Affichage des articles dont le libellé est Fitzgerald F-Scott. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Fitzgerald F-Scott. Afficher tous les articles

dimanche 30 juillet 2017

Ecrivains de papier

Toujours à la pointe de la branchitude, je me suis dit que publier un billet, le dernier dimanche de juillet, LE jour du chassé-croisé des juilletistes et des aoûtiens, alors que personne n'allume son ordinateur parce que tout le monde est dans sa voiture, c'était la garantie de développer les audiences de mon blog balbutiant. D'autant qu'avec une publication tous les deux mois, je pense pouvoir dire sans me vanter, que je suis virtuellement plutôt active.

Je présente évidemment mes excuses pour la qualité tout à fait relative de cette vidéo. Se lancer dans un projet de ce genre après un Festival du livre, à la limite, ça a du sens, parce qu'on croule sous les images; alors que là, honnêtement pour illustrer j'ai eu un peu de mal. Le résultat est donc légèrement atypique et approximatif.

A mi-chemin entre la chronique littéraire, les photos de mes non-vacances, et les instants familiaux pris sur le vif, je tente de vous parler de deux livres: L'Ecrivain national de Serge Joncour, et Derniers feux sur Sunset de Stewart O'Nan. C'est imparfait, laborieux et désordonné, je m'aperçois que j'ai de sacrés tics de langage (moi qui il y a bien longtemps me moquais d'une auteur de LGL qui répétait tout le même mot, espérons qu'elle ne tombera pas sur cette vidéo - "finalement" n'est pas pire que "voilà"). Mais à la limite en publiant aujourd'hui, je ne prends pas vraiment de risques quant à ma réputation. J'espère m'améliorer pour les prochaines fois (vu mon rythme actuel: vers octobre à mon avis)

Bref, j'avais envie de parler des écrivains dans les romans, de ceux qui ont vraiment existé (ou qui existent toujours d'ailleurs) et qu'on parachute au coeur d'une histoire.


Très beau mois d'août à tous

dimanche 22 décembre 2013

Fitzgerald le désenchanté

Liliane Kerjan, Fitzgerald le désenchanté
Albin Michel, 2013, 315 p.
Me revoilà, entre deux courses où je me ruine pour Noël, l'organisation du réveillon, les péripéties familiales traditionnelles de la fin d'année...me revoilà, pleine de mauvaise foi et d'aigreur...bref, fidèle à moi-même.

Aspho m'a convertie l'an dernier aux Fitz, alors quand ELLE m'a envoyé la biographie de Liliane Kerjan sur Scott, forcément, je me suis mise en mode automatique.

La bio de Scott Fitzgerald est d’une lecture agréable, de facture classique et d’un déroulement linéaire. Certes, on a un peu l’impression de lire un mémoire universitaire, tant le style et la typographie sont académiques, mais cela a le mérite de la clarté. 

C’est indéniablement agréable de parcourir la vie de Scott Fitzgerald, dans cette période de l’entre-deux-guerres que j’affectionne particulièrement. 
L’ambiance des universités, des fêtes, des nuits américaine et parisienne en passant par les plages de la côte d’Azur, est plaisamment restituée. J’ai eu un plaisir particulier à me replonger dans le microcosme des artistes américains expatriés à Paris dans les années 1920. Cela m’a rappelé le Madame Hemingway de Mc Laine

Je me suis plu à lire ou relire des extraits de l’œuvre de Fitz ou de sa correspondance, je me suis même dit que le couple avait quelque chose des « héros » des Real-TV de notre époque avec cette recherche effrénée de notoriété immédiate et d’argent facile…à cette différence fondamentale qu’ils y mettaient de l’art, du talent et de beau. Ce qui est aujourd’hui vulgaire était alors glamour.

Mon souci, c’est le parti-pris de Liliane Kerjan. 

Pour elle, Fitzgerald est un génie qui a eu la malchance d’épouser une Zelda qui a étouffé son talent, parce qu’elle était malade et cupide, parce qu’il lui fallait une vie de luxe, de passion et d’ivresse. Zelda est présentée comme la dominante malveillante du couple, qui empêche, presque coûte que coûte, Scott de se réaliser. Et cela m'a dérangée. 

Zelda et ses talents sont expédiés en trois phrases, artiste versatile, danseuse trop vieille, passant d’une lubie à une autre, sans but véritable. Le talent littéraire éventuel de Zelda n’est même pas envisagé par l’auteur. Elle irait même jusqu’à penser que Scott fait l’insigne honneur à sa femme de publier ses textes sous leurs deux noms, elle qui souhaitait s’en faire un. Il lui aurait presque rendu service !

A aucun moment Liliane Kerjan n’a, ne serait-ce que supposé, que Fitzgerald s’est détruit tout seul, qu’il aurait pu entraîner Zelda dans sa chute et que peut-être cela aurait pu être lui qui aurait empêché Zelda d’exprimer ses talents. L’hostilité que l’auteur ressent pour la femme de Fitz est manifeste. 

Je suppose que c’est parce qu’elle aime profondément Fitzgerald (ce que je peux comprendre). Mais j’aurais aimé que, dans cette biographie, il n’y ait pas qu’une seule voix (l’essentiel des sources reposent sur « Un livre à soi »), j’aurais aimé un croisement des points de vue, des formulations d’hypothèses. Elle ne parle à aucun moment des relations très « fusionnelles » de Scott avec ses camarades masculins, relations qui rendaient Zelda malade (dans tous les sens du terme). Pareillement, ses passades amoureuses seraient presque à porter à son crédit. Liliane Kerjan évoque à peine un élément pourtant fondamental de la vie du couple : la folle passion entre Zelda et l’aviateur français. L’alcoolisme intermittent mais réel de Scott est cité, mais l’état déplorable dans lequel il se mettait n’est jamais mis en avant.

L’argent est au cœur de tout leur monde, mais probablement pas davantage pour Zelda que pour Scott. Les rêves de fortune appartiennent autant à l’une qu’à l’autre. Zelda est constamment présentée comme une entrave…elle a aussi été une muse, qu’aurait été Tendre est la nuit sans elle ? Comme Scott, Kerjan botte en touche : il se serait ruiné et rendu alcoolique uniquement à cause de Zelda.

Malgré tout, Liliane Kerjan décrit très bien la fin de vie de Scott, sa déchéance privée et publique, sa misère. La scène de trahison d'un journaliste le présentant comme une épave est assez poignante (p.250). 

Je me demande si dans cette histoire, on n'est pas contraint de choisir son camp entre Zelda et Scott, Liliane Kerjan a choisi celui de Scott, en s’appuyant sur le merveilleux héritage littéraire qu'il a laissé (elle cite  même Murakami pour qui il demeure un maître). Je laisse ma chère Aspho trancher dans le vif et j'intègre ce billet à son challenge Fitz et les enfants du jazz, ainsi qu'au rendez-vous non-fiction de Maryline (actuellement en plein déménagement virtuel).


De toutes manières, j’ai toujours préféré les écrivains aux hommes. Je préfère donc Fitzgerald à Scott. Je continuerai à défendre Zelda contre la légende de son mari (ma tenue de réveillon atteste de mon soutien)...

MAIS je ne peux que me joindre aux louanges tressés à l’auteur merveilleux de Tendre est la nuit et de Gatsby le magnifique. 

PS: par soucis d'honnêteté, je précise que je suis l'une des seules jurées à être aussi sévère, mes copines l'ont beaucoup aimé, je vous laisse aller lire les avis chez Madame bouquine, Bianca, Valérie, Coralie, Eva, Mior, Fleur-Fleur...et d'autres (mais je n'ai pris que les 2 premières pages de google)

lundi 21 janvier 2013

Tendre est la nuit

Scott et Zelda Fitzgerald ont une importance toute particulière pour les Azuréens. Ce sont eux qui ont initié les vacances estivales sur les rives de la Baie des Anges, la diktat du bronzage, la joie de se faire cuire sous la canicule (tout ce qui est encore pour moi totalement incompréhensible).

Francis Scott Fitzgerald, Tendre est la nuit, 1934
Livre de Poche, Paris, 2012, 415 p.
Tendre est la nuit commence et finit sur les plages de Juan les Pins juste avant le crash de 1929, entre les deux il fait un tour d'Europe de Paris à Lausanne . C'est l'histoire d'un couple qui, approchant la quarantaine, voit son mariage sombrer. Mais aucun risque de s'identifier à eux, puisque Dick et Nicole Diver sont tout sauf représentatifs du commun des mortels. Nicole est une riche rentière schizophrène, d'une beauté à couper le souffle, et Dick un psychiatre brillant qui se laisse petit à petit, séduire par une actrice à peine sortie de l'enfance et rattraper par ses démons.

Tendre est la nuit parle de la maladie mentale, de la bipolarité encore mal identifiée dans ce XXe siècle naissant, qui touche Nicole. Le roman déconstruit les conséquences psychologiques d'un évènement dramatique et fondateur du mal absolu. Le médecin épouse sa patiente, et du statut de soignant, de béquille et de pilier il devient celui qui plie et qui se perd. Mais le roman parle également de l'oisiveté néfaste de cette génération américaine qui se perd dans le luxe et l'alcool.

Bien sûr, c'est ce qu'on appellerait aujourd'hui un "roman vrai" presque autobiographique, les personnages ressemblent beaucoup à Scott et Zelda. Mais Nicole est moins volage que son modèle, plus amoureuse, moins déloyale avec son mari, elle a une très bonne raison d'être malade. Fitzgerald lui choisit un destin épargné. En revanche, il se croque à travers les traits de Dick, et j'ai encore été fascinée par ce roman prémonitoire et annonciateur dont la décadence du personnage annonce la terrible fin de son auteur. L'histoire finalement d'un jeune homme flamboyant qui manque sciemment le rendez-vous de son avenir et qui se suicide socialement. 

Tendre est la nuit me parle aussi un peu d'une région à l'époque où j'aurais aimé y vivre, entre les deux guerres mondiales, celle des plages brûlantes désertées par les Anglais et les Russes, au bord desquelles les hôtels fermaient à la saison chaude. Fitzgerald dépeint cette période où la Côte d'Azur amorce un virage qui modifiera considérablement son image et son paysage. J'ai été émue de voir Dick, à la fin du roman, regarder une plage qui avait été la sienne, une plage qu'il avait aménagée pour lui et les siens, envahie des familles anglaises et de jeunes gens en vacance. Une plage qu'il perd en même temps que sa femme. La nuit est tellement tendre qu'il s'y enfonce mollement et n'en sortira plus. 

Ce roman a été écrit il y a plus de 80 ans, mais il est confondant de justesse et de désespoir. J'aurais aimé comprendre suffisamment bien l'anglais pour le lire dans sa version originale, tellement il m'a touchée. Il nous renvoie toujours à cette fameuse ligne indépassable qui sépare la vie qu'on choisit de celle qui nous échappe et nous détruit. 

 
Je suis tellement enthousiaste que je vais enchaîner sur Gatsby le Magnifique qui ne m'avait jusqu'à présent jamais franchement tentée. J'aime décidément les histoires de destin brisé qui appartiennent à un autre temps.

Edit de 14h36: ce billet est finalement une contribution au challenge Fitzgerald et les enfants du Jazz chez Asphodèle qui m'accueille en dernière minute...

La Quadrature des Gueux : Le sens de la fête

Nouveau point d'étape de la quarantaine : le sens de la fête.  Que reste-t-il de nous quand il s'agit de faire la fête ? Je parle d...