Je continue mon expérimentation digitale en publiant des billets quand il n'y a personne pour les lire. Je me suis dit que le week-end du 15 août (bientôt la Saint-Galéa #jdcJdr), quand tout le monde (même mes propres enfants) partent, reviennent ou sont encore en vacances, c'était vraiment une bonne date pour exister sur la Toile.
Donc, j'ai lu Plonger, sous des températures indécentes, en binôme avec une célèbre non-blogueuse avec laquelle j'ai comparé ma lecture, nous n'étions pas toujours d'accord sur Paz, et c'était vraiment chouette de se contrecarrer nos arguments via messenger (heureusement qu'on a renoncé à la politique toutes les deux).
Au même moment, Rayures a attaqué une crise d'adolescence force 7 qui la fait osciller entre Che Gevara et Pierrot de la Lune. Elle oublie de mettre des chaussures pour sortir mais lui demander de vider le lave-vaisselle peut déclencher une révolution dans le foyer, entraîner des hurlements à l'injustice, voire une baston avec sa soeur. Numérobis n'est d'ailleurs pas en reste pour nous laisser pantois, puisqu'elle nous a très sérieusement annoncé qu'après réflexion elle comptait devenir prof d'art plastique à Vichy quand elle serait adulte. Vu qu'elle fait 5h de danse et 3h de musique par semaine, à 600 km des berges de l'Allier, forcément, on s'est demandé si ces activités (qui font de moi un esclave-taxi) étaient bien cohérentes avec ses projets futurs, elle nous a répondu "chaque chose en son temps". Ok. Mais tout ne serait pas totalement formidable sans l'évolution du tempérament de Duracell, qui pour son jeune âge, présente des facultés d'imagination hors du commun quand il s'agit de ne pas dormir. Nos soirées sont donc égrenées de longues heures de chantage/menace/renoncement/acrobaties/ pour la faire rester dans son lit. Vu qu'elle ne parle pas du tout (à part "maman" quand elle a faim, et "non" pour tous les autres cas de figure) bien sûr la communication est relativement restreinte. En revanche, elle tape et mord très bien (à la crèche je suis officiellemment la mère du caïd du service des bébés - la base quoi).
Sinon l'Homme a eu 40 ans, mais c'est moi qui ai fait ma crise du milieu de vie (dans le meilleurs des cas évidemment). Du coup, on s'est dit que c'était le bon moment pour vider notre ancien appartement encombré de tous nos souvenirs. Retrouver les photos argentiques de nos 20 ans (punaise ça pique), des cartes postales des années 90 (dont on ne se souvient pas toujours des expéditeurs), des factures EDF de 2001 (ne rien jeter, jamais) et le plan de table de mon mariage (trop tard), c'est juste délicieux, excellent pour le moral, et pratique quand on n'a déjà pas assez de place dans le nouvel appartement.
Bref, tout ça pour dire que j'ai lu Plonger et que j'ai bien fait.
Toujours à la pointe de la branchitude, je me suis dit que publier un billet, le dernier dimanche de juillet, LE jour du chassé-croisé des juilletistes et des aoûtiens, alors que personne n'allume son ordinateur parce que tout le monde est dans sa voiture, c'était la garantie de développer les audiences de mon blog balbutiant. D'autant qu'avec une publication tous les deux mois, je pense pouvoir dire sans me vanter, que je suis virtuellement plutôt active.
Je présente évidemment mes excuses pour la qualité tout à fait relative de cette vidéo. Se lancer dans un projet de ce genre après un Festival du livre, à la limite, ça a du sens, parce qu'on croule sous les images; alors que là, honnêtement pour illustrer j'ai eu un peu de mal. Le résultat est donc légèrement atypique et approximatif.
A mi-chemin entre la chronique littéraire, les photos de mes non-vacances, et les instants familiaux pris sur le vif, je tente de vous parler de deux livres: L'Ecrivain national de Serge Joncour, et Derniers feux sur Sunset de Stewart O'Nan. C'est imparfait, laborieux et désordonné, je m'aperçois que j'ai de sacrés tics de langage (moi qui il y a bien longtemps me moquais d'une auteur de LGL qui répétait tout le même mot, espérons qu'elle ne tombera pas sur cette vidéo - "finalement" n'est pas pire que "voilà"). Mais à la limite en publiant aujourd'hui, je ne prends pas vraiment de risques quant à ma réputation. J'espère m'améliorer pour les prochaines fois (vu mon rythme actuel: vers octobre à mon avis)
Bref, j'avais envie de parler des écrivains dans les romans, de ceux qui ont vraiment existé (ou qui existent toujours d'ailleurs) et qu'on parachute au coeur d'une histoire.
Parce qu'à un moment, vraiment, on a besoin de se raccorder au monde virtuel, parce que Galéa est aussi nettement plus fun que moi au final, et surtout parce que j'aimerais avoir l'impression de reprendre un minimum le contrôle, je reviens.
Il me fallait une bonne raison, et le Festival du Livre en était une, ça permet de boucler la boucle avec mon dernier billet au final.
Enfin j'essaie de revenir, avec un nouveau format, j'avais envie d'images et de musiques (je vous rassure, vu ce que je me suis mangée dans la figure depuis la naissance de my Third, je ne risque pas de faire une vidéo face caméra).
Techniquement c'est moyen, j'ai fait au mieux mais c'est amateur, je ne maîtrise pas encore bien ce média (je vais bosser c'est promis), en attendant je compte sur votre indulgence.
Et merci encore à ceux qui seront toujours là un an après...
(dès demain, je reprends le chemin des blogs et des réponses aux commentaires).
Il y a eu aussi ceux qui ont envoyé leur photo trop tard, ceux qui n'ont pas pu la faire pour raison de santé, ceux qui ne s'y sentaient pas légitimes, ceux qui avaient tout donné le 11 janvier, ceux qui ne l'ont pas su à temps, ceux qui m'ont écoutée geindre et me plaindre...merci aussi à eux, parce qu'au fond, nous sommes bien plus de 33 à avoir conscience que quelque chose a changé.
J'ai ouvert mon blog quand j'ai recommencé à courir.
Et je me suis aperçue que nous étions quelques unes à lire, bloguer et courir...finalement.
Et puis une idée farfelue en entraînant une autre, un jour je me suis dit que ce serait bien, en ces temps d'indéniables tensions virtuelles et réelles, de faire une petite vidéo potache des lectrices-blogueuses-coureuses...un tout petit moment consensuel en quelques sortes, avec un Miossec qui toujours me procure mon petit frisson armoricain...
Elles sont 8 à avoir répondu à l'appel, 7 blogueuses plus une commentatrice, 8 filles vraiment très différentes, qui ont renoncé à une part de leur dignité pour se filmer en courant, là où on n'est VRAIMENT pas en valeur du tout. Et si on se force à sourire, on a bien conscience qu'on n'est pas totalement avantagées par l'image qui bouge, la sueur qui dégouline, le cheveu qui frise, la peau qui rougit...Bref, on pourra pas nous accuser de donner une image trop flatteuse de nous-mêmes (et je n'ai gardé que les plans les plus avantageux).
Il y a des anciennes sportives de haut niveau, les fumeuses (enfin une en tous les cas), des escrimeuses (une en tous les cas), des filles au régime, des marathoniennes passées et en devenir. Elles n'ont pas la même vie, le même âge, le même nombre d'enfants, et à mon avis pas les mêmes opinions politiques ni religieuses.
Il y a celle qui courent beaucoup, et celles qui courent en dilettante; les joggueuses qui sortent par goût de la solitude, d'autres qui ont besoin d'organiser ça avec d'autres; celles qui ont des objectifs à tenir, d'autres qui ne visent que 10KM par semaine, celles qui sortent même quand il neige et d'autres qui hésitent quand il pleut trois gouttes, celles qui ne courent jamais sans leur gourde, et d'autres qui ont besoin d'un casquette, celles qui revendiquent un esprit de compétition et d'autres qui y ont renoncé il y a longtemps ...
Ce que je veux dire c'est que personne ne court de la même manière ni pour les mêmes raisons, mais sur les parcours, il y a de la place pour tout le monde et pour toutes les foulées.
Ce qui compte c'est d'avoir gardé l'esprit du sport : mesurer ses forces, repousser ses limites, se forcer au fairplay, saluer la beauté d'une performance et avoir de l'humilité devant ses objectifs*.
J'en profite pour rappeler que cette année, Sophie organise son marathon solidaire. Sophie, c'est des jambes de gazelle, une volonté de fer et une plume splendide. Personne jusqu'à présent n'a mieux décrit les sorties du dimanche qu'elle. J'ai la chance de la compter parmi mes amies et de soutenir son projet (à mon petit niveau), je vous laisse aller découvrir son blog éphémère.
Merci donc à elle.
Merci aussi à mon autre Sophie, la lectrice de la maison rose (toujours partante pour un verre de rosé),
- à ma collègue-jurée Elle 2014 Enna, et à Sandrine qui était presque jurée avec nous l'an dernier
- à Malika qui nous a rejointes sur la dernière ligne droite,
-à Attila, qu'on ne présente plus, mais qui (quand elle ne se dispute pas avec les gens) apporte beaucoup aux blogs littéraires, sans jamais ouvrir le sien.
- et à Mrs B, qui même après avoir quitté la blogo a eu la gentillesse de prêter son image ici ;-)
Merci les filles de m'avoir permis de réaliser (le terme est un peu fort peut-être) ce film techniquement contestable, esthétiquement médiocre mais, je l'espère, bloquesquement fédérateur.
Les réponses à la question de Miossec "après quoi courent les joggers le dimanche" et dans ce chef d'oeuvre du 7ème art (dont je ne suis pas certaine d'assumer la paternité très longtemps).
Note: ne le mettez pas en grand écran, l'image bouge tellement que ça peut donner le mal de mer (moi j'étais limite tout l'après-midi).
*Ceux qui penseraient que je ne parle pas que de course ici auront sans doute raison.