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jeudi 16 mai 2013

Noces de neige

Gaëlle Josse, Noces de neige
Autrement, 2013, 158 p.
Bon en ce moment, je suis dans une période ferroviaire, je n'y peux rien, ils me suivent, et viennent à moi presque masqués. Bref, j'ai quelque chose à régler avec les trains en ce moment (et en fait je sais quoi...bref)

J'avais aimé Nos vies désaccordées, bien qu'il soit court et que je ne sois pas forcément friande des petits romans dans lesquels on n'a pas le temps de rentrer. Bref, j'ai, mine de rien, pris Noces de neige  à mon libraire (j'ai payé hein!!). A priori tout me tentait dans ce roman.

J'aime l'écriture de G. Josse et le thème parle de l'histoire entre les Russes et la côte d'Azur. Je me suis dit que je ne prenais pas de risque.

Noces de neige met en parallèle deux femmes: Irina et Anna que TOUT oppose. Anna est une femme du passé (1881), Irina du présent (2012). Anna est d'une grande laideur, Irina est belle. Anna est riche, Irina est pauvre. Anna déteste le sud de la France, Irina déteste sa Russie originelle. Anna est une russe blanche de l'époque impériale, Irina est une prolétaire de la période Poutine. Anna est amoureuse et rêve de mariage, Irina va se marier sans être amoureuse. Anna quitte Nice sur le Riviera Express, Irina s'y rend.

Oui, ça finit par faire beaucoup, je vous l'accorde. Bien entendu le voyage des deux jeunes femmes est un point de rupture, un moment où tout change: le meilleur pour l'une, le pire pour l'autre. Mouai....

Tout aurait du me plaire: le décors, les contrastes, un soupçon de politique, les amours perdus, les vestiges d'un temps disparu, sans compter ce troisième personnage qui clôt le livre et qui réunit les deux deux femmes à un siècle d'écart...sauf que non.

Je ne suis pas du tout rentrée dans ce livre. Je ne m'y suis pas ennuyée non plus, l'écriture est agréable, le sujet prometteur, la construction intéressante, la description des lumières azuréennes émouvante.... mais voilà, aucun coup de cœur, pas spécialement emballée (alors que je suis LA lectrice qui aurait du adorer ce roman).

Peut-être ce livre était-il trop court pour autant de choses à dire.C'est trop peu 157 pages pour brasser un sujet aussi large et foisonnant (les villas russes construites au XIX s., les mariages de raison arrangés par Internet, les horreurs commises par Poutine, l'assassinat de l'archiduc, les désillusions amoureuses de l'adolescence, la vie des russes blancs, une réflexion sur la beauté, la laideur et la solitude...)

Je ne me suis attachée ni à l'une ni à l'autre, l'ensemble est trop désordonné, la boucle est maladroite sur la fin. Peut-être aussi que je l'ai lu à un moment où je travaillais beaucoup et où je m'effondrais de fatigue après quelques pages le soir. Mais je sais que d'ici quelques temps, il ne me restera plus grande chose de ce roman qui pourtant a un propos intéressant.

Mais vu que je suis une lectrice fidèle aux écrivains qui m'ont plu, même une seule fois, je vais aller chercher Les Heures silencieuses pour rester sur une bonne impression de Gaëlle Josse en attendant qu'elle sorte un nouveau roman.

mardi 9 avril 2013

Nos vies désaccordées

La blogo a ceci de réjouissant qu'il est des blogueuses, généreuses et confiantes, qui souhaitent faire voyager leurs livres aux quatre coins de la France: histoire de rajouter une histoire à l'histoire. Fransoaz est l'une d'elles. Elle m'a donc très gentiment expédié deux livres. J'avais hâte de lire Nos vies désaccordées parce qu'en plus de la beauté du titre, j'avais lu des critiques très élogieuses de ci de là.


Gaëlle Josse, Nos vies désaccordées
Autrement, 2012, 142 p.

Gaëlle Josse raconte l'histoire de François, un jeune pianiste virtuose, qui découvre un jour qu'une patiente d'un hôpital psychiatrique écoute en boucle ses enregistrements de Schumann. Parce qu'il sait précisément qui elle est, il quitte tout: Paris, sa compagne, son appartement, ses concerts et son agent. Il prend la route des Pyrénées retrouver Sophie, celle qui fut autrefois son grand amour.



C'est un bel ouvrage que ce roman. D'abord parce que c'est une histoire à rebours, qui déconstruit une rupture, qui n'en est pas vraiment une. Le propos est moins sur ce qu'il se passe quand François arrive à Valmezan que ce qui s'est passé avant que le couple se disloque. C'est donc l'autopsie d'une histoire d'amour...mais pas seulement.


Nos vies désaccordées ne désigne pas nécessairement deux personnes qui n'étaient pas en accord, c'est plutôt la rencontre de deux solitudes, de deux personnages privés d'amour, de deux écorchés finalement. La musique constitue le fond et la forme du roman. Même les personnages secondaires, particulièrement réussis, sont luthier ou violoniste. La sonorité de l'écriture de Gaëlle Josse est particulièrement envoûtante, elle a un rythme particulier, accessible et attachant. Assez triste aussi... sans être glauque. Ensuite la musique est le propos du livre. Pourquoi Sophie en écoute-t-elle? Pourquoi François en joue-t-il? Moi qui suis la seule de ma famille à ne pas avoir d'oreille, je suis toujours fascinée par la maîtrise du son et le plaisir qu'il procure. Gaëlle Josse fait de la musique à la fois un moyen de se comprendre et une finalité dans l'existence. 

Le seul bémol que je pourrais apporter (parce que j'ai été prof et qu'on ne se refait pas) concernerait les passages en italique à la fin des chapitres, qui évoquent, au présent, leur vie de couple d'avant. Ils m'ont plus déstabilisée qu'ils n'apportent une plus-value à l'histoire. Mais c'est anecdotique par rapport à l'ensemble du roman qui nous permet de flotter dans une ambiance qui oscille entre l'espoir de tout pouvoir rattraper et la fatalité de certains destins. D'autant que la fin a ceci de déroutant qu'elle reste en suspend; c'est au lecteur de choisir la tonalité qu'il lui donne.

Je remercie de tout coeur Fransoaz de m'avoir permis de lire ce livre (et le second que j'ai commencé avec plaisir) et j'enverrai avec grand plaisir ce roman voyageur à celui ou celle qui a la chance de ne pas l'avoir encore lu ...à bon entendeur...

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