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lundi 7 juillet 2014

Harry Potter et la Chambre de secrets

J-K Rowling, Harry Potter et la chambre des secrets (1998)
Folio Junior,  2003, 358 p.
Me revoici, en coup de vent évidement.

Pour faire court,  je m'apprête à faire la fortune des centres de loisir, à perdre toute dignité auprès de mes parents et amis pour qu'ils gardent les filles, à ne pas raccrocher au nez de ma belle-mère quand elle va me demander (comme chaque année début juillet) si je regrette d'avoir quitté l'enseignement et me rappeler combien mes enfants seraient plus équilibrées si elles restaient avec leur mère pendant deux mois ...

Sur ces réjouissances, je me dis donc qu'il est temps de laisser parler Rayures sur le deuxième tome d'Harry Potter.  Alors soyons honnête, on a fait tout ça un peu vite. Il vaut mieux bien connaître l'histoire de la Chambre des Secrets et avoir deux ou trois notions potteresques avant d'écouter Rayures en parler, car globalement ça manque de structure. Techniquement je pensais avoir évolué depuis la dernière fois, mais non en fait, je ne suis même pas parvenu à faire les transitions audio (d'ailleurs j'ai envie de dire : attention, la musique est très forte et la voix de Rayures très faible...donc bon point de vue confort d'écoute, c'est quand même assez moyen).


Mais à la limite, je ne concours pas non plus dans la sélection cannoise, donc on va y aller tranquillement et sans pression....et mentionner notre participation au challenge de George Relisons Harry Potter. 

Mes objectifs pour le mois de juillet sont simples:



- mettre à jour le non-challenge des pépites (d'ailleurs il sera clos au 15 août), en trois mots Kerangal est en train de sérieusement gagner du terrain. 

-  publier un billet par semaine serait formidable, mais rien n'est moins sûr.
-  éviter le coups de soleil (être brune et avoir une peau de rousse, comble de la loose).
-  supporter les touristes (et digérer le fait de ne pas monter en Bretagne cet été, ça passera, mais pour l'instant, autant être claire: je suis particulièrement aigrie, et sans aucun humour sur la question).

Je vous souhaite quand même à tous un bel été (parce que je suis bien élevée ;-)

vendredi 20 juin 2014

Harry Potter à l'école des sorciers

J-K Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers
Folio Junior,  1998, 302 p.
Harry Potter est notre livre familial. Nous l'avons tous lu plusieurs fois, même Boucle d'Or l' écoute en CD, lu par Bernard Giraudeau.

Rayures a son interprétation d'Harry Potter, l'Homme aussi, mais vu qu'ici on est chez moi, c'est moi qui vais parler aujourd'hui du premier tome.

L'école des sorciers est loin d'être le meilleur des sept volumes, mais bon, autant commencer par le premier opus, quand Harry, neveu malheureux d'une famille normale (et qui compte bien le rester ad vitam) reçoit une lettre de l'école Poudlard pour l'informer qu'il a des pouvoirs magiques et qu'il peut intégrer cette prestigieuse maison d'enseignement connue du monde sorcier mais ignoré du monde mordu (normal).

"Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu'ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux". (incipit)


Autant dire tout de suite, que j'ai toujours pensé que J-K avait voulu avec Poudlard et les enfants sorciers nous parler en fait des enfants différents qui ne trouvent pas leur place dans le monde "normal". Je dirais même que pour moi, l'histoire d'Harry Potter, c'est celle d'un enfant surdoué (doué de pouvoirs exceptionnels) qui ne découvre son  identité profonde et réelle qu'à 11 ans, quand il se rend compte que finalement, il existe un autre univers qui n'est pas "normal" au sens ou l'entend sa tante, mais dans lequel il est quelqu'un d'important et qui compte. Il y a finalement cette question de l'image de soi : Harry est un souffre douleur dans le monde moldu mais c'est un héros chez les sorciers.



Harry Potter c'est la revanche des enfants différents et bousculés par les autres, c'est une ode à l'anormalité et une critique hyper sévère de notre monde (punaise, je connais plein de Dursley qui dégouteraient n'importe qui d'avoir des enfants). Et puis, il y a cette blessure, celle qui n'a pas tué donc qui a rendu Harry plus fort et qui est la marque de son exceptionnalité.


Mais J-K Rowling va encore plus loin. Elle parle à des enfants de 10 ans (puisque ça s'adresse à eux le 1er tome), du libre-arbitre. 

Les pouvoirs magique, c'est comme l'intelligence, cela relève de l'inné, on l'a ou on n e l'a pas. Mais si on l'a, qu'est ce qu'on en fait? La cérémonie du choixpeau est de ce point de vue merveilleuse. Dans quelle maison ira Harry, seul enfermé dans ce chapeau magique : Griffondor les valeureux, ou chez Serpentard les ambigus? J-K pose la question de ce que chacun veut être et veut faire de son pouvoir.

Et puis il y a cette galerie de personnages merveilleux de sorciers, : Hermione (fille de moldus) l'hyperscolaire travailleuse qui exaspère tout le monde, Ron le maladroit malchanceux (Rayures a une passion pour Ron qu'elle trouve drolissime), Rogue l'éternel adversaire loyal, Malefoy le veule, Neville qui aura besoin de 7 volumes pour découvrir sa valeur, Dumbledore le sage, Mc Gonagall la sévère bienveillante, et toute la série des menteurs toquards (les professeurs de la lutte contre les forces du mal) qui se font passer pour autre choses que ce qu'ils sont en réalité, sans oublier les méchants, nécessaires bras armés du Mal absolu: Voldemort.

Rowling est géniale parce que les 7 volumes ont leur germes dans le premier, elle avait tout imaginé d'avance. Elle n'est pas manichéenne Rowling, elle parle déjà du racisme à de très jeunes enfants, quand elle évoque ces sorciers au sang-pur qui ne peuvent être souillés par le contact des sangs mêlés (tome 6), elle parle de la pauvreté à sa manière avec la famille Weasley. Elle apprendra dans les tomes suivants ce que c'est que résister (avec l'Ordre du Phénix), de s'organiser dans l'ombre...punaise, elle est géniale.

Et tellement imaginative!

Elle intègre brillamment des trolls (dont celui qui scelle l'amitié entre Ron et Hermione), des stars du Quidditch, des bébés dragons interdits mais présents, avec une bibliothèque ahurissante, un château absolument magnifique et labyrinthique, avec un concierge inquiétant, une cape d'invisibilité et des autorisations de sorties, des hiboux voyageurs et des friandises surprises, un arbre qui cogne et des voitures qui volent, des photos qui bougent, un miroir du désir...bref tout un monde génial et cohérent à côté duquel on ne peut pas passer...


Harry Potter est le seul livre sur lequel je manque très clairement de tolérance, pourtant il m'aura fallu les hormones de grossesse pour pouvoir le lire (puisque je trouvais cela assez nul à la base), je trouve qu'il devrait être enseigné au collège, parce qu'il est bien traduit, qu'il est drôle, qu'il est complet, que tout est beau et juste et tellement fin...et terriblement actuel ...



Je suis George qui organise un challenge de relecture d'Harry Potter, à raison d'un tome par mois (il est possible que Rayures se charge du 2ème), et je contribue à la lecture commune avec Val, Marjorie, George, Fanny,  Fondant au chocolat, Virginie et Yoda bot et d'autres sans doute... et tout cela  pendant le mois anglais chez Titine, Cryssilda et Lou.

PS: j'avais oublié que la lecture commune était aujourd'hui, il est 6h38, je n'ai pas le temps de mettre tous les liens, je ne sais plus qui sont les participants de la lecture commune, je ne vais pas pouvoir corriger toutes mes fautes, ni de mettre en ordre ce billet foutraque. Mais, bon, je pense que l'idée générale est quand même claire....

jeudi 13 mars 2014

L'Appel du coucou

Robert Galbraith, L'appel du coucou
Grasset, 2013,  576 p.
"Si je deviens romancière, je serai J-K Rowling sinon rien" m'a dit Rayures il n'y a pas si longtemps. Je lui ai conseillé de réfléchir à un plan B, mais dans le fond je suis d'accord avec elle. Mieux vaut viser haut dans la vie.

J-K Rowling est donc la star familiale à la maison...Nous sommes tous fans d'Harry Potter et même si je n'ai pas aimé Une Place à prendre, je partais pleine d'entrain pour L'Appel du coucou. Certes Anne n'a pas adoré (tellement qu'elle ne l'a pas fini), mais je me rassurais avec l'avis d' Eva (même si elle a apprécié Longue division...nobody's perfect).

Je m'interroge encore sur le pourquoi de Robert Galbraith...de Robert surtout; mais J-K doit avoir ses raisons (perso, si je publie sous pseudo, ce sera Raymond, vous êtes prévenus).

Evidemment, et sans objectivité aucune, je l'ai aimé.

L'histoire est classique de chez classique: une jeune top-modèle, belle et riche évidemment, est retrouvée morte, 5 étages plus bas que chez elle, gisant sur la neige du trottoir. La police conclut à un suicide, mais son frère croit en un meurtre et engage, trois mois plus tard, un détective privé pour faire la lumière sur les événements.

Et c'est là que ça me plait. L'intrigue n'est pas extraordinaire, quoique je n'aie pas vu venir la fin (enfin presque), mais le détective est un gros looser comme je les affectionne tant.

Vilain, poilu, unijambiste, pauvre, malade, traumatisé, seul au monde et à l'hygiène douteuse, Cormoran Strike c'est THE anti-héros et enquêteur poissard du XXIe siècle. Tout de suite, il m'a plu avec son moignon qui s'infecte, sa femme qui l'abandonne, son père qui ne l'a pas reconnu, son lit de camp dégoutant et ses dettes énormes (J-K arrive quand même à lui faire passer une nuit torride avec une fille sublime, j'ai essayé de ne pas trop visualiser non plus ...)

Et puis il y a Robin, la jeune assistante efficace, jolie, humble et un peu geek (celle qu'on aimerait être dans un autre vie)...je sais, je sais, on est au fond du cliché, mais que voulez-vous ça marche. Parce que J-K Galbraith sait manier la profusion de détails, la description des ambiances et des atmosphères, parce qu'elle déteste le genre humain et que ça se sent quand même dans son policier (et moi j'aime les gens qui n'aiment pas les autres).

L'enquête se déroule dans  le milieu bling-bling londonien (dans lequel je me suis sentie plus à l'aise que dans le petit village d'Une Place à prendre - sûrement parce que je me suis moins sentie visée).

Cette fois, ce sont des people qu'on croise dans des restaurants archi-branchés, des immeubles de grand standing, des forteresses du glamour....Punaise que j'aime rencontrer des mannequins jaloux, de riches hommes d'affaires infidèles, des créateurs névrosés, des producteurs violents et obsédés, des beaux gosses camés, des poupées cocaïnomanes,  des crève-la-faim menteurs et voleurs, des miséreux prêts à tout, des faux amis, des moches, des stars du rap, des avocats véreux, des mères cancéreuses, des histoires de famille dégoutantes ...

Absolument tout le monde se fait écorcher, et pour qui n'est pas trop sociable, c'est un régal. Personne (à part la jolie Robin et l'affreux Cormoran) n'a vraiment de qualité, tout le monde ment, triche, vole...

Ce n'est pas un chef d'oeuvre, ce n'est pas à la hauteur d'Harry Potter (J-K est bien meilleure dans l'imaginaire), mais je l'ai lu avec plaisir, contente de m'y replonger, joyeuse et détendue.


Il semblerait que ce soit le premier tome d'une série, ce qui est une excellente nouvelle puisque Robert Rowling  écrit à l'endurance et s'améliore à mesure qu'elle creuse ses personnages et ses mondes.

Lecture commune avec Valérie et Mrs B (leaders respectifs des clans Lady Hunt et Madame K, qui l'ont écouté en audio, l'occasion pour nous de voir si elles sont d'accord...suspens quand tu nous tiens)

Participation pour le challenge de Liliba.


lundi 26 novembre 2012

Un village moldu

Comment ne pas lire le livre pour adulte de celle qui inventa Harry Potter? Celle qui a imaginé cette géniale école Poudlard ne pouvait pas ne pas me séduire une fois encore. Elle manie si bien les symboles et le second degré.

J.K. Rowling, Une Place à prendre, Grasset, 2012, 679 p.
La traduction exacte de The Casual vacancy aurait du être plus proche "d'un poste à pourvoir" ou d'une "vacation fortuite". Une Place à prendre suggère même une certaine légèreté. Que Nenni ! C'est un livre d'une étonnante noirceur.

L'histoire débute par le décès brutal d'un certain Barry Fairbrother, membre du conseil paroissial du petit village de Pagford, au Sud-Ouest de l'Angleterre. Comme son nom l'indique, le conseiller Fairbrother défendait la veuve et l'orphelin des Champs, cité pagfordienne qui ressemble à toutes les banlieues négligées. Contrairement à ceux qui rejetaient le quartier "social", Fairbrother défendait et tentait de maintenir le centre de désintoxication des Champs. Son décès, et la place de conseiller qu'il libère, remettent donc en cause l'équilibre du conseil paroissial.   

J.K. Rowling amorce son roman comme un épisode de l'Inspecteur Barnaby et on se prend à aimer cette curiosité malsaine des petites communautés après le décès d'un des leurs. Elle le poursuit ensuite façon Ken Loach...So British. Sauf qu'il manque un peu d'humour, de tendresse, de solidarité et d'affection dans cette peinture sociale.

Mais loin d'être un roman qui revisiterait la lutte des classes, il s'agit plutôt d'une lutte des sexes. Les hommes agissent, les femmes subissent dans Une Place à prendre.

Dans les rôles masculins, pas de  bienveillant Dumbledore, ni d'un tourmenté au grand coeur comme Sirius Black, pas non plus de démon maléfique à la Lord Voldemort. Rien de tout cela. Juste des hommes laids d'apparence et minables d'âme. On découvre Howard, obèse libidineux, qui pense que le trou qui lui sert de village est le centre de l'univers. Simon, employé cupide et menteur,  cogne régulièrement sa femme et ses fils pour soulager ses nerfs. Miles, un vieux beau bedonnant à l'intelligence limitée, ne doute toujours pas de son charme. Colin, proviseur paranoïaque  lutte tous les jours contre ses tendances pédophiles tandis que Gavin, éternel lâche de 30 ans, n'a plus aucune chance de réussir sa vie sentimentale ni sa vie tout court.  Une part belle est laissée aux adolescents mâles avec Fats et Andrews, qui, en  attendant leur dépucelage, fument des joints et harcèlent leurs camarades. Le seul auquel on pourrait éventuellement s'attacher est le petit Robbie, garçonnet de trois ans, pas encore propre, qui ne maîtrise toujours pas le langage, qui a déjà touché la laideur du monde, mais dont on espère malgré tout qu'il sera épargné. 


Chez les femmes, ce n'est guère plus réjouissant. Pas d'Hermione surdouée, pas de Mme Weasley qui tienne une maison chaleureuse, désordonnée et réconfortante. Les femmes du roman, Samantha, Tessa, Maureen ou Shirley, souffrent toutes d'un physique ingrat et d'un dévouement inquiétant à leur moitié. Il y a bien Kay, une assistante sociale, plus ou moins féministe, qui tente de rester fidèle à ses idéaux mais qui ne parvient pas à garder un homme. Parminder, médecin généraliste brillant, pourrait presque nous redonner espoir si elle faisait autre chose qu'humilier sa fille. Je passe sur Terri la droguée qui se prostitue pour acheter de l'héroïne tandis que sa fille Krystal, banlieusarde cabossée au vocabulaire réduit, pleure le défunt (on suit la vie sexuelle -consentie ou non- dans le détail le plus cru).Terminons sur Sukhvinder, souffre-douleur du lycée, qui plie sous les poids du complexe et du désespoir, et qui se scarifie les bras à la nuit tombée. J.K Rowling a choisi d'en  faire l'héroïne de la fin du roman.

Le plus étonnant est que la fin ne répond pas au début : le drame final, glauque, serait sans doute advenu sans la mort de Fairbrother. C'est la victoire du déterminisme social et matrimonial : les pauvres n'ont aucune chance de s'en sortir, ni les mal-mariées d'avoir une autre vie. 

Certes, les sentiments humains sont remarquablement abordés, l'auteur décortique tout ce qui interfère dans les émotions et les agissements de chacun. En cela, bien sûr c'est assez brillant. Disséquer à ce point ce qui fonde les rapports humains est toujours agréable à lire. Et on ne peut pas dire qu'on s'ennuie parce qu'on brûle de connaître la fin.

Mais rien de ce roman ne permet de croire dans l'être humain: des foyers malheureux et sans amour, des mariages qui dégringolent, des amitiés qui n'en ont que le nom. Un livre sur la cruauté ordinaire finalement. Il n'y a pas entre tous ces personnages ce petit supplément d'âme qui pourrait nous les rendre attachants. On lit, un peu navré quand même, les manoeuvres des uns et la chute des autres. Le beau Vikram qui plaisante avec ses enfants est tenu à distance du roman. J.K. Rowling dénonce un monde moche et égoïste.
Ce livre n'est pas seulement triste, il est désespérant. Quand on le referme, surtout au mois de novembre, on a besoin d'être avec les siens, d'observer ses enfants, de marcher au bord de la mer.  Hier après-midi j'avais besoin de me dire que la vie n'est pas aussi sinistre que l'écrit J.K.Rowling. 

Je me doutais depuis longtemps que la créatrice d'Harry Potter avait peu de foi dans le genre humain et moldu. Je m'attendais quand même à davantage d'espoir.

Aux vues de mes deux dernières semaines, je pense maintenant me retourner vers les valeurs sûres pour me requinquer avant Noël. 

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