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lundi 4 mars 2013

La reprise...

J'aurais aimé parler de livres, mais j'ai très peu lu pendant ces vacances (je termine Alabama Song...billet à venir).

Me revoici sur la blogo, de retour sur mon canapé, avec un café, une cigarette, et la radio en fond sonore. J'ai retrouvé mes habitudes à défaut de la routine. Ce matin, entre deux choses utiles que je suis payée pour faire, j'ai déambulé sur les blogs des autres: Aifelle a récupéré son ordinateur, Alex est partie en vacances, 4 pts...s'est fait Belle-Ile en amoureux, Stiop a fait ses adieux à ses lecteurs et m'a gâché mon retour virtuel, Enitram manque de réseau, Asphodèle a eu des inspirations étonnantes, Sophie a fait un semi, Mme ZAP a enterré le terrible mois de février, Fransoaz a lu le dernier Blondel...et j'en passe.


Quant à moi, je rentre de mes inoubliables premières vacances en famille. Précisément en familles: cinq en fait. Quelques amis se sont finalement joints à nous. On s'est dit que c'était sympa sans doute de partir à plusieurs, et pour les enfants c'est plus joyeux d'être tous ensemble.

Evidemment, Rayures a été malade toute la semaine, je l'ai traînée passer son flocon à 39° de fièvre (deux ans qu'elle est malade en février, deux ans qu'elle ne peut pas le passer, cette fois j'ai décidé de casser la fatalité). Mère indigne devant l'Eternel, j'étais plus contente qu'elle quand on lui a donné sa médaille (avant de la coucher, de lui donner un doliprane et lui dire que maman était très fière d'elle). L'année prochaine, elle pourra skier avec des bâtons! Youhou, il faut se contenter de petites joies dans la vie.

Je n'avais pas skié depuis 10 ans, on m'avait assurée que c'est comme le vélo "ça ne s'oublie pas". Effectivement, je n'ai rien oublié, et mes souvenirs m'ont permis de me rendre compte que je n'avais plus le niveau d'autrefois, que j'avais mal aux cuisses. J'ai voulu faire la belle et j'ai failli me prendre un enfant qui avait l'âge du mien. J'ai préféré me gaufrer lamentablement plutôt que de le télescoper (devant son père); parce que je suis quelqu'un de bien et généreux. 

Evidemment, j'ai attrapé le virus de Rayures, au pire moment, c'est à dire le jour de mon anniversaire. J'ai soufflé mes trente (et quelques) bougies entourée de mes amis et de leurs enfants (TRES majoritaires et bruyants), les yeux brillants, pâle comme la mort, avec une toux de tuberculeuse. J'ai reçu un einième livre de couture. Depuis que je me suis autoproclamée manuelle, on ne m'offre plus que ça...Pourtant j'avais bien insisté sur La Plume de l'ours...mais non; tout le monde veut que je progresse.

L'avantage d'être en vacances avec ses amis, c'est qu'on relativise, parce qu'on supporte les enfants des autres. Certains nous rassurent parce qu'ils chouinent autant que Boucle d'Or, d'autres sont si mal élevés qu'on se dit qu'on s'est pas si mal débrouillé finalement.

Et surtout on se dit que nos amis sont des vrais amis parce qu'ils ont supporté mes plaintes, (j'ai cru que j'allais mourir à 38,2°), m'ont embrassée pour mon anniversaire au risque de leur santé, ont participé aux courses, aux repas, aux sorties luges avec les enfants...Ils ont à peine fait la tête quand la conduite d'eau de la douche a lâché, inondant la salle de bain et le couloir, ils ont supporté avec beaucoup de politesse les réveils nocturnes et bruyants de Boucle d'Or, joué au Uno avec Rayures malade et implorante. Aucun d'eux ne m'a fait les gros yeux quand j'allais fumer sur la terrasse alors que j'ai la voix de Jeanne Moreau (ils ont tous arrêté il y a une dizaine d'années, je suis la rebelle du groupe, la rock'n roll du quartier)...bref j'ai des vrais amis, avec lesquels nous avons partagé salles de bain et toilettes avec civisme et bonne humeur.

Je me prépare à faire ma dernière intervention universitaire avant de passer à autre chose (non identifié à ce jour). A peine les valises défaites, je m'apprête à repartir seule, en train, avec escale à Paris, après avoir téléphoné à tous mes oncles, tantes et cousins de la capitale pour choisir celui qui aurait la chance de m'héberger (et de supporter mon trac). J'ai choisi celui qui était d'accord (et présent) finalement.

 Malgré la neige dans l'arrière-pays, le printemps est revenu sur la côte, je soigne ma grave maladie pendant que l'Homme l'incube. Boucle d'Or attend que je sois en déplacement pour tomber malade à son tour (histoire de me faire culpabiliser quand je serai à l'autre bout de la France). Je reprends mes habitudes: lire avant de dormir, se coucher tôt, consacrer du temps à la blogo, courir le matin au bord de la mer...


Fidèle à moi-même je retourne à ma vie virtuelle...en attendant de chroniquer les mots des autres...

Contente d'être là...

PS: vu comment la newsletter est efficace, j'expérimente une page Facebook (inspirée parMalika)....suis dubitative mais je tente


mardi 20 novembre 2012

C'était mieux avant?

Je fais partie des gens qui, tout le temps, trouvent que "c'était mieux avant". Je suis la mère qui, à la sortie d'école, se plaint du niveau de grammaire et orthographe des élèves. Je regrette en permanence que l'école ne soit plus l'ascenseur social d'autrefois. J'ai été l'enseignante horrifiée de voir qu'on pouvait ignorer le nom des grands auteurs classiques. Je me désole des incivilités et de la vulgarité en pensant que c'est un mal moderne. Je n'aime que les vieilles pierres, je n'ai jamais voulu habiter dans du neuf parce que je trouvais les plafonds trop bas et les salons trop petits. Je suis convaincue d'être née un siècle trop tard. Il y a 100 ans, ma ville était la plus belle d'Europe, elle est aujourd'hui défigurée. Je préférais Canal + avant. Je suis celle, qui pénible à souhait, se plaint en permanence du temps qui passe. Bref, je suis la copine ringarde qui collectionne les cartes postales anciennes et qui milite contre la pollution et les additifs alimentaires. 

J'ai conscience de mon immense mauvaise foi.

Ceci dit, de la modernité, je n'ai tiré aucun avantage. J'habite au troisième sans ascenseur, j'ai la phobie des avions, on m'a toujours posé la péridurale trop tôt ou trop tard. Des progrès de la médecine je n'ai connu que des accouchements déclenchés parce que j'avais dépassé le terme. L'informatique est pour moi une gageure, je ne compte plus les ratés professionnels à cause d'un PDF incompatible, ni les mails trashés par inadvertance. J'ai fermé mon compte Facebook et mis 6 mois à comprendre comment fonctionnait mon i-phone.

Mais ça c'était avant que je découvre You Tube.

Depuis petite, je suis catégorisée comme celle qui n'est pas "spécialement manuelle". Impatiente, brutale et un peu capricieuse. Ma grand-mère a renoncé à m'apprendre à coudre, ma maman à tricoter. Ce que l'Education Nationale appelle "motricité fine" est pour moi un Graal inaccessible. Contrairement à d'autres, j'ai toujours vécu très mal de ne pas savoir faire de jolies petites choses. 

Un jour, j'ai décidé de m'atteler au crochet. Et grâce à Internet, j'ai compris les bienfaits de la modernité. J'ai lutté pendant des jours, fait, défait, refait 100 fois. Je me suis repassée la vidéo sous le regard compatissant de mon mari et goguenard de mes enfants, jusqu'à ce que j'arrive à le terminer. Alphonsine m'avait conseillée de commencer par une écharpe pour poupée, elle avait raison. Le bonnet c'était vraiment un gros défi. 

 Et j'y suis arrivée. Il ne faut pas y regarder de trop près, mais c'est fini. C'est irrégulier, il y a quelques trous, bref, personne imaginera que je l'ai acheté aux Galeries Lafayette, et je ne suis pas bien sûre de le porter cet hiver. Mais je l'ai fini.

Donc non, ce n'était pas mieux avant. Avant je serais restée dans mon costume de "celle qui ne fait rien de ses 10 doigts". La route est encore longue pour faire quelque chose de correct et portable, mais ça y est, j'ai lancé la machine. Mon meilleur ami est maintenant You Tube qui me répète à l'infini ce que je peine à comprendre.

Alors non, ça m'arrache de le dire, mais ce n'était pas forcément mieux avant. 

vendredi 2 novembre 2012

Conserver une trace...

En ce jour de commémoration de nos défunts, une question me hante.

Trop loin  de notre Anjou d'origine, nous n'avons pas participé aux réunions collectives autour des sépultures familiales. Je me demande alors ce me qu'il reste d'eux...

Que reste-t-il des joies et souffrances de mon grand-père, qui passa cinq ans prisonnier en Allemagne? Que reste-t-il de ma grand-mère, que j'ai à peine connue et qui s'était déjà oubliée à sa propre mémoire avant de disparaître? Que reste-t-il de cet oncle, éternel enfant de 18 mois, qui s'en alla trop tôt et dont mon père porte le prénom.? Que reste-t-il de mon autre grand-père qui travailla avec acharnement ? Mais pire encore, que reste-t-il de cet ami de lycée qui partit de ce monde à 23 ans, ni par maladie, ni par accident, et dont le décès m'a fait perdre pour toujours une certaine légèreté?
 
Le cadran solaire de Roba Capeù

 Qui témoignera de l'enfant qu'ils ont été, de leur couleur préférée, de leur friandise favorite, du prénom de leur meilleur camarade, des lectures qui les ont bouleversés, des événements joyeux ou dramatiques qui ont fait d'eux ce qu'ils ont été. Le premier pas, la première dent, la première peur... Même leur part d'ombre et leurs petits secrets ont été ensevelis avec eux...Alors?

Cet été, quelque part en Loire-Atlantique...
Il reste d'eux une pierre tombale, une plaque, des souvenirs que les vivants entretiennent. Subsistent encore le timbre de leur voix, l'odeur de leur cuisine, un chant de Noël, le son d'un trombone, une photo, l'écho des embruns atlantiques... Mais quand nous-mêmes serons partis, que restera-t-il de ces existences banales mais uniques ? J'ai aujourd'hui une pensée émue pour tous les défunts qu'on ne commémore pas ou que l'on a oubliés.

 Qu'on croit ou pas à un monde meilleur après, la vraie question persiste. Quelle trace laisse-t-on ici , dans ce monde là?

Je me demande si ce n'est pour un peu cela qu'on écrit, qu'on peint, qu'on photographie, qu'on blogue même...

Pour conserver sans doute, sur la toile ou ailleurs, une trace des moments passés et de l'instant présent.


P-S: J'ai bien conscience, en me relisant, ce que ce genre de post (programmé) a de "plombant"...heureusement, il n'y a qu'un seul 2 novembre par an...

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Nouveau point d'étape de la quarantaine : le sens de la fête.  Que reste-t-il de nous quand il s'agit de faire la fête ? Je parle d...