jeudi 24 août 2017

Mon immersion dans le service d'addictologie #2

Je m'appelle Galéa, j'ai 38 ans, et je suis addict aux réseaux sociaux.
Abstinente depuis 7 jours. 

C'est jeudi, le jour où je purge ma peine virtuelle dans mon groupe de parole. J'ai, pour l'occasion, décidé d'adopter une nouvelle stratégie en prenant la posture de la fille qui a compris son erreur et qui est prête pour une vie sans réseau. Pour faire crédible, j'avais opté pour un look zen, genre méditation, pour paraître débarrassée de la superficialité du monde (pantalon en lin et chasuble blanche; l'Homme m'a demandé pourquoi on avait l'impression que j'étais en pyjama).

A 8h45, nous attendons devant la salle des pestiférés, c'est un peu gênant, car en temps normal, nous aurions tous eu le nez dans l'Iphone, les pouces en action, mais bon, sevrage oblige, nous étions obligés  de rester comme des imbéciles les bras ballants et l'oeil éteint. Du coup, j'ai allumé une cigarette, c'était une mauvaise idée bien sûr, j'aurais pu me douter qu'on ne peut pas fumer dans l'enceinte d'un hôpital, j'ai passé un sale moment avec l'infirmière en chef.

Notre gourou est arrivé pile à l'heure (on a tous nourri l'espoir pendant 10 minutes qu'il soit empêché , mais non). Des 15 "patients" que nous étions la dernière fois, nous ne sommes plus que 8 (qui déjà regrettons d'être revenus).

Le gourou nous salue chaleureusement un par un, un peu comme un homme politique en campagne, et nous dit que le programme  démarre vraiment aujourd'hui.  Il nous informe que la règle est maintenant au tutoiement (Quelle horreur! déjà à 20 ans, quand je travaillais chez Mc Do, je ne supportais pas cela), et qu'il s'appelle Jean-Charles (alors que nous étions convaincus qu'il s'appelait Rahan).


Nous déposons sagement nos portables dans la petite corbeille, la fille qui avait été punie la dernière fois, a ostensiblement mis ses deux téléphones dedans. Il nous fait passer les papiers d'admission définitive à remplir chez nous. Au début, j'ai cru que c'était comme un dossier de cantine, d'inscription à la danse, au conservatoire, à la crèche etc ... (nom, âge, profession, n° de sécu...), mais ensuite je me suis demandée franchement si je n'étais pas chez les fous, avec 4 pages de questions complètement ahurissantes du style : "une discussion sur l'un des RS vous a-t-elle, à une ou plusieurs reprises, fait ajourner une tâche domestique, sociale ou administrative?"  (je ne vois pas le rapport) ou la très sympa : "vos enfants (ou quiconque sous votre responsabilité) ont-ils déjà été en danger suite à un manque de vigilance de votre part dû à une trop grande attention portée aux RS ? (accident de la route, chute de fenêtre, empoisonnement par produits ménagers?), comme si mes filles avaient besoin de ça pour faire des choses dangereuses...genre avaler des agrafes. A un moment je me suis demandée s'il n'y avait pas une caméra cachée.

Jean-Charles (je ne me fais pas du tout à son prénom qui ne correspond pas à sa coiffure) commence par nous demander comment s'est passée cette première semaine sans RS. Nous avons tous le nez dans la trousse, c'est le geek-expert comptable qui a le malheur d'être interrogé (ce type me paraît trainer une poisse extraordinaire, je l'envisage maintenant comme un éventuel paratonnerre). Il s'appelle Thibault mais par respect pour son anonymat, je l'appellerai Thierry. Il nous raconte que le matin il est désorienté au réveil (pareil), luttant contre le réflexe d'aller voir où en sont ses tweets subversifs (petits rires étouffés), que sa pause-déjeuner a été franchement triste toute cette semaine, il s'est retrouvé à lire la presse régionale pour agrémenter son repas, il a appris par coeur la carte des bus en attendant le sien, et est maintenant obligé de regarder par la fenêtre pendant ses 20mn de trajet. Dès qu'il a un moment de pause, il se retrouve démuni (tellement vrai, mes cafés- clopes sont d'une tristesse). Il est en pleine déclaration de TVA, avant il faisait des pauses Facebook pour se détendre, maintenant il fait d'une traite toutes les saisies, ce qui rend son travail encore moins supportable (pareil quand je fais le repassage).

Nous hochons tous la tête en coeur, solidaires dans notre désoeuvrement profond.

Jean-Charles nous regarde visiblement satisfait (ce type me fait peur):

"Merci Thierry de ta grande honnêteté, le but était d'identifier quels étaient vos moments dans la journée consacrés aux RS. Nous allons donc pouvoir attaquer le premier exercice de ce programme. 

Posture à la Busnel, jeu de cheveux, inspiration profonde.

"Je vous demande de penser à l'Acariâtre (silence de stupéfaction) , réfléchissez et visualisez-le: son ton, ses posts, ses photos. C'est celui de vos amis qui inonde les RS de ses plaintes, de ses mortifications, celui qui se plaint de la météo, de ses petits bobos, de la SNCF, de son voisin, de la Poste, de ses collègues, du prix du contrôle technique, du manque d'amabilité de la boulangère, pensez à cette personne qui vous n'avez jamais réussi à dégager de vos amis , et que Galéa, dans son courage immense, a sans doute masqué à un moment". Je fais comme si je ne savais pas qui était Galéa,  et lui réponds qu'on est tous à un moment ou à un autre "l'Acariâtre" de quelqu'un (j'appuie bien sur le mot pour lui faire comprendre à quel point je trouve cette appellation ridicule). Il ne me répond tout simplement pas (là tout de suite, j'ai envie de tirer sur sa queue de cheval). 

Il enchaine sur l'Autosatisfait. Là nous avons tous des yeux de bovins, on situe mal de qui il parle, la fille de 27 ans (qui, la pauvre, s'appelle Paméla), lui dit qu'elle n'en a pas dans ses amis. "Vraiment Paméla, tu n'as pas dans tes amis celui ou celle qui essaie en permanence de convaincre tous ses réseaux qu'il a mieux réussi sa vie que les autres ? Oh vraiment? Cherche bien. Une vague copine, ou un ancien fiancé qui publie 10 fois par jour des preuves qu'il a fait les bons choix, qu'il adore ce qu'il fait, qu'il est sur un projet de malade, qu'il rencontre des gens formidables, qu'il est archi bien dans son nouvel appartement, que ses enfants sont vraiment épatants, dès qu'il croise quelqu'un, il fait une photo où ça rigole, il clame partout qu'il est en accord total avec son moi profond ?". J'ai un peu le sentiment que Jean-Charles est dans la caricature, c'est le problème des gens qui parlent de ce qu'il ne connaissent pas. 

Il faut que je quitte ce programme au plus vite (d'autant que forcément, d'exemples en exemples, on finit bien par reconnaître un  "autosatisfait" dans ses "amis").

Jean-Charles qui a du hésiter entre être acteur ou travailleur social, prend une voix de plus en plus profonde, genre hypnotiseur du pauvre, et conclut, "enfin pensez à l'Inutile. Celui qui ne sert à rien. Là encore, on le regarde tous un peu inquiets. Il me fixe avec insistance, ce que je trouve tout à fait déplacé. "L'Inutile ne sait pas qu'il l'est évidemment, il pense vraiment que sa vie est intéressante, il publie 10 selfies par jour, nous raconte à quelle heure il va faire ses courses, ce qu'il va manger ce soir, s'il change de marque de lessive, il vous l'expliquera avec toutes les raisons adjacentes, s'il se met (ou pire s'il se remet ) au sport, il postera une photo, un détail de ses performances et un commentaire, sans se rendre compte que tout le monde s'en moque. L'Inutile prend les formules de politesse pour des marques d'affection.  Réfléchissez bien à la petite exaspération, certes bien vite passée, quand vous tombez pour la troisième fois sur son post. Rappellez vous ce soupir intérieur, destiné à vous même, quand vous perdez un temps précieux à lire cela. L'Inutile vous faire perdre votre temps. Et grâce à ce programme vous serez bientôt débarrassés de lui ou d'elle". 

Vu la manière dont il me fixe, soit Jean-Charles est subitement tombé amoureux de moi, soit il tente une expérience d'hypnose (cela m'est déjà arrivée avec l'anesthésiste qui gérait l'accouchement de Numérobis ce n'est pas un bon souvenir), soit il veut me faire comprendre quelque chose, mais vraiment, je ne vois pas quoi. 

Une espèce de silence pesant accueille cet exercice.
Jean-Charles est un repenti des RS, j'en suis sûre maintenant

"Vous êtes à présent débarrassés d'eux pour l'Eternité (je suis au bord du malaise, j'ai peur qu'il y ait de la drogue dans mon jus de pomme). Je vous demande de penser à ce que cette semaine de sevrage vous a apporté: Galéa par exemple? Ta maison est-elle mieux tenue ? (je ne vois pas bien pourquoi c'est à moi qu'il pose cette question ?), Paméla? as tu une meilleure qualité de sommeil maintenant que tu ne passes plus tes soirées les yeux rivées à ton écran de téléphone? 

"Pour la semaine prochaine, je vous demande de noter sur un carnet, tout ce que vous avez fait à la place de surfer sur Facebook, Twitter, Instagram, etc.... en notant les heures. Pour améliorer votre sevrage et le rendre supportable, il y a plusieurs astuces: discuter avec des vrais gens qui sont à côté de vous, faire des mots croisés, parler avec votre conjoint, vos parents, ou vos enfants, vous lancer dans des tâches ménagères, tricoter, crocheter, coudre (là il fixe une dame née dans les années 50 qui soutient son regard avec défi), faire vous-mêmes la vidange de la voiture, voire, pour les plus courageux, lire un livre. Bonne chance à tous, à dans 15 jours". (moment de joie dans l'assistance de savoir que ce ne sera qu'une semaine sur deux qu'on s'infligera cela).

Je murmure à Jean-Charles, parce que ça me turlupine quand même, mais en essayant de conserver un minimum de dignité, "Si je m'étais débarrassée de l'Inutile,  de l'Acariâtre et de l'Autosatisfait, j'aurais pu rester sur les RS sans problème finalement". Mme-Années-50-Qui-Ne-Raffole-Pas-DU-Crochet
m'approuve.

"Le problème Galéa c'est que l'Inutile, l'Acariâtre et l'Autosatisfait ne le sont pas en permanence, ils sont parfois  pertinents, drôles et cultivés, on s'y attache, c'est sans doute pour ça que tu ne les as pas dégagés, alors qu'ils te ramollissent le cerveau autant qu'une publicité de TF1. 

"Et la vraie question que tu dois te poser c'est: es-tu sûre surtout de n'avoir jamais été aucun des trois pour personne?"

Fin de la première vraie séance, il est 10h du matin, trop tôt pour se saouler (quoique). Je suis à la limite de me passer L'envie d'avoir envie de Johnny.

Ce qu'il ne comprend pas Jean-Charles, c'est que même s'il y avait un petit peu de vrai dans tout cela, il n'en reste pas moins que mes joggings n'ont plus la même saveur qu'autrefois,  je rentre en boitant chez moi dans l'indifférence la plus totale, je ne peux plus "partager" mes petites anecdotes ni me plaindre qu'il fait trop chaud (à plusieurs reprises je me suis dit "tiens ça je vais le dire sur Facebook, ah non, c'est vrai je suis punie), et surtout je me retrouve sans nouvelle de personne: ni de ma copine qui est sur le point de repartir vers Paris, ni de celle qui enchaine les trails avec des temps hallucinants, je ne sais pas ce que mes amis blogueurs ont acheté en librairie, je ne peux plus suivre l'actualité des uns et des autres par Facebook, je suis en manque de photo d'enfants prêts, propres et coiffés pour la rentrée. Je veux voir des cartables, de retours bouchonnés sur l'autoroute, de nouveaux canapés dans les salons, je veux voir les paysages des Pouilles, le concert de Cali, et les photos de plats flous et moyennement appétissants, et surtout je loupe le début du concours de celui-qui-a-reçu-le-plus-de-SP. 

Je ne suis plus au courant de rien, vu que Twitter était ma seule source d'info (pas de journal TV chez nous, et pendant les rares flash info sur France Culture, j'en ai toujours une qui beugle, et vu que je ne suis pas bienveillante, en général on est plusieurs), je ne suis donc plus LivreHebdo ni ActuaLitté, je n'ai aucune idée de l'actualité des auteurs,  c'est par Messenger que j'ai appris l'attentat à Barcelone, tout comme le tremblement de terre italien, je n'ai même plus accès à mes propres phobies.

J'ai l'impression d'être enceinte et d'avoir arrêté de fumer, au début on trouve ça tout à fait gérable et 15 jours après, on tuerait père et mère pour une cigarette et une bière.

J'en suis à ce stade et à mon avis je ne suis pas la seule  (Paméla avait très mauvaise mine en sortant, Thierry semblait au bout de sa vie et la petite dame baissait les yeux comme une malheureuse).

Très clairement nous sommes tous en manque.

A dans 15 jours (si tout va bien)

jeudi 17 août 2017

Mon immersion dans le service d'addictologie aux RS #1


Bonjour, 
Je m'appelle Galéa, j'ai 38 ans et je suis addicte aux réseaux sociaux.
Je suis abstinente depuis 2H.

Chers amis, je me suis rendue dans un service d'addictologie spécialisé pour les gens comme moi qui sont complètement sur-connectés aux réseaux sociaux divers et variés. J'ai décidé, la mort de l'âme (et poussée par l'Homme) de rompre mon lien avec les RS ("ton blog oui Galinette, mais sérieux tes RS ça devient flippant"). L'Homme en effet, trouve que je me fritte avec assez de gens comme ça dans la vraie vie pour ne pas en plus le faire sur mon téléphone. L'Homme est comme ça, il n'a pas d'adresse mail valide, trouve ça bizarre d'avoir des avatars de tous les côtés et a l'impression que je le trompe avec mon Iphone.

Soucieuse de sauver mon couple déjà éprouvé par 6 mois de travaux et un déménagement (plus Duracell qui ne dort toujours pas), j'ai cédé et me suis rendue dans un service spécialisé, dans un coin reculé d'un CHU poussiéreux, parqués à l'arrière du bâtiment comme si  nous étions contagieux (une infirmière nous a expliqué que c'était pour éviter qu'on contamine des gens qui avaient des maladies physiques et qui par définition étaient plus perméables à l'addiction numérique pour peu qu'ils aient un smartphone).

Nous étions une petite quinzaine, avec chacun de bonnes têtes de nolife. La salle de parole (oh Mon Dieu!!! je suis à présent une patiente!!) était privée de wifi et nous devions déposer nos téléphones et tablettes dans un panier à l'entrée (je me suis dis que si j'acceptais cela, je ne pourrai plus revenir en arrière). Il y en a une qui a essayé de resquiller en dissimulant un deuxième portable, elle a été au coin (à 27 ans ça fait quand même un drôle d'effet, elle m'a fait de la peine).

C'est un programme sur plusieurs mois, l'objectif est d'être complètement sevré à Noël, c'est-à-dire d'avoir complètement disparu des RS pour la nouvelle année. Ca me coûte un rein évidemment, rien n'est gratuit dans ce bas-monde. L'animateur est juste flippant, il n'a pas dépassé la mode des années 90, on se doute qu'il n'a jamais eu de portable puisqu'il nous confie qu'il va encore dans des cabines téléphoniques (je suis horrifiée), il ressemble vaguement à un gourou, et je doute de la propreté de ses cheveux.  Bref, je souffre.

Sois la bienvenue parmi nous Galéa, prendre conscience de son accoutumance toxique est déjà un grand pas, nous sommes là pour t'aider à franchir ce cap difficile du sevrage numérique. Ce ne sera pas simple, mais nous t'accompagnerons dans ta courageuse démarche.

Rien que ça me fait peur en fait. Le type commence assez light; avec des réseaux secondaires que je ne fréquente pas (Snapshat, Pinterest), il me félicite d'ailleurs devant tout le monde d'avoir résisté à ceux-là. Je me gargarise, je frime un peu, et prends la posture de la fille mature. Les autres sont jaloux de moi, c'est top. Chacun doit raconter sa propre expérience et l'un d'entre nous est tiré au sort pour convaincre les autres de disparaître d'un réseau social (je plains amèrement le deux premières désignées qui, des sanglots dans la voix, expliquent qu'il faut renoncer aux couronnes de fleurs et museau de daim). 

Il enchaine sur Instagram, chacun(e) raconte son expérience (et là je me rends compte que je suis une petite joueuse sérieusement, il y a vraiment des gens fêlés). C'est à moi de conclure sur la nécessité de se sevrer d'IG, je prends mon courage à deux mains devant une assistance déjà très éprouvée. Je sens monter en moi une vraie conviction:  "Instagram nous rappelle chaque jour qu'on a raté notre vie. Globalement si tu n'es pas à Bali (coucou Delphine) ou en Grèce (coucou Sido), tu as quand même le sentiment d'avoir fait les mauvais choix à un moment. Sans compter que tous ces appartements impeccablement rangés, ces enfants habillés et coiffés toujours nickel, ces couples dégoulinants d'amour, j'avoue de que ce n'est pas simple quand même de se dire que le monde n'est peuplé que de gens riches, beaux, heureux et bronzés qui vivent dans des décors de rêve". Salve d'applaudissements, je suis rouge de confusion. Mais le gourou a bien compris que j'étais une dissimulatrice.

-"Es-tu prête à te sevrer brutalement Galéa: à détruire ton compte pour toujours ?"

Non quand même pas, je dois récupérer les photos : 3 ans de portraits divers et variés de mes filles, ce n'est pas rien. Je vais donc y aller en douceur. (opprobre dans sa voix, au sujet de mes enfants, exposées sans leur accord, j'ai beau lui dire qu'à 18 mois, Duracell s'en fiche un peu, il me regarde avec mépris  : tu as jusqu'à Noël Galéa! - Je commence à me demander s'il ne recrute pas pour une secte).

Il enchaine sur Twitter, avec un geek de 40 ans qui nous explique qu'il rêvait d'être polémiste mais qu'il a fini expert-comptable, qu'il pensait vraiment déclencher des débats enflammés sur twitter, qu'il suit plus de 600 comptes et se gargarise de 400 followers (murmure d'admiration dans la salle). Il nous avoue qu'il est en train de douter de sa propre existence, "parfois je me demande si je ne suis pas dans le film de 6ème sens". Le geek nous avoue qu'il twitte dans le vide (un retweet de temps en temps, deux ou trois like), et qu'il se sent transparent. Il nous confie s'être demandé s'il n'y avait pas un complot contre lui parce qu'il était trop subversif (soupirs dans l'assistance) pour finir par reconnaître qu'il n'intéressait strictement personne (et oui). Applaudissements de compassion, petite accolade sur l'épaule. Le geek regarde le paniers à smartphone avec désespoir (comme nous tous).

On finit avec Facebook, et là, notre gourou est carrément hystérique:
- "Combien d'entre vous ont-ils passé des après-midi entières à défiler leur fil d'actualité pour ne pas lire un seul post d'intéressant, et vous ennuyer au lieu de faire des choses cons-tru-ctives ? (tout le monde lève la main)
- "Combien d'entre vous se sont-ils brutalement écharpés avec des gens qu'ils ne connaissent absolument pas sur des questions politiques, religieuses ou éducatives ? (Tout le monde lève la main, pour faire ma maligne je rajoute que je me suis beaucoup disputée aussi sur des questions littéraires, le gourou me demande de rester à ma place et de ne pas se la jouer l'intello de service).
- "Combien d'entre vous se sont-ils faits envahir sur leur mur, dégager sans préavis, bloquer par des presque inconnus....et combien d'entre vous ont-ils aussi fait cela chez les autres, combien élèvent leurs enfants avec les règles de politesse et se conduisent comme des bipolaires sur la Toile" (bon là c'est plus mitigé, je raconte que j'ai masqué la moitié de mes contacts par courtoisie et pour ne faire de peine à personne, je me prends dans la figure "ça ne montre pas que tu es courtoise, Galéa, mais juste que tu es lâche; et arrête d'intervenir à tout bout de champs dans la thérapie". Vexée, je suis a deux doigts de récupérer mon téléphone, de me connecter et d'aller chouigner sur mon mur.

"C'est ça le monde dans lequel vous voulez vivre?, vous avez tellement de temps libre que vous pouvez le consacrer à ça ?" hurle le gourou (moment de silence gêné, car il surjoue un peu l'exaspération, mais bon ça marche).

Personnellement, j'ai plein d'arguments à lui opposer, mais je ne le sens pas prêt à m'écouter, et si je me fait virer de la thérapie de groupe, j'ai peur que l'Homme divorce.

Ca se termine sur un pot de l'amitié (avec du jus d'ananas bio, visiblement on compte aussi nous sevrer de l'alcool par la même occasion), je brûle d'envie de fumer une cigarette mais j'ai peur des réprobations, j'ai déjà repéré deux autres patients qui me paraissaient chercher leur paquet dans leur sac (c'est réconfortant). Le gourou nous prend à part un à un et quand vient mon tour, il me dit "Galéa je sens que tu as beaucoup de choses à dire, à répondre et à justifier, la semaine prochaine, nous travaillerons sur les raisons profondes de vos vies parallèles, tu pourras t'exprimer, d'ici là, réfléchis à tout ce que l'on a dit aujourd'hui, j'espère que tu n'as pas un blog en plus ?".

J'ai simulé une quinte de toux (tout à fait crédible vu que je sens le tabac froid à 20 mètres). Mais la question c'est quand même celle-là: mon blog convalescent pourra-t-il tenir sans les RS? Peut-on exister sur la Toile sans soutien, je vais garder secrète ma page FB, parce qu'en plus j'ai peur qu'il me demande de couper messenger et whatsap, bref je tremble.

Prochaine réunion de groupe jeudi prochain. En attendant, ne vous inquiétez donc pas de ma disparition, (je sens que ce n'est pas gagné quand même). Je vous tiens au courant de la suite #PireQuarrêterDeFumer #MaVieSansRS.




PS: Juste un détail, parce que ça va mieux en le disant: ce blog est ce qu'il est mais il n'est pas libre de droits, ce que j'écris ici m'appartient, et ne peut en aucun cas servir d'inspiration à qui que ce soit, même en paraphrasant ce que j'écris, en l'adaptant ni même dans le but de me rendre "hommage" (surtout sans me citer ni me prévenir). Merci d'avance.

samedi 12 août 2017

Plonger

Je continue mon expérimentation digitale en publiant des billets quand il n'y a personne pour les lire. Je me suis dit que le week-end du 15 août (bientôt la Saint-Galéa #jdcJdr), quand tout le monde (même mes propres enfants) partent, reviennent ou sont encore en vacances, c'était vraiment une bonne date pour exister sur la Toile.

Donc, j'ai lu Plonger, sous des températures indécentes, en binôme avec une célèbre non-blogueuse avec laquelle j'ai comparé ma lecture, nous n'étions pas toujours d'accord sur Paz, et c'était vraiment chouette de se contrecarrer nos arguments via messenger (heureusement qu'on a renoncé à la politique toutes les deux).

Au même moment, Rayures a attaqué une crise d'adolescence force 7 qui la fait osciller entre Che Gevara et Pierrot de la Lune. Elle oublie de mettre des chaussures pour sortir mais  lui demander de vider le lave-vaisselle peut déclencher une révolution dans le foyer, entraîner des hurlements à l'injustice, voire une baston avec sa soeur. Numérobis n'est d'ailleurs pas en reste pour nous laisser pantois, puisqu'elle nous a très sérieusement annoncé qu'après réflexion elle comptait devenir prof d'art plastique à Vichy quand elle serait adulte. Vu qu'elle fait 5h de danse et 3h de musique par semaine, à 600 km des berges de l'Allier, forcément, on s'est demandé si ces activités (qui font de moi un esclave-taxi) étaient bien cohérentes avec ses projets futurs, elle nous a répondu "chaque chose en son temps". Ok.  Mais tout ne serait pas totalement formidable sans l'évolution du tempérament de Duracell, qui pour son jeune âge, présente des facultés d'imagination hors du commun quand il s'agit de ne pas dormir. Nos soirées sont donc égrenées de longues heures de chantage/menace/renoncement/acrobaties/ pour la faire rester dans son lit. Vu qu'elle ne parle pas du tout (à part "maman" quand elle a faim, et "non" pour tous les autres cas de figure) bien sûr la communication est relativement restreinte. En revanche, elle tape et mord très bien (à la crèche je suis officiellemment la mère du caïd du service des bébés - la base quoi).

Sinon l'Homme a eu 40 ans, mais c'est moi qui ai fait ma crise du milieu de vie (dans le meilleurs des cas évidemment). Du coup, on s'est dit que c'était le bon moment pour vider notre ancien appartement encombré de tous nos souvenirs. Retrouver les photos argentiques de nos 20 ans (punaise ça pique), des cartes postales des années 90 (dont on ne se souvient pas toujours des expéditeurs), des factures EDF de 2001 (ne rien jeter, jamais) et le plan de table de mon mariage (trop tard), c'est juste délicieux, excellent pour le moral, et pratique quand on n'a déjà pas assez de place dans le nouvel appartement.

Bref, tout ça pour dire que j'ai lu Plonger et que j'ai bien fait.


dimanche 30 juillet 2017

Ecrivains de papier

Toujours à la pointe de la branchitude, je me suis dit que publier un billet, le dernier dimanche de juillet, LE jour du chassé-croisé des juilletistes et des aoûtiens, alors que personne n'allume son ordinateur parce que tout le monde est dans sa voiture, c'était la garantie de développer les audiences de mon blog balbutiant. D'autant qu'avec une publication tous les deux mois, je pense pouvoir dire sans me vanter, que je suis virtuellement plutôt active.

Je présente évidemment mes excuses pour la qualité tout à fait relative de cette vidéo. Se lancer dans un projet de ce genre après un Festival du livre, à la limite, ça a du sens, parce qu'on croule sous les images; alors que là, honnêtement pour illustrer j'ai eu un peu de mal. Le résultat est donc légèrement atypique et approximatif.

A mi-chemin entre la chronique littéraire, les photos de mes non-vacances, et les instants familiaux pris sur le vif, je tente de vous parler de deux livres: L'Ecrivain national de Serge Joncour, et Derniers feux sur Sunset de Stewart O'Nan. C'est imparfait, laborieux et désordonné, je m'aperçois que j'ai de sacrés tics de langage (moi qui il y a bien longtemps me moquais d'une auteur de LGL qui répétait tout le même mot, espérons qu'elle ne tombera pas sur cette vidéo - "finalement" n'est pas pire que "voilà"). Mais à la limite en publiant aujourd'hui, je ne prends pas vraiment de risques quant à ma réputation. J'espère m'améliorer pour les prochaines fois (vu mon rythme actuel: vers octobre à mon avis)

Bref, j'avais envie de parler des écrivains dans les romans, de ceux qui ont vraiment existé (ou qui existent toujours d'ailleurs) et qu'on parachute au coeur d'une histoire.


Très beau mois d'août à tous

dimanche 11 juin 2017

Petits instants du Festival du livre de Nice 2017

Parce qu'à un moment, vraiment, on a besoin de se raccorder au monde virtuel, parce que Galéa est aussi nettement plus fun que moi au final, et surtout parce que j'aimerais avoir l'impression de reprendre un minimum le contrôle, je reviens.

Il me fallait une bonne raison, et le Festival du Livre en était une, ça permet de boucler la boucle avec mon dernier billet au final.

Enfin j'essaie de revenir, avec un nouveau format, j'avais envie d'images et de musiques (je vous rassure, vu ce que je me suis mangée dans la figure depuis la naissance de my Third, je ne risque pas de faire une vidéo face caméra).

Techniquement c'est moyen, j'ai fait au mieux mais c'est amateur, je ne maîtrise pas encore bien ce média (je vais bosser c'est promis), en attendant je compte sur votre indulgence.

Et merci encore à  ceux qui seront toujours là un an après...

(dès demain, je reprends le chemin des blogs et des réponses aux commentaires).


samedi 16 juillet 2016

Galets tristes

Je vais bien.

C'est tout l'intérêt d'être névrosée, j'ai peur de la foule donc ce feu d'artifice je n'avais aucune chance d'y être (la Prom' c'est à 6h du matin, avec des baskets et mes écouteurs...et vu que je manque de sommeil et de rééducation perinéale, je suis dans une période no-prom).

Les filles et l'Homme vont bien.

C'est tout l'intérêt d'avoir des enfants ingérables, à 20h, elles étaient punies de feu d'artifice en représailles d'une bagarre qui s'est mal terminée. 

Ma famille et mes amis vont bien.

La plupart d'entr'eux y étaient, mais tous ont pu rentrer chez eux, même de justesse, même dans la foule, même la peur au ventre . Bien sûr, les enfants et parents sont extrêmement choqués de la violence de ce qu'ils ont vue et entendue, mais ils sont saufs.

Fidèle à ma réputation de bout-en-train, je m'étais couchée vers 22H, en même temps que My Third, renommée Lady Duracel. Les filles avaient regardé le feu d'artifice du balcon en râlant; "on voit rien c'est nul, sans la mer en dessous ça sert à rien, de toutes manières c'est trop bas". Bref, la routine quoi.

C'est l'Homme qui m'a réveillée à 00h10 "Galinette, ton portable sonne en boucle, il y a eu un attentat, je préfère te réveiller, il faut peut-être rassurer les gens". Je n'avais pas connu ce sentiment d'importance depuis le Nobel de Modiano.  Il n'y a pas à tortiller, c'est bon de se sentir aimée (merci merci merci).

J'ai passé une nuit et un jour à faire le tour des gens qui comptent, sinon je n'aurais pas réactivé ce blog (qui ne devait pas réapparaître avant sa migration). J'ai même pris des nouvelles d'une copine avec laquelle je suis en froid depuis 2 ans, elle va bien, nous allons donc pouvoir continuer à nous ignorer proprement, et nourrir un ressentiment tenace sur une vieille affaire sans intérêt. La vie continue donc. 

Je vais bien, ceux qui sont précieux à mon coeur aussi, et je mesure la chance que j'ai. Honnêtement, je me sens presque illégitime de savoir qu'on s'est inquiété pour nous, du fin fond du Finistère jusqu'au Vietnam. Evidemment, bientôt, dans les jours qui viennent, nous apprendrons la disparition de gens qu'on connaissait, de loin ou par personnes interposées, le neveu d'un tel, la meilleure amie d'une autre, le collègue d'un cousin...

Si ce 14 juillet restera pour nous un drame collectif bouleversant, j'ai la chance qu'il ce ne soit pas une tragédie personnelle, ce qui n'enlève rien à l'horreur de l'événement.

Mais Nice a une réputation à tenir malgré tout. Elle ressucitera de cet événement, toujours plus belle, toujours plus claire, toujours plus futile. La ville aux 1 000 chaises et au 50 nuances de bleu est en deuil mais restera elle-même. On ne lâchera pas nos habitudes qui fondent notre notoriété . Capitale européenne de la vulgarité, elle sera encore l'endroit où les femmes ont 25 ans de dos et 70 de face, celle qui atteint des sommets de poésie quand l'OGC reçoit l'OM. On laissera le reste de la France se moquer de notre proportion de retraités ou du blond peroxydé des plus de 50 ans, parce que pour nous Nice est surtout cette cité où on se sent chez soi, même sans justifier d'un pédigrée sur 4 générations. La vie continuera donc ici, avec des balades sur la colline du Château, des gouters d'anniversaire sous les oliviers des Arènes, on prendra le temps d'une bière au coeur de la vieille ville, d'un jogging sur la Promenade, d'une virée shopping de Jean Médecin à Alphonse Karr. On ne renoncera pas à emmener les enfants jouer sur la Coulée Verte ni à marcher à l'ombre des platanes du boulevard Victor Hugo. Nizza Bella restera celle de Gary, Modiano, Matisse ou Chagall. Notre frivolité légendaire triomphera de la peur, nous resterons sur les galets, debout, convaincus d'être à notre place et dans notre droit 
(et en ce qui nous concerne, brulés par le soleil car notre peau n'oublie pas ses origines - chez nous, on ne bronze pas, on brûle puis on pèle).


Je vais bien donc, mais une partie de mon coeur est inconsolable, mes pensées vont toutes entières vers ces familles en deuil, enfants orphelins et parents terrassés, je penses à ces touristes fauchés un soir de Fête Nationale, à ces badauds malchanceux de la Promenade. Ils garderont pour toujours une place particulière dans le coeur des Niçois.  


Depuis mercredi, la Baie des Anges n'a jamais aussi bien porté son nom.

Merci du fond du coeur à ceux et celles qui se sont inquiétés pour nous.

mardi 1 mars 2016

My february : mois par moi

chez Moka
Une petite fille de la Lumière et ma dernière performance obstétrique/ La regarder et trouver le monde beau et fragile / Alamut : fascinant et terrifiant roman de 1938 / Mais comment se fait-ce qu'on en ait aussi peu parlé ? / "Lady Third c'est toi punaise" et ma mère en plein revival / Des cadeaux comme s'il en pleuvait / Des blogueurs qui m'arrachent des petites larmes / Les cuisses constellées de piqures d'anticoagulants (minute glamour on ne se refait pas, c'est cadeau les amis) / "Titus n'aimait pas Bérénice", l'incipit merveilleux d'Azoulay et la vie de Racine, le héros de mon adolescence/ "Sérieux Galinette?"/ L'Homme qui hallucine :  "tu étais déjà bizarre à l'époque en fait" / Numérobis et son violoncelle, comment a-t-elle pu grandir aussi vite ? / Un temps de chien, la honte de la côte d'Azur / La neige qui tombe APRES les vacances scolaires (l'un dans l'autre le ski cette année c'était rapé de toutes manières) / Rayures, échecs et mat : c'est parti pour le Havre / Une blogueuse chère à mon coeur qui dit adieu à son père / Existe-t-il des mots pour apaiser ce chagrin là? / Le départ du premier homme de notre vie /  A l'ombre des jeunes filles en fleurs, Gilberte puis le Grand Hôtel de Balbec qui bientôt me manqueront  / Une non-blogueuse qui va disparaitre du réseau social / Le baptême de la famille nombreuse: 2 enfants qui vomissent à tour de rôle (et jamais dans la bassine) et une qui pleure : l'équation impossible quand on n'est que 2 adultes (dont un en convalescence) / Mon esprit sera-t-il assez fort pour nous protéger, my third et moi, de cette cochonnerie ? / "si votre bébé l'attrape, vous allez tout de suite à l'hôpital, une déshydratation à 4 semaines c'est extrêmement dangereux"/ ah ouai carrément ?!/ purée moi qui pensais que c'était juste pénible en fait / Névrose, hypocondrie, désespoir / "tu fais la fortune des fabricants de compléments alimentaires Galinette" / 37 ans / "mais c'est jeune 37 ans", mouaich mais là n'est pas le problème / le premier vrai sourire de my third pour mon anniversaire  / "c'est marrant c'est violet sous tes yeux...mais tu es belle quand même maman"  / mes lunettes de vieille star / 29 février, 3h du matin: l'évidence devant moi (pendant que je lance des machines) : je vais devoir gérer mes priorités.

Alors voilà, je vais m'arrêter là, ou au moins faire une pause. Ce n'était déjà pas gagné avant, mais avec l'arrivée de My Third, je n'ai vraiment plus le temps ni la tête disponible pour ça. Ni pour alimenter mon blog, ni pour visiter celui des autres (bref la base du blogging). Vu que je ne sais pas tout faire en même temps, que je ne sais ni anticiper, ni m'organiser, je dois faire des choix. Galéa va donc se reposer un peu et laisser ses galets de côté. Priorité à la vie réelle, à mes grandes filles qui doivent chacune retrouver leur place, à mon appartement qui ressemble à un champ de ruines (surtout depuis dimanche), aux papiers administratifs qui accusent un retard tel qu'on a failli nous couper l'électricité et, pire que ça, la box (et si j'optais pour le prélèvement automatique ?). Je n'ai plus que ma main droite de disponible, mon bras gauche étant réquisitionné d'office, je dois inscrire ma grande fille au collège alors que mes années-lycée c'était hier. Bref, le temps passe vite et je dors peu.

Je maintiens néanmoins le non-challenge des pépites, sur lequel je ferai un point la semaine prochaine, ce seront les seuls billets que je vais lire et le seul que je vais rédiger dans un premier temps, parce que ce rendez-vous me tient à coeur. 

Je reviens bientôt, mais en attendant, merci du fond du coeur aux blogueurs et non-blogueurs qui se reconnaîtront, aux quelques-uns que je connais physiquement, et à tous les autres dont nos mots ont suffi pour créer un vrai lien, plus solide qu'on ne pense (bon d'ailleurs, je vous le dis Galéa est bien plus populaire que moi finalement). Merci donc de la bienveillance, de la gentillesse et des petites attentions si joyeuses dont j'ai bénéficié pendant 3 ans et demie. Ma vie sociale parallèle m'a rendue parfaitement heureuse pendant 40 mois (même nos petites disputes à droite ou à gauche avaient quelque chose de frais). Donc, bien que je fasse une petite pause, je garde dans mon coeur et dans un coin de ma tête mes précieuses amitiés 2.0.

A tout bientôt les amis. 

(en revanche je lis beaucoup, le jour où je vais reprendre du service, je ne vous raconte pas l'avalanche de billets!!)