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jeudi 13 mars 2014

L'Appel du coucou

Robert Galbraith, L'appel du coucou
Grasset, 2013,  576 p.
"Si je deviens romancière, je serai J-K Rowling sinon rien" m'a dit Rayures il n'y a pas si longtemps. Je lui ai conseillé de réfléchir à un plan B, mais dans le fond je suis d'accord avec elle. Mieux vaut viser haut dans la vie.

J-K Rowling est donc la star familiale à la maison...Nous sommes tous fans d'Harry Potter et même si je n'ai pas aimé Une Place à prendre, je partais pleine d'entrain pour L'Appel du coucou. Certes Anne n'a pas adoré (tellement qu'elle ne l'a pas fini), mais je me rassurais avec l'avis d' Eva (même si elle a apprécié Longue division...nobody's perfect).

Je m'interroge encore sur le pourquoi de Robert Galbraith...de Robert surtout; mais J-K doit avoir ses raisons (perso, si je publie sous pseudo, ce sera Raymond, vous êtes prévenus).

Evidemment, et sans objectivité aucune, je l'ai aimé.

L'histoire est classique de chez classique: une jeune top-modèle, belle et riche évidemment, est retrouvée morte, 5 étages plus bas que chez elle, gisant sur la neige du trottoir. La police conclut à un suicide, mais son frère croit en un meurtre et engage, trois mois plus tard, un détective privé pour faire la lumière sur les événements.

Et c'est là que ça me plait. L'intrigue n'est pas extraordinaire, quoique je n'aie pas vu venir la fin (enfin presque), mais le détective est un gros looser comme je les affectionne tant.

Vilain, poilu, unijambiste, pauvre, malade, traumatisé, seul au monde et à l'hygiène douteuse, Cormoran Strike c'est THE anti-héros et enquêteur poissard du XXIe siècle. Tout de suite, il m'a plu avec son moignon qui s'infecte, sa femme qui l'abandonne, son père qui ne l'a pas reconnu, son lit de camp dégoutant et ses dettes énormes (J-K arrive quand même à lui faire passer une nuit torride avec une fille sublime, j'ai essayé de ne pas trop visualiser non plus ...)

Et puis il y a Robin, la jeune assistante efficace, jolie, humble et un peu geek (celle qu'on aimerait être dans un autre vie)...je sais, je sais, on est au fond du cliché, mais que voulez-vous ça marche. Parce que J-K Galbraith sait manier la profusion de détails, la description des ambiances et des atmosphères, parce qu'elle déteste le genre humain et que ça se sent quand même dans son policier (et moi j'aime les gens qui n'aiment pas les autres).

L'enquête se déroule dans  le milieu bling-bling londonien (dans lequel je me suis sentie plus à l'aise que dans le petit village d'Une Place à prendre - sûrement parce que je me suis moins sentie visée).

Cette fois, ce sont des people qu'on croise dans des restaurants archi-branchés, des immeubles de grand standing, des forteresses du glamour....Punaise que j'aime rencontrer des mannequins jaloux, de riches hommes d'affaires infidèles, des créateurs névrosés, des producteurs violents et obsédés, des beaux gosses camés, des poupées cocaïnomanes,  des crève-la-faim menteurs et voleurs, des miséreux prêts à tout, des faux amis, des moches, des stars du rap, des avocats véreux, des mères cancéreuses, des histoires de famille dégoutantes ...

Absolument tout le monde se fait écorcher, et pour qui n'est pas trop sociable, c'est un régal. Personne (à part la jolie Robin et l'affreux Cormoran) n'a vraiment de qualité, tout le monde ment, triche, vole...

Ce n'est pas un chef d'oeuvre, ce n'est pas à la hauteur d'Harry Potter (J-K est bien meilleure dans l'imaginaire), mais je l'ai lu avec plaisir, contente de m'y replonger, joyeuse et détendue.


Il semblerait que ce soit le premier tome d'une série, ce qui est une excellente nouvelle puisque Robert Rowling  écrit à l'endurance et s'améliore à mesure qu'elle creuse ses personnages et ses mondes.

Lecture commune avec Valérie et Mrs B (leaders respectifs des clans Lady Hunt et Madame K, qui l'ont écouté en audio, l'occasion pour nous de voir si elles sont d'accord...suspens quand tu nous tiens)

Participation pour le challenge de Liliba.


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