| Gaëlle Josse, Noces de neige Autrement, 2013, 158 p. |
J'avais aimé Nos vies désaccordées, bien qu'il soit court et que je ne sois pas forcément friande des petits romans dans lesquels on n'a pas le temps de rentrer. Bref, j'ai, mine de rien, pris Noces de neige à mon libraire (j'ai payé hein!!). A priori tout me tentait dans ce roman.
J'aime l'écriture de G. Josse et le thème parle de l'histoire entre les Russes et la côte d'Azur. Je me suis dit que je ne prenais pas de risque.
Noces de neige met en parallèle deux femmes: Irina et Anna que TOUT oppose. Anna est une femme du passé (1881), Irina du présent (2012). Anna est d'une grande laideur, Irina est belle. Anna est riche, Irina est pauvre. Anna déteste le sud de la France, Irina déteste sa Russie originelle. Anna est une russe blanche de l'époque impériale, Irina est une prolétaire de la période Poutine. Anna est amoureuse et rêve de mariage, Irina va se marier sans être amoureuse. Anna quitte Nice sur le Riviera Express, Irina s'y rend.
Oui, ça finit par faire beaucoup, je vous l'accorde. Bien entendu le voyage des deux jeunes femmes est un point de rupture, un moment où tout change: le meilleur pour l'une, le pire pour l'autre. Mouai....Tout aurait du me plaire: le décors, les contrastes, un soupçon de politique, les amours perdus, les vestiges d'un temps disparu, sans compter ce troisième personnage qui clôt le livre et qui réunit les deux deux femmes à un siècle d'écart...sauf que non.
Je ne suis pas du tout rentrée dans ce livre. Je ne m'y suis pas ennuyée non plus, l'écriture est agréable, le sujet prometteur, la construction intéressante, la description des lumières azuréennes émouvante.... mais voilà, aucun coup de cœur, pas spécialement emballée (alors que je suis LA lectrice qui aurait du adorer ce roman).
Peut-être ce livre était-il trop court pour autant de choses à dire.C'est trop peu 157 pages pour brasser un sujet aussi large et foisonnant (les villas russes construites au XIX s., les mariages de raison arrangés par Internet, les horreurs commises par Poutine, l'assassinat de l'archiduc, les désillusions amoureuses de l'adolescence, la vie des russes blancs, une réflexion sur la beauté, la laideur et la solitude...)
Je ne me suis attachée ni à l'une ni à l'autre, l'ensemble est trop désordonné, la boucle est maladroite sur la fin. Peut-être aussi que je l'ai lu à un moment où je travaillais beaucoup et où je m'effondrais de fatigue après quelques pages le soir. Mais je sais que d'ici quelques temps, il ne me restera plus grande chose de ce roman qui pourtant a un propos intéressant.Mais vu que je suis une lectrice fidèle aux écrivains qui m'ont plu, même une seule fois, je vais aller chercher Les Heures silencieuses pour rester sur une bonne impression de Gaëlle Josse en attendant qu'elle sorte un nouveau roman.