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J-K Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers
Folio Junior, 1998, 302 p. |
Harry Potter est notre livre familial. Nous l'avons tous lu plusieurs fois, même Boucle d'Or l' écoute en CD, lu par Bernard Giraudeau.
Rayures a son interprétation d'Harry Potter, l'Homme aussi, mais vu qu'ici on est chez moi, c'est moi qui vais parler aujourd'hui du premier tome.
L'école des sorciers est loin d'être le meilleur des sept volumes, mais bon, autant commencer par le premier opus, quand Harry, neveu malheureux d'une famille normale (et qui compte bien le rester ad vitam) reçoit une lettre de l'école Poudlard pour l'informer qu'il a des pouvoirs magiques et qu'il peut intégrer cette prestigieuse maison d'enseignement connue du monde sorcier mais ignoré du monde mordu (normal).
"Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu'ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux". (incipit)
Autant dire tout de suite, que j'ai toujours pensé que J-K avait voulu avec Poudlard et les enfants sorciers nous parler en fait des enfants différents qui ne trouvent pas leur place dans le monde "normal". Je dirais même que pour moi, l'histoire d'Harry Potter, c'est celle d'un enfant surdoué (doué de pouvoirs exceptionnels) qui ne découvre son identité profonde et réelle qu'à 11 ans, quand il se rend compte que finalement, il existe un autre univers qui n'est pas "normal" au sens ou l'entend sa tante, mais dans lequel il est quelqu'un d'important et qui compte. Il y a finalement cette question de l'image de soi : Harry est un souffre douleur dans le monde moldu mais c'est un héros chez les sorciers.
Harry Potter c'est la revanche des enfants différents et bousculés par les autres, c'est une ode à l'anormalité et une critique hyper sévère de notre monde (punaise, je connais plein de Dursley qui dégouteraient n'importe qui d'avoir des enfants). Et puis, il y a cette blessure, celle qui n'a pas tué donc qui a rendu Harry plus fort et qui est la marque de son exceptionnalité.
Mais J-K Rowling va encore plus loin. Elle parle à des enfants de 10 ans (puisque ça s'adresse à eux le 1er tome), du libre-arbitre.
Les pouvoirs magique, c'est comme l'intelligence, cela relève de l'inné, on l'a ou on n e l'a pas. Mais si on l'a, qu'est ce qu'on en fait? La cérémonie du choixpeau est de ce point de vue merveilleuse. Dans quelle maison ira Harry, seul enfermé dans ce chapeau magique : Griffondor les valeureux, ou chez Serpentard les ambigus? J-K pose la question de ce que chacun veut être et veut faire de son pouvoir.
Et puis il y a cette galerie de personnages merveilleux de sorciers, : Hermione (fille de moldus) l'hyperscolaire travailleuse qui exaspère tout le monde, Ron le maladroit malchanceux (Rayures a une passion pour Ron qu'elle trouve drolissime), Rogue l'éternel adversaire loyal, Malefoy le veule, Neville qui aura besoin de 7 volumes pour découvrir sa valeur, Dumbledore le sage, Mc Gonagall la sévère bienveillante, et toute la série des menteurs toquards (les professeurs de la lutte contre les forces du mal) qui se font passer pour autre choses que ce qu'ils sont en réalité, sans oublier les méchants, nécessaires bras armés du Mal absolu: Voldemort.
Rowling est géniale parce que les 7 volumes ont leur germes dans le premier, elle avait tout imaginé d'avance. Elle n'est pas manichéenne Rowling, elle parle déjà du racisme à de très jeunes enfants, quand elle évoque ces sorciers au sang-pur qui ne peuvent être souillés par le contact des sangs mêlés (tome 6), elle parle de la pauvreté à sa manière avec la famille Weasley. Elle apprendra dans les tomes suivants ce que c'est que résister (avec l'Ordre du Phénix), de s'organiser dans l'ombre...punaise, elle est géniale.
Et tellement imaginative!
Elle intègre brillamment des trolls (dont celui qui scelle l'amitié entre Ron et Hermione), des stars du Quidditch, des bébés dragons interdits mais présents, avec une bibliothèque ahurissante, un château absolument magnifique et labyrinthique, avec un concierge inquiétant, une cape d'invisibilité et des autorisations de sorties, des hiboux voyageurs et des friandises surprises, un arbre qui cogne et des voitures qui volent, des photos qui bougent, un miroir du désir...bref tout un monde génial et cohérent à côté duquel on ne peut pas passer...
Harry Potter est le seul livre sur lequel je manque très clairement de tolérance, pourtant il m'aura fallu les hormones de grossesse pour pouvoir le lire (puisque je trouvais cela assez nul à la base), je trouve qu'il devrait être enseigné au collège, parce qu'il est bien traduit, qu'il est drôle, qu'il est complet, que tout est beau et juste et tellement fin...et terriblement actuel ...
PS: j'avais oublié que la lecture commune était aujourd'hui, il est 6h38, je n'ai pas le temps de mettre tous les liens, je ne sais plus qui sont les participants de la lecture commune, je ne vais pas pouvoir corriger toutes mes fautes, ni de mettre en ordre ce billet foutraque. Mais, bon, je pense que l'idée générale est quand même claire....