Affichage des articles dont le libellé est Frappat Hélène. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Frappat Hélène. Afficher tous les articles

mardi 8 octobre 2013

Lady Hunt

Hélène Frappat, Lady Hunt
Actes Sud, 2013, (318 p.)
A cause du Lady dans le titre, j'ai fait, dans mon dernier billet, un rapprochement mal inspiré entre Lady Hunt et Domwnton Abbey (qui restent néanmoins deux valeurs sûres de mon point de vue de jeune vieille ringarde). 


Lady Hunt, est typiquement le genre de livre dont on pourrait tirer plein de dissertations, de remarques, de recoupements, tellement il est riche. Mais ça gâcherait l'ensemble. Donc, en trois mots, Hélène Frappat raconte l'histoire d'une fille, plus ou moins agent immobilier, dont la mère habite en Bretagne et la sœur à Londres, et qui rêve toutes les nuits d'une maison qui la hante. Je dois avouer que je n'avais pas été enthousiasmée par la prestation d'Hélène Frappat à la Grande Librairie, et je m'attendais à quelque chose de bizarre et assez glauque. 

Au final, Lady Hunt est mon favori de la sélection de décembre, je serais évidemment très en colère s'il ne passait pas, ce qui est probable parce qu'il nécessite certains pré-requis pour l'aimer vraiment.

D'abord, il faut partir du principe que les maisons ont une âme et surtout un histoire. Pour moi c'est une évidence (j'ai déjà cassé un compromis parce que je sentais un truc pas clair dans un appartement, l'Homme ne m'a plus adressé la parole pendant 3 jours...depuis ça va mieux merci). Déjà, si on est d'accord là-dessus, on part bien. Il est question de maison, de pierres et d'espace, avec un incipit à la Menderley de Rebecca. En plus, Hélène Frappat a eu le bon goût de ne faire référence qu'à  de très belles maisons normandes, d'appartements cossus du triangle d'or parisien ou d'hôtel particulier sur le Parc de la Tête d'Or. 

Ensuite, il faut accepter que certains enfants "différents" aient un don qui les rend un peu inquiétants. Bon là c'est pareil, si vous connaissez des gamins qui parlent à des gens qui n'existent pas, c'est mieux. Parce qu'il y a un petit garçon adorable dans cette histoire qui voit des choses que nous ignorons...Je ne veux pas trop en dire, mais j'ai été charmée par Arthur...

Après, il faut se mettre d'accord sur le fait que les familles transmettent, bon gré, mal gré, des histoires terribles, des héritages génétiques monstrueux, des non-dits, du lourd, du moche, de l'honteux. Rien de très original me direz-vous sauf que Lady Hunt c'est avant tout l'histoire d'une filiation. Lady Hunt désigne quelque chose de très précis (que je ne dévoilerai pas mais qui a un rapport avec n°13 dans Dr. House, pardon pour les références). Au delà de cela, Hélène Frappat nous parle d'une fratrie magnifique!

Enfin pour aimer Lady Hunt, il faut avoir le cœur un peu de l'autre côté de la Manche, un petit coin britannique dans la tête, parce que c'est un roman entre deux rives. Il est d'ailleurs préférable d'avoir un niveau d'anglais acceptable (ce qui n'est pas mon cas et qui prouve qu'on n'est pas obligé de réunir tous les critères), pour mesurer l'immense poésie de ce livre jalonné de vers en anglais. 

On est sensible ou pas aux atmosphères. Celle qu'a créée Frappat ici rassemble tout ce que j'aime : des maisons dans la brume, des hauteurs sous plafonds, des miroirs sans reflets, des enfants omniscients, des jardins, des lieux déserts, des gardiens-sages, des hortensias...et surtout la guérison des corps, des pierres et des esprits. 

Certains ont évoqué l'aspect fantastique du roman, je ne l'ai pas perçu comme cela, à moins que je sois tellement perchée que je ne m'en aperçoive plus. Lady Hunt a un côté à la fois intemporel et très moderne (il est question de téléphone, de photographie et de numérique). 

Et surtout, Hélène Frappat possède une très belle écriture, avec des phrases qu'on sait depuis toujours mais qu'on n'a jamais formulées :  "le dimanche, en fin d'après-midi, personne n'est sûr d'atteindre la nuit" (p.99).

Lady Hunt ne plaira pas à tous, mais les sensibilités qui l'aimeront l'auront lu comme une sorte de poème...

La Quadrature des Gueux : Le sens de la fête

Nouveau point d'étape de la quarantaine : le sens de la fête.  Que reste-t-il de nous quand il s'agit de faire la fête ? Je parle d...