvais commencer ce mois anglais sans un clin d'oeil de fayote à l'une des patronnes de ce mois un peu fou de la blogo, qui est un peu plus qu'un rendez-vous ou qu'un challenge. Le mois anglais, c'est l'anti-nouveauté, l'anti-fashion, l'anti-bling-bling. Nous écumons tous les titres anglais de nos étagères, pour les bonnes raisons: les partager ensemble. Il y a dans ces 30 jours une brume intemporelle, élégante et rassurante, qui revient pour moi à l'esprit originel du blog (en tous les cas celui pour lequel j'ai ouvert le mien)

Titine est celle des trois organisatrices que je connais le mieux, et c'est aussi avec elle que je bois de la Despé en regardant La Grande Librairie, que je fantasme sur Benjamin Biolay, ou que je disserte sur Modiano... Alors, évidemment, ça me paraissait évident qu'elle soit la blogueuse du mois de juin. Mais vu qu'elle est plutôt discrète, je craignais qu'elle refuse ce petit questionnaire, surtout après Jérôme, qui il faut bien le reconnaître, avait mis la barre assez haute. C'était mal la connaître, Titine s'est pliée au jeu et pas qu'un peu. Je la remercie très sincèrement.

1. Trois mots de présentation

Nouvellement quarantenaire, je suis célibataire sans enfants. Je suis gestionnaire de concours au ministère des affaires sociales depuis septembre après avoir passé 13 ans dans l’administration de l’enseignement supérieur. J’habite Paris où je suis venue pour mes études il y a 17 ans....tout ça ne me rajeunit pas !! Mon vrai prénom est Martine, comme beaucoup le savent déjà, ce qui montre ma grande originalité quant au choix de mon pseudo. Bon il faut dire à ma décharge que je n’imaginais pas tenir un blog aussi longtemps et qu’il soit lu !

2- Présentation du blog: quelle est la petite étincelle qui a mené à l’ouverture de ton blog? Et d’ailleurs Plaisir à Cultiver a quel âge ? 

Je ne risque pas de te parler de la volonté de partage puisque je n’ai jamais eu envie d’ouvrir un blog, on l’a eu pour moi ! C’est mon ami de l’époque, grand et fin lecteur, qui a voulu ouvrir ce blog et c’est d’ailleurs lui qui a trouvé le nom. Je me suis occupée de la partie décoration d’intérieur ! Je ne connaissais que peu de blogs (Lily et ses livres, les chroniques d’Isil qui malheureusement n’existe plus puis celui de Lou) et je ne me sentais pas capable d’écrire des billets sur les livres. Je me suis lancée quand même et les premiers billets furent mis en ligne le 8 novembre 2007. Le mien portait sur « Suite française » et je n’ose pas le relire tellement il doit être minable ! Je ne me souviens plus à quel moment je me suis retrouvée toute seule sur le blog mais j’ai pris goût au fait de parler de mes lectures, de cinéma et d’expos. Et j’ai surtout aimé les interactions avec les autres blogs grâce aux lectures communes, aux challenges, aux commentaires.

3- Quelles sont tes pratiques de blog ? Le temps passé chaque jour ou chaque semaine dessus ? T’astreins-tu à des publications régulières ou c’est quand tu peux? Combien de blogs suis-tu, à partir de quel agrégateur, ou bien est-ce facebook, qui oriente tes visites au hasard des clics. Es tu d’accord pour donner ton nombre de visites ou c’est black-out sur les stats ? 

Je ne saurais pas te dire combien de temps je passe sur mon blog, je n’ai jamais vraiment fait attention ou tenter de comptabiliser. Je crois que c’est très variable selon les semaines. Je laisse parfois traîner la rédaction de mes billets et de mes commentaires ou je peux écrire 4 billets pendant le week end. Ça dépend du temps que j’ai à ma disposition. Je ne m’oblige à rien en terme de rythme de publication mais en étant célibataire (je sais que cela fait deux fois que je le dis, mais ceci n’est pas une petite annonce déguisée !!), j’ai quand même la possibilité d’écrire des billets régulièrement. Après, ce n’est pas parce que l’on publie beaucoup que l’on est plus lu. Je tourne à 3000 vues par mois ce qui n’est pas énorme mais j’en suis déjà contente ! Je suis environ 100 blogs sur netvibes et c’est vrai que facebook aide aussi à suivre toute cette bouillonnante activité bloguesque !

4- Et la lectrice Titine? Elle achète ses livres où ? en librairie (je sais que tu en connais une de près), sur Amazon, en grandes surfaces ? Elle emprunte un peu, beaucoup, à la folie ? Elle offre ? 
Oui, j’ai une amie qui est libraire mais malheureusement ce n’est pas chez elle que j’achète car sa librairie est assez loin de chez moi, je n’y vais donc qu’occasionnellement. Je fréquente donc des librairies plus proches de chez moi et également les fnac et Gibert Joseph. Je ne vais sur Amazon que pour les livres d’occasion (sinon la libraire sus mentionnée me fouetterait en place publique). J’ai également une liseuse car j’habite dans un petit appartement et il y a déjà des livres partout. J’ai la chance également d’avoir un excellent réseau de bibliothèques à Paris et j’y emprunte régulièrement des ouvrages. Le problème c’est que je connais maintenant un certain nombre de blogueuses et qu’immanquablement nous nous offrons des livres ! 

5-Pour beaucoup Titine fait partie du gang des Austen girls, est-ce que dans la vraie vie, avec ta clique, vous vous faites des soirées P& P où vous parlez anglais en buvant du thé et grignotez des macarons ? (n’essaie pas de faire croire sur ce blog - qui se veut honnête- que tu ne bois jamais d’alcool, personne ne te croira). En tant que parisienne, comment se passent les rencontres IRL entre blogueuses, et acceptez-vous des extérieures ? 

Je suis effectivement une Austen girl mais le groupe de blogueuses que je fréquente depuis des années est parti d’une passion commune pour l’époque victorienne. Nous avons en effet dans le groupe une brebis galeuse qui n’aime pas Jane Austen mais comme tu le vois nous sommes hyper tolérantes ! Nous acceptons bien entendu des personnes extérieures mais il faut quand même s’intéresser un minimum à la littérature. Au départ, nous choisissions un auteur par mois et nous en parlions la fois suivante. Il faut bien avouer qu’au fil des années, nous sommes beaucoup moins sérieuses dans notre programmation ! En dehors de ce groupe de victoriennes qui sont devenues des amies, je vois d’autres blogueuses aux goûts proches des miens. Et il faut bien le dire, nous buvons plus de cocktails, de bières dans les pubs que de thé ! Mais j’apprécie autant le thé que la bière, les deux boissons emblématiques de l’Angleterre !

6- On arrive donc naturellement à LA question d’actualité : The english month. Avec Lou et Cryssilda, depuis 4 ans, vous menez d’une main de maître (nan je ne suis pas fayote?!!!) l’un des rendez-vous les plus suivis de la blogo, une énorme machine qui dure un mois pendant lequel une quarantaine de blogueurs pensent, lisent, discutent et mangent anglais. On se demande tous comment est née cette idée ? Et surtout, comment faites-vous toutes les trois, pour gérer ce mois aussi virtuel qu’euphorique avec la kyrielle de billets, de concours, de rigolades qui vont fuser pendant 30 jours ?

Lou et Cryssilda font partie du groupe de victoriennes dont je parlais précédemment et nous avons une grande capacité à nous emballer dans nos discussions d’où la naissance de challenge, swap et autres semaines ou mois thématiques. L’Ecosse et l’Irlande avaient déjà été mises à l’honneur et c’est tout naturellement que nous avons pensé à un mois anglais. Nous n’avions pas imaginé que le rendez-vous serait aussi suivi et nous n’avions pas l’intention au départ de le refaire tous les ans. C’était sans compter sur l’enthousiasme de nos participants qui ont réclamé à corps et à cris le retour du mois anglais ! La première année le mois anglais avait lieu en décembre pour passer en juin les années suivantes afin que nous ayons plus de temps pour lire et récolter les nombreux liens. Je dois bien avouer que l’année dernière, je n’ai pas réussi à lire tous les billets. C’est mon grand regret, je n’ai malheureusement pas le temps de lire le nombre toujours grandissant de billets. Je m’en excuse d’ailleurs auprès des futurs participants (sauf Belette qui cherche depuis plusieurs années à avoir ma peau !). Mais ce qui me fait vraiment plaisir, c’est de voir à quel point chacun a l’air de s’amuser durant ce mois anglais et la bonne humeur qui règne sur notre groupe facebook. Et c’est toujours pour moi un beau moment de partage et de découvertes.

7- Naturellement, tu n’échapperas pas à la question qui gratte (parce que je suis une sale gosse) : Titine et le monde l’édition ? On en parle ou on préfère ne pas s’étaler ? Les éditeurs se positionnent en général sur le mois anglais pour faire gagner des livres aux participants. Alors pendant les 11 autres mois, comment gères-tu tes partenariats ? N’y a-t-il pas le risque de lire un peu sous la contrainte (d’autant que tu enchaînes avec ton mois américain en septembre), et qu’en est-il des choix des lectures quand le livre arrive directement dans sa boîte aux lettres ? Quand on connaît un auteur (et je sais que c’est ton cas) est ce qu’on modère ses bémols ?


Alors, je tiens à préciser tout de suite que les éditeurs ne se positionnent pas sur le mois anglais. Lorsque j’ai fait gagner des livres, c’est toujours parce que j’avais repéré la sortie d’un roman anglais chez l’une des maisons d’édition avec qui j’ai un partenariat et je demande alors gentiment si je peux organiser un concours. Je ne dis pas ça par modestie mais mon blog n’est absolument pas influent et il n’intéresse pas tellement les maisons d’édition. Je suis loin d’être parmi les blogs les plus suivis. Les partenariats sont apparus au fil des ans mais restent limités à quelques maisons d’édition et les livres n’encombrent pas si souvent que ça ma boîte aux lettres. Et en général, ce sont des livres que je demande et que j’ai envie de lire. Lorsqu’ils arrivent sans que je les ai demandés, je ne me sens pas du tout l’obligation de les lire. En revanche, je trouve normal de préciser à la fin de mes billets s’il s’agit d’un service de presse ou non. C’est pour moi une manière de remercier les maisons d’édition qui me l’ont envoyé et une forme d’honnêteté par rapport à ceux qui me lisent. Et je ne pense pas avoir déjà retenu ma plume parce que le livre m’avait été envoyé ou parce que j’ai rencontré l’auteur.

8- Titine écrit pour son blog…et sinon, est ce qu’elle envisage d’écrire pour de vrai ? Certains le cachent, d'autres l’affirment, A force de parler des romans des autres, est ce qu’on aurait envie d’écrire le sien propre ? Je sais que tu participes de temps à autres aux ateliers d’écriture de la blogo, as-tu des projets plus pérennes ? 

Je participe effectivement aux ateliers d’écriture de Leiloona car ça m’amuse d’imaginer des vies, des histoires à partir des photos. Mais je n’ai pas de plume, pas d’écriture. Je vais donc me contenter d’être une lectrice et de faire passer mes coups de cœur littéraires.

9- Titine et les réseaux sociaux. Fais-tu partie des addicts aux réseaux sociaux ? Un compte Facebook, Twitter, Instagram ? Est-ce que ça change la manière de bloguer, ou au contraire est-ce un moyen de mieux se connaître les uns les autres ? Est-ce qu’on peut dire que les réseaux sociaux vampirisent le blog ou bien continue-t-on de travailler dur à chaque billet sur un bouquin ? Avons-nous vraiment le temps d’être partout ?


J’ai un compte sur facebook, un sur Instagram parce que j’aime faire des photos et un sur twitter pour voir ce que c’est mais je sens que je ne vais pas le garder longtemps (je ne comprends pas toujours le sens des hastags....) ! Je n’étais pas tellement addict de facebook avant de me mettre à discuter avec un groupe d’adeptes de l’apéro dont je tairais les noms par respect pour leurs proches ! Je ne passe pas ma vie sur facebook non plus mais j’adore les discussions que nous avons qui peuvent être très sérieuses sur la littérature ou complètement barrées selon l’humeur des unes et des autres (et du nombre de bières déjà avalées...). Pour moi, les réseaux sociaux n’ont pas grand chose à voir avec mon blog, ils ne me servent qu’à le faire connaître. Et c’est mon compte perso que j’utilise le plus sur facebook. Alors, non les réseaux sociaux n’ont absolument rien changé à ma façon de bloguer, ils permettent simplement plus d’échanges directs entre lecteurs.

10- De quelle couleur est ton blog Titine? (interdiction de mettre arc en ciel, c’est trop consensuel, mais je prends toutes les autres du jaune citron au marron glacé en passant par le bleu pacifique). Et pour illustrer, je veux bien que tu cites 3 livres sans lesquels tu ne serais pas tout à fait la même.


Je dirai entre gris clair et gris foncé (oui j’ai bien grandi dans les années 80). Je sais que je choisis la même couleur que Jérôme mais j’ai eu beau me creuser la tête je ne vois pas d’autre réponse me correspondant. J’aime la noirceur, la mélancolie, les loseurs magnifiques. Un des premiers livres qui m’ait marquée est Les  Hauts de Hurlevent  dont le héros, Heathcliff, est d’une noirceur absolue. Tout le roman est basé sur sa rage de vengeance. Je peux également citer  Oblomov  de Gontcharov dont le personnage me touche infiniment. J’en parle pour symboliser mon amour pour la douloureuse et mélancolique âme russe (parce que ne citer que trois romans est horrible pour moi, comment n’en choisir que trois ?). En dernier, je vais dire Macbeth , ma pièce préférée de l’immense Shakespeare. Je l’ai vue au Globe à Londres et c’est la plus extraordinaire expérience théâtrale que j’ai vécue. Et on peut difficilement imaginer personnage plus sombre que Macbeth !

 Le mot de la fin est pour toi bien sûr 

Je te remercie de m’avoir choisi pour ta deuxième interview, ça m’a fait très plaisir de répondre à tes questions. J’espère n’avoir pas été trop longue et ennuyeuse, je m’en voudrais de faire fuir tes lecteurs habituels ! Et puisque ton billet sera en ligne le 1er juin : happy and merry english month to everyone ! 

jeudi 12 mars 2015

Carte(s sur table): AmeGraphique

Quitte à parler "cartes" ce jeudi, autant les mettre sur la table et arrêter de se mentir.

Entre mon blog et moi, en ce moment, c'est compliqué (en plus j'ai pris un an récemment, et à chaque fois je me souviens ce que je ne serai jamais : astronaute, Bree Van de Kamp, championne olympique de ski, Isadora Duncan), donc bon autant être transparente.

Pardon, ce sont des cartes Reine de neiges, ce n'est pas trop dans l'idée du billet
 (mais une amie a emprunté le tarot pour prédire l'avenir et le jeu traditionnel n'a pas résisté à la dernière belote que j'ai perdue)

Sans avoir une vie totalement passionnante, ni la mission de sauver le monde, sans travailler dans une multinationale qui m'envoie aux 4 coins de la terre négocier des contrats importants, j'ai quand même des journées bien remplies. Un travail, et même deux , qui prennent du temps, des enfants moyennement calmes (voire pas très mal élevés selon certaines sources), une maison constamment en bazar, du repassage en retard, des collants à repriser, et moi aussi je souffre de phobie administrative pour tout dire...oui je sais, rien de très original, sauf que moi j'ai un autre handicap, et de taille : je suis l'anti-ménagère-désespérée. Je ne sais pas gérer la logistique. Je me noie quand il faut faire une valise, je suis en retard tout le temps, j'oublie les anniversaires des copines et le pique-nique en sorties scolaires. Bref je manque d'organisation, de rigueur et de volonté, et on va dire que ça se ressent virtuellement quand même.

Et puis il y a autre chose : j'ai du mal avec les communautés, quelles qu'elles soient, même les plus cool. Je déteste les groupes. Les discussions entre mères de famille (groupe sorties-d'école) me rendent dépressive depuis le jour où, en toute innocence, j'ai confessé n'avoir pas acheté le Babycook (recommandé "produit de l'année" par la revue Parents que je ne lis pas). Il paraîtrait que j'aurais pu rater (oui rater!!) la diversification alimentaire des enfants à cause de ça (je vous rassure, mes filles savent quand même tenir une fourchette et mâcher des carottes- ça n'a pas été facile, mais on y est arrivées). En vrai, je ne me sens pas proche de quelqu'un parce qu'on a des points communs ou des enfants du même âge (ce qui est incontestablement une barrière sociale). 

En fait, c'est pareil avec la blogosphère littéraire. Il faut se rendre à l'évidence, je ne suis pas une blogueuse littéraire, j'ai bien essayé, mais non en fait. Trop égocentrique, trop évaporée, pas assez concentrée... Je ne vais pas vous refaire le coup d'Yvonne, mais voilà, j'ai le sentiment que je ne suis pas tout à fait à ma place. Il y a eu beaucoup de blogs qui ont fermé ces derniers mois et je ne parle pas de ceux qui végètent et qui publient une fois par trimestre. C'était des blogs que j'aimais, auxquels je m'identifiais...du coup, voilà, la motivation n'est plus trop là. Et, soyons honnête, je ne m'offusque pas de n'avoir pas eu mon accréditation au Salon du Livre, parce que je ne l'ai pas demandée sûrement, mais surtout parce que je ne me sens pas prescriptrice, ni professionnelle de la littérature, ni même intégrée dans un quelconque circuit du livre. Je lis des livres mais mais je n'appartiens pas au monde littéraire (qui, en plus, ne m'attire pas franchement). C'est là que je me suis rendue à l'évidence: je ne suis pas une blogueuse littéraire.

Et puis il y a  aussi cette rentrée pas franchement passionnante, où je ne retrouve pas l'engouement formidable de l'an dernier où Kerangal, Goby Lemaître ou Cabré faisaient vibrer les foules, où Edouard Louis divisait la blogo, ou Kasischske me poursuivait jusque dans mon sommeil (en mal bien sûr). Et puis il y a ces semaines énervantes où beaucoup chronique le même titre (ce qui me permet de ne pas l'acheter - ni le lire d'ailleurs) alors que j'attends autre chose, de moins actuel mais de plus enthousiaste. Peut-on être un blogueur littéraire quand on ne suit plus tellement l'actualité ? 

Je n'aspire à aucune influence ni popularité, je n'ai pas spécialement besoin qu'on m'aime (enfin disons que je ne me fais plus trop d'illusions surtout), je ne regarde pas mes statistiques (car à mon avis la moitié vient de robots), je ne cherche aucun référencement. Je ne veux pas non plus être copine avec les écrivains parce que  (lâcheté un jour...), je n'ose pas lire les livres des auteurs-amis que j'ai sur Facebook, de peur de trop en attendre, d'être déçue et de montrer ma face sombre. 

En plus j'ai adopté un principe que je déteste, je fais le tour des blogs à partir des commentaires laissés sur le mien, ce qui peut ressembler à un renvoi d'ascenseur, et je sais que c'est mal, et ce n'est pas ce que je veux. Mais je n'ai pas assez de temps pour une autre stratégie, alors ça m'est apparu comme la solution la plus simple et la plus correcte. Le problème c'est que du coup il y a ces commentaires de convenance, genre "je suis passé hein", dont on comprend parfois que le billet n'a pas été lu, qu'on fait juste partie de la tournée. Et honnêtement, pardon, mais je ne blogue pas pour ça.

Je n'attends rien de ce blog qu'une soupape de décompression (et un moyen détourné de me regarder le nombril évidemment), ...mais, comme tout le monde, j'écris pour être lue, même si on est pas d'accord avec moi (ce que je trouve toujours étonnant mais bon, je suis sur le chemin de la tolérance). Je ne supporte plus ces pratiques qui consistent à faire semblant d'aller chez Untel pour être sûr qu'il passe chez soi après. J'ai du retard dans les billets des autres, mais les chroniques que je commente, je les ai lues et attentivement (ce qui n'implique pas nécessairement un commentaire pertinent de ma part- vouloir n'est pas pouvoir) , et quand par hasard je saute un paragraphe (c'est petit un iphone finalement) je me mortifie (hein ma Comète?!).

Dans "partage" (le grand mot de la blogo et des réseaux sociaux), il y a la notion de partager ce qu'on lit et ce qu'on aime mais aussi de s'intéresser à ce que lisent les autres.

Ceci dit, aujourd'hui c'est "cartes sur table",  pas "adieu les amis". Ce n'est pas un billet pour recevoir des commentaires d'amour qui me diraient combien je suis chouette et indispensable  (même si c'est toujours plus agréable que d'entendre qu'on est psychorigide et pénible). Cartes sur table pour surtout me justifier (trop longuement comme toujours) de ma lenteur à répondre aux commentaires (j'essaie de ne pas dépasser un mois), de ma négligence à mettre à jour le non-challenge (je suis en plein dedans) et le fait de lire les billets des autres 2 semaines après leur parution.

Sous les galets devient donc officiellement un blog sans cohérence, étiquette ni certitudes, et rejoint la tête haute les autres blogs bizarres et mal définis, qui passent du coq à l'âne sans préavis et qui coupent les cheveux en quatre. Je continuerai à poster un billet littéraire par semaine (...bon...disons tous les 10 jours) parce que ça reste la chose dont j'ai le plus envie de parler.

Et je n'oublie pas que, sans y appartenir, la blogo littéraire m'a beaucoup apporté en tant que lectrice et, oserai-je dire, en tant que personne (oui carrément! là d'un coup je monte la barre). Je ne compte plus les romans formidables à côté desquelles je serais passée sans elle, les fou-rires devant la Grande Librairie (ou Top Chef), les cadeaux impromptus et les colis d'anniversaires, les petits mots qui touchent et les tâclages vachards, les disputes fondamentales au sujet de la fin de Confiteor et les accrochages vains sur les Services de Presse, les moments de concorde pour une belle cause, les anomalies musicales des uns et les apéritifs en simultané des autres (Despé, Martini, Rosé Pamplemousse...les intéressées se reconnaitront).

Finalement,  sans les blogueurs, ex-blogueurs et commentateurs professionnels, je serais un tout petit peu moins débordée (et encore ce n'est pas sûr) mais beaucoup moins heureuse, car sans en connaître quasiment aucun IRL, ils ont maintenant une place plus si petite que cela dans ma vie (minute émotion...attention je me guimauvise).

Tu avais raison MTG, ce qu'il reste, c'est ce qu'il y a en dehors du blog, mais sans le blog nous serions privés de cela ;-)

C'était ma participation-fleuve à l'AmeGraphique du Petit Carré Jaune qui, je l'espère, me pardonnera cette digression aussi peu photographique que littéraire.

lundi 29 décembre 2014

Our 2014

J'avais renoncé à faire un bilan de 2014  qui aura gardé un peu de ma légèreté (mais faut bien grandir un jour non ?). Mais Val tenait à faire le sien, et vu qu'il n'aura échapper à personne qu'elle est maintenant sans blog fixe, nous avons finalement décidé de le faire ensemble. Je voulais échapper au palmarès littéraires (depuis que j'ai quitté l'enseignement c'est un exercice qui ne m'enthousiasme plus), alors j'ai proposé au leader de suivre le principe du délicieux rendez-vous chez Moka, en essayant de faire aussi bien qu'elle quand elle met en mots et en livres son "Moi après mois" (ce qui donnerait aujourd'hui un "nous après an" , qui ne serait pas très heureux).

Bref, on n'allait pas manquer une bonne occasion de s'étaler et de se plaindre non ? Surtout dans un interminable billet fleuve qui mêle littérature, événements personnels, météo, amitié, famille...bref la vraie vie quoi...

Alors, de 2014, on garde quoi ?

(honneur à l'invitée, c'est Val qui commence)

Go leader !


Le pire mois de ma vie : Amiens et les blouses blanches, des larmes, beaucoup, des trajets rythmés par A la recherche du temps perdu et la colère après la lecture d’Eddy Bellegueule, une confidente qui sait trouver les mots qui apaisent et des liens familiaux forts, souhaiter une bonne année à mon élève syrien et espérer de toutes mes forces la paix en Syrie, l’apparition de son sourire en même tant que celle de sa confiance/ Le diagnostic qui nous assomme, les blouses blanches, toujours, les vraies et celles de Réparer les vivants, la claque des mots et du sujet, ne pas le finir trop vite- son retour, enfin- poser pendant des heures pour un photographe italien- préparer son colis d’anniversaire et stresser- se diviser autour de Passion Arabe de Kepel et d’Esprit d’hiver dans le jury Elle/ De l’émotion autour Du parfum de ces livres que nous avons aimés, des moments de partages, des larmes, encore, être à fleur de peau puis aller mieux- une inspection qui fait beaucoup de bien, première rencontre avec le jury du Prix Elle, le sérieux, l’érudition de Gilles Kepel et mes élèves et collègues ravies de leur premier salon du livre/ Retrouver Au revoir-là haut, mon coup de coeur audio, vivre un championnat un peu particulier à distance et se sentir l’âme d’un supporter / Londres, cette capitale que j’aime tant, le studio Harry Potter et lecture du premier tome avec Galéa, Hermione et ses mimiques dans le film- découvrir Mon ami Dahmer envoyé par Laure et en faire mon coup de cœur BD/ Envie de me lancer un défi, le commencer avec Edith Wharton et savourer Le temps de l’innocence, Valentine Goby lisant Kinderzimmer au festival Terres de Paroles, moment délicieux partagé avec Martine- la déception devant les résultats du Prix Elle, ne pas y être mais tout suivre grâce à Marjorie, recevoir le carnet Elle et retrouver Zelda- faire passer des oraux de bac dans une chambre d’internat mal rangée/ 

Wharton encore et toujours, apprécier les moments présents, le bac, la mention et mon ado amoureux, un mois joyeux, dire au revoir mais pas adieu à ma classe chouchou, être ravie de leurs résultats/ La Bulgarie et les restes du communisme, une excellente nouvelle liée au travail  et un immense cri de joie, les grands espaces et Philip Meyer/ Blues de rentrée sans mon fils pour m’accompagner, la chance incroyable d’avoir des classes toutes sympas, le Festival America, prendre le temps de découvrir Laure et Marjorie, sentir qu’une amitié est en train de naître avec Philip Meyer en toile de fond, être touchée par Edouard Louis, si fragile, un très beau colis swap ponctué de Waow ! à n’en plus finir et être très gâtée par mes copines blogueuses pour mon anniversaire/ Un colis d’anniversaire en retard mais si généreux avec une pépite, Meursault contre-enquête, noté grâce à Marilyne, écriture sublime et quel courage ! - Remise des prix Audiolib, papoter des heures avec Sylire, trinquer avec Leiloona et complètement se planter sur le nom du gagnant/ facebook, mon portable et moi, une blouse blanche et un bureau – « On s’était dit des choses, que l’on ne tiendrait pas » - un rendez-vous de dernière minute avec Marjorie, toujours le même plaisir, sa sollicitude, son sourire, savourer Le puits grâce au billet de Jérôme, le garder grâce à Nathalie, et avoir envie de l’offrir/ rideau mais pas fin, pas encore- « On me veut forfait du combat, moi je veux me battre avec toi », se surprendre soi-même et en éprouver du plaisir – ma maladresse et mon portable les fous rires de Noël autour des livres, de l’Albanie et d’un stylo – des chouettes- finir l’année avec une lecture commune avec Marjorie- Et ne pas savoir du tout de quoi l’année 2015 sera faite.

Et avoir partagé presque tout ça avec Elle.  


Et dans un registre tout aussi joyeux, 2014 sous les galets:

Dépression littéraire de janvier/ Les jurées et le leader ELLE: mon beau cadeau de 2014/ Une maison qui porte malheur/ Mais vendez-là punaise!/ En même temps toute la terre et tout le ciel: mon lauréat du Prix ELLE/ Une amitié de 10 ans qui s'éteint : "On ne devient pas tous adulte de la même manière tu sais"/ Remise du prix Elle : le triomphe du K. / Plus humble que Manook tu meurs!/ Marjo : notre envoyée spéciale / L'affaire Edouard Louis, la colère de Val et le rejet picard/ "En finir avec Eddy Bellegueule"la claque qui fait mal, le bord de la nausée / Quelque part entre Bourdieu et Winterson  finalement/

Sale année pour les blogueurs que j'aime/ Solomons, Aifelle et moi/ Le mois anglais et la découverte tardive de Jane Austen (grâce à ma libraire de l'ombre)/ Mon classique étranger chez Miss Léo/ Juin où le mois de l'incontournable sociabilité/ Galas de danse, gouters d'école, anniversaires en pagaille / Le Confident ou le débat d'une clique/ Attila, MTG, Mior, Malika et Val: les sales gosses de la blogo (je vous aime les amis)/ Marlboro-Despérados-tapenade: des valeurs sûres en ces temps sombres / "Du pancréas? tu es sûre, c'est le pire de tous non?"/ Une réconciliation qui n'aura jamais lieu / Au revoir la-haut  sous les grêlons de juillet avec l'Homme/ "Il est touchant le père Péricourt, tu ne trouves pas?"/ Perdus en foret sous un orage violent/ "Mais maman, appelle Papy pour qu'il vienne nous chercher, sinon on va se prendre la foudre" / La Reine des neiges: en sortirons-nous indemnes? / Une rentrée des classes éprouvante / Blogueuses-coureuses : un moment de concorde bloguesque / Courir au bord de la mer, ça change tout/ Miossec, Biolay, Muse et Pink/ Passer (parfois) sous les 5'40 le Km/
"Tu as fait de la loose ton image de marque finalement"/ En anglais ça ne veut pas dire ça, mais la "perditude" ça n'existe pas en français non plus, si ?! / Le mois américain avec Mailman  offert par Jérôme/ Le portrait d'un looser qui me fait penser à un certain Barnabé qui me poursuit depuis 6 mois / Les Bibliomaniacs: 10h de train, deux jours avec moi/ Elles m'ont fait lire Beigbeder!/ Mais Zenatti aussi/ Et ça c'est chouette/ Quel titre quand même, "surtout pour nous" rajoute l'Homme/ La générosité des blogueurs dont je ne me sens pas toujours à la hauteur/ Val évidemment mais aussi Marjo, MTG, Clémence, Miss Léo, Jérôme, Aifelle, Aliénor, Alphonsine, ma Mirabette, Dominique.../Je suis une chanceuse-chouineuse/ Des blogs qui baissent le rideau/ Des blogueurs qui partent en claquant la porte / Des pauses qui s'éternisent/ Parfois j'ai peur de me retrouver toute seule / "That's life", dixit ICB / Décider d'arrêter les billets polémiques/ Thé à la menthe et tartines au beurre salé/ Peiner à rédiger des billets littéraires/Un vingtaine de livres non chroniqués/  Parler des poux/ Et si c'était ça mon créneau ? /
Réparer les vivants: une lecture magistrale et  deux nuits d'insomnie /  Qu'aurais-je fait, moi , du corps de celles qui sont sorties du mien? / "Tu ne voudrais pas lire du plus léger quand même, déjà que Noël approche, c'est pas la peine d'en rajouter..."/ Ce n'est pas toi que j'attendais/ Une autre vision de la paternité / "Mais c'est qui ce Jérôme au juste ?" / L'Homme converti à la blogo / J'espère assurer autant que ma mère dans 25 ans / Mon père, ce héros / Je nierai avoir écrit ça (car je tiens à mon rôle de psychorigide-râleuse de ma famille) / Le Nobel de Modiano / L'impression pendant 12h d'être quelqu'un d'important/ Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier: un testament épuré / Ma petite soeur quitte le continent/ Dans une fratrie, ce n'est pas celui qu'on pense qui soutient l'autre / Les Légendaires colonisent la famille/ Pointé-dégagé-chassé / Echec et mat / multiplications à trous / Rendez-vous avec la maîtresse qui fait peur / contrôle technique de la voiture /  La fin de l'année aux forceps / C'est dur d'être une grande personne /


Ne pas appartenir vraiment à la blogo littéraire, mais avoir trouvé sa place quand même / Etre terriblement proche de gens qu'on n'a jamais vus / "Tu deviens flippante avec ton Iphone"/ Réflexions existentielles sur Facebook / Addiction aux réseaux sociaux / Renoncer à l'anonymat total / 30 heures de travail sur le costume de Jadina / L'antivol sur une bouteille de champagne et un pneu crevé le 24 décembre / "Tu vois je l'avais dit"/ Mettre en scène les petits soucis pour ne pas parler des grands / Mes filles et leurs grands yeux bleus "nous on a passé une année merveilleuse tu sais maman"/ Arrêter de se regarder le nombril en 2015? / En suis-je vraiment capable? / Prendre de la hauteur et se mettre au vert  / Avec Confiteor dans ma valise...et Messenger dans ma poche.

Que cette fin d'année vous soit douce amis blogueurs et visiteurs
(il paraîtrait que la conjonction astrale de 2015 est prometteuse #jdcjdr)

mardi 18 novembre 2014

Un livre, un lieu (ou plutôt des livres, des lieux)

C'est Romanza qui a créé ce tag la semaine dernière, et depuis je guettais frénétiquement le blogueur qui me taguerait pour pouvoir dire hypocritement "oh non, encore un tag, rho la la, décidément, pfff ça m'ennuie de parler de moi mais, bon d'accord, c'est l'esprit de la blogo, ça m'ennuierait de rompre la chaîne !". La semaine est passée et personne ne m'a taguée. J'ai pleurniché sur Facebook comme à mon habitude, et puis je me suis dit que j'allais faire comme Jérôme, répondre au tag juste pour me faire plaisir. Mais heureusement entre temps, la délicieuse et gourmande Sandrion a pensé à moi, juste avant que la grande prêtresse Aspho ne me prenne en pitié.

Je peux donc m'étaler en toute bonne conscience autour du thème: un livre, un lieu. (et vu que mes névroses sont profondes, tous mes livres sont marqués de l'endroit et de la date où je les ai lus, donc j'ai carrément de la matière).

(à toi qui cherches du succinct et du concis, passe ta route).

Printemps 1990, Avignon, dans le salon tout juste redécoré par ma mère dans les goûts de l'époque (du saumon partout, des halogènes en laiton et une table basse en verre), je lis Moonfleet sur un canapé bariolé dans un patchwork étrange de bordeaux, marron et orange, dont ma mère affirme à mon père, complètement circonspect, que c'est chiquissime. Moonfleet c'est ma révélation à moi, parce qu'il y a des bateaux mais surtout à cause du Y. J'harcèle ensuite tout le monde pendant des mois sur l'importance du Y qui symbolise les deux chemins que peut prendre notre destin : je suis définitivement une enfant inquiétante.  Depuis 25 ans, je garde Moonfleet au chaud dans ma bibliothèque. J'enchainerai ensuite avec les Mc Orlan (dans une ferme angevine) et le Stevenson (dans un studio des Alpes).

Été 1992, Nice, je m'ennuie comme un rat mort pendant les grandes vacances dans cette ville que je trouve vulgaire  et par désoeuvrement j'achète à Carrefour (enfin... je fais un caprice à mon père qui fait le plein de courses) Le Crime de l'Orient express. Lu d'une traite sur une terrasse plombée par le soleil, sur laquelle ma soeur et moi dormons la nuit, tellement il fait chaud dans les chambres (la clim n'est pas encore installée partout et tout le temps et ce n'est pas plus mal). Je me prends de passion pour Agatha Christie qui restera mon antidote éternel des pannes de lecture.

Juillet 1996, Privas, j'ai eu mon bac de français par surprise et de justesse, je m'enfile Aurélien recommandé par ma prof de français de Seconde, et reçoit sur le canapé du salon, mon premier grand choc esthétique.

Août 2001, Cargèse, dans le golfe de Sagone, les 7 tomes des Rois maudits, lus à 4 , avec l'Homme, ma petite soeur et mon cousin. Sur la plage, au bord de la piscine, à l'apéro, nous nous passons les volumes, et c'est moi qui ouvre le bal (car je lis le plus vite que les autres et je suis la plus pénible) : les garçons se réjouissent des scènes de torture, de violence et de sexe, ma soeur et moi discutons du destin d'Isabelle et des manipulation de Mahaut, mon père (un peu lourd pour l'occasion) nous apporte des précisions historiques qu'on ne lui demande pas. Un grand moment de bonheur. Nous sommes tous les 4 déçus par le 7ème tome, mais ça a ensuite été un code longtemps entre nous.

Mai 2005, Lorient, je suis hébergée chez une amie, je tue mes journées de libres à arpenter la Fnac (qui a remplacé le cinéma le Royal) et la librairie l'Imaginaire. Je trouve Dora Bruder (dont j'ai vaguement entendu parler), et le lis un samedi soir pluvieux dans le salon encore encombré de cartons de ma copine qui est à un mariage. Je ne sais pas encore que les 6 mois qui vont suivre, je vais écumer toutes les librairies, point Relay des gares et aéroports pour trouver toute l'oeuvre de Modiano.

Septembre 2005, Vol Nice-Nantes, je viens d'apprendre que je suis enceinte et ne trouve rien de mieux (les hormones que voulez-vous) que d'acheter à l'aéroport Un Heureux événement que je commence en salle d'embarquement et que je finis pendant le vol. Funeste idée: l'héroïne a mon âge, fait le même métier que moi, a la même belle mère. Identification garantie. Sauf qu'elle vit une grossesse affreuse, un accouchement sinistre et finit par se séparer du père de son bébé. Je passe ma semaine de travail en pleine crise d'angoisse.

Mai 2006, chez la sage-femme qui suit ma grossesse, sur une table d'auscultation en imitation cuir marron clair, ventre à l'air car monitorée tous les jours (Rayures dépasse dangereusement le terme),  je lis Travail soigné. Un super polar certes. Mais Alerte rouge!!! LE livre à ne pas lire enceinte, suite à cette lecture traumatisante, je bloque tout, on est obligée de me déclencher l'accouchement.

Mars 2009, dans une clinique sur les collines, service maternité, dans une chambre individuelle, et face un tableau franchement bizarre, je viens d'accoucher de Numérobis qui semble ne jamais dormir dans son petit berceau en plexiglas. Je lis L'Ombre du vent, offert par une amie chère, entre têtées, visites, soins et coups de téléphone aux copines pour raconter tous les détails de mon accouchement (les hormones nous font vraiment faire n'importe quoi). Je suis emballée, ravie, scotchée. J'offre ce livre à ma mère, mes soeurs, et mes copines en sortant de la clinique.

Mars 2012, un chalet sous la neige dans les Alpes du Sud, j'avale Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, c'est une révélation, je me mets à intellectualiser le fait de courir, je deviens définitivement flippante.

Août 2013, une jardin dans le golfe du Morbihan, juste au dessus d'un chantier ostréicole, zéro wifi, allongée dans un transat sur l'herbe, un thé bouillant, une cigarette, chapeau et lunettes de soleil, l'Homme et les filles sont à la pêche (j'ai toujours détesté me ruiner le dos), j'engloutis La Grande course de Flanagan, je me prends pour Nancy Sheridan (surtout quand j'écrase mon mégot) et je pleure comme une gamine à la fin du roman. Un moment de grâce.

Avril 2014, Montbéliard, devant une salle multisports située au dessus d'une bretelle d'autoroute,  dans le froid et le vent, je lis le Manoir de Tyneford, avec Numérobis qui se repose sur moi et qui se plaint de mon odeur de tabac froid. Mais la semaine est si joyeuse pour Rayures que j'aime tout: le Doubs où c'est encore l'hiver, ma mère qui conduit comme dans les années 70 (sans ceinture ni regard sur la route), la salle sans fenêtre où on est les uns sur les autres, le café infect et surtout ce roman qu'on dit sentimental mais que je trouve formidable.

Et enfin, septembre à novembre 2014, dans mon salon, la chambre des enfants, sur mon lit, dans la salle de bain, Les Légendaires ont envahi notre maison (heu pardon notre T3), je lis un chapitre tous les soirs à Numérobis, c'est le principal sujet de conversation à table le midi: la pierre de Crescia, les faucons d'argent, l'accident de Jovénia... l'Homme et les filles sont archi fans, mêmes les insultes en cas de disputes ont évolué : "Sale Ténébris", "je te déteste, tu es encore plus méchante que Darkhell", "jamais tu ne seras aussi forte que Jadina", "ouai c'est bon, va voir Elysio". Nous vivons à présent dans un monde parallèle où les super-héros ne cessent de mourir puis de ressusciter. Numérobis s'est fabriquée un bâton-aigle, la chambre est un champ de bataille, on se bat à la médiathèque pour trouver les volumes qui nous manquent. Je crains le pire pour la liste du Père-Noël

Pour conclure,
1: une lecture c'est : un livre + un lecteur + un lieu + un moment + un entourage.
2: bloguer me permet (je pense)  d'économiser de substantielles séances de psy, je pense donc que mon blog est excellent pour ma santé mentale.

Je tague Valérie, Clémence, Félicie, Marjo, Anne, Estelle et Mind the Gap. 

A votre bon coeur ;-)



mercredi 22 octobre 2014

24 mois: la loose, Galéa et moi

Aujourd'hui, ça fait deux ans que je blogue.

Bon.

C'est ballot, ça tombe à un moment où je ne suis plus spécialement motivée, sûrement à cause des blogs qui ferment, du manque de temps, de l'automne, d'une lassitude, de ma vue qui baisse, du changement des rythmes scolaires, de la fin du  fromage le Palet chez Président, de la disparition de mon démaquillant chez Monoprix, du pic de croissance de Numérobis, de la crise...

Que sais-je encore, tous les prétextes sont bons ....

N'étant pas naturellement encline à fêter les anniversaires (ni Noël d'ailleurs...#boutentrain!), je me suis dit que j'allais plutôt évoquer mes doutes existentiels, et préciser deux ou trois points totalement personnels et égocentriques 

La loose d'abord, celle dont j'ai fait mon fond de commerce depuis deux ans (on fait avec ce qu'on a ceci-dit). Alors soyons clairs, je trouve ça drôle de rire des contrariétés quotidiennes, de voir le verre à moitié vide, de s'attendre au pire; et  je suis vraiment comme ça. Mais évidemment, c'est une posture. Je ne suis pas seulement une petite fille gâtée qui pleurniche sur ses contrariétés (même si clairement, je suis aussi cette personne, mes parents peuvent en attester): mais les vrais drames, les grands échecs ou les disparitions passées ou imminentes je n'en parlerai jamais ici. Ce qui me rend vraiment malheureuse (pas plus ni moins que les autres), je le garde pour moi, par pudeur et par élégance. De la même manière que les grands bonheurs, mes fiertés maternelles et mes félicités diverses (tout est dans le "diverses" évidement), je ne les exposerai pas là non plus. Mais je trouve que ça rend la vie plus légère de rire des choses futiles et contrariantes, et j'adore être la looseuse de la blogosphère, j'aime ce costume qui me va comme un gant...

Enfin quand je dis "qui me va",  je devrais dire "qui va à Galéa". Parce que depuis deux ans, cet avatar étrange, créé à partir du mot "galet" (originalité quand tu nous tiens), prend de plus en plus de place dans ma vie, jusqu'à m'étouffer un peu. Galéa n'existe pas, soyons clairs, Galéa est une invention bloguesque.  Ce n'est pas qu'elle ment mais disons qu'elle ne raconte qu'une partie de la réalité, et elle me ressemble de moins en moins.

Galéa trie ses contacts sur Facebook alors que moi je me suis fait dégager par une vieille amie (suite à une altercation où je n'ai pas mis les formes). Galéa crie sur les toits qu'elle fume, mais moi, mes cheveux sentent le tabac froid. Galéa parle de ses filles, mais moi je leur dis de faire moins de bruit quand je suis sur mon ordinateur. En plus, Galéa est honteusement gâtée par ses amis blogueurs (en livres, en cartes Reine des neiges, en carnets et cahiers divers, en cartes, en coupures de journaux, mais surtout en messages d'amitié), et je vais vous le dire franchement, je ne suis pas certaine qu'elle le mérite, parce que la Galéa c'est une imposture!

Elle est plus jolie, plus sympa, plus droite, plus loyale, plus drôle que moi. En gros, Galéa me fait de l'ombre (un peu comme la copine de collège dont on est le faire-valoir, vous voyez?). 

Galéa parle de la loose en rigolant, mais pour moi,  la loose, ça veut dire quelque chose. Revendiquer la loose, c'est se dire qu'on est pas obligée de tout réussir, d'être devant sur la photo, ni d'être celui qu'on admire et qu'on jalouse. Se réclamer de la loose, c'est se reconnaître faillible, c'est ne pas chercher à faire plus ou mieux que les autres, c'est ne pas avoir besoin d'être le premier. Alors, bien sûr c'est une point-de-vue que les successful ne peuvent pas comprendre, mais je pense sincèrement qu'on peut vivre sans être compétiteur, chacun à sa manière et trouver sa place sans entrer dans une catégorie. La loose, c'est aussi revendiquer l'humilité, la retenue, la discrétion. Un looser accepte de ne pas être du côté de ceux qui brillent, et ça ne le dérange pas. Et moi je me suis toujours sentie plus à l'aise à l'ombre (mon mariage de ce point de vue est un éprouvant souvenir...Heureusement que c'était avec l'Homme).

Alors à ce stade de mes réflexions,  alors que des blogueurs que j'aime se mettent sur la réserve et qu'on est plutôt dans un monde qui prône le succès, quitte à perdre en élégance ce qu'on gagne en notoriété, je me suis dit qu'il était peut-être temps de se poser les vraies questions: on blogue pour qui? pour quoi? au détriment de qui?


Moi je blogue parce que peu de gens lisent dans mon entourage, et aussi parce que je suis égocentrique (mais non, les livres ne sont pas  qu'un prétexte), je blogue pour trouver une place, mais je blogue au détriment des gens réels, ceux auxquels je tiens et que je délaisse un peu. (Oui, je l'avoue, j'ai déjà menti à des amis chers pour annuler un rendez-vous car je n'avais pas fini un billet).


Et peut-être qu'il est temps de réfléchir à la place, parfois un peu inquiétante, que le blog prend dans sa vie, en termes de temps et d'énergie.

J'en étais là de mes réflexions, quand  le 9 octobre est arrivé.  Quand Modiano, mon Modiano, celui dont je relis plusieurs fois les livres,  a eu son Nobel.  Modiano, c'est celui qui a su mettre des mots sur des choses dont j'ignorais que je les ressentais. Il est des auteurs comme ça, grâce auxquels on comprend qu'on ne sera jamais écrivain, parce que les livres qu'on aurait voulu écrire existent déjà. Modiano a fait de moi une lectrice qui n'en demande pas plus.

Et le 9 octobre, en tout et pour tout, deux clients, ma mère et l'Homme étaient contents pour moi.

En revanche, Galéa a été inondée de mails, de textos, de messages qui partageaient son bonheur, Galéa a eu le sentiment de le recevoir elle-même le Nobel, Galéa a pleuré de joie de voir son romancier récompensé et s'est trouvée emportée dans un tourbillon tendre et bienveillant, créé par des blogueurs qui la connaissent finalement drôlement bien (elle était tellement heureuse que Numérobis a dit à sa maîtresse le lendemain, qu'on m'avait félicitée pour mon Nobel).

Il faut donc se rendre à l'évidence, j'ai encore besoin de Galéa, donc elle et moi allons continuer un peu notre petit bout de chemin ensemble...

(il faut juste qu'elle me remotive un peu).

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