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lundi 27 mai 2013

Madame Hemingway

Paula Mac Laine, Madame Hemingway, 
Livre de Poche, décembre 2012, 500 p.
Paris est une gageure...



J'ai presque achevé Paris est une fête du cher mari de l'héroïne de ce roman (parce que le lis chez la Pléiade et que je crains tout le temps de l'abîmer...bref), et c'est une erreur de l'avoir lu avant. Très clairement Mme Hemingway nous raconte l'envers de la même histoire; c'est à dire celle de la première des nombreuses épouses d' Ernest Hemingway, Hadley, avec laquelle il vécut à Paris avant ses premiers succès. L'histoire se déroule donc à Paris, mais pas seulement, à Antibes, à Pampelune, en Suisse...mais toujours dans une ambiance parisienne.


Déjà mauvais point pour moi (est-ce la traduction ou l'écriture originale?) mais franchement, j'ai été gênée par le niveau de langage. Je ne suis pas certaine que les écrivains de 1920 se "balançaient des vannes", ou qu'ils vivaient "à fond" leur passion, qu'ils "se lâchaient" dans les soirées, ou même qu'ils cherchaient des "trucs" à dire. Bon rien que ça  m'a énervée dès les premières pages. Si encore, le parti avait été d'en faire un roman résolument moderne, je serais passée là-dessus, mais même pas.

J'ai continué quand même...


Je ne me suis pas ennuyée, je l'ai lu sans déplaisir, mais honnêtement je ne peux pas dire l'avoir beaucoup apprécié. Pourtant ça aurait du m'intéresser la vie de la femme d'Ernest avant qu'il ne devienne Hemingway  ; la genèse d'un romancier en somme, surtout dans une période que j'affectionne particulièrement, les années 20'. Sauf que c'est extrêmement descriptif, linéaire, sans point de vue et d'un convenu académique. J'ai eu l'impression de me farcir 500 pages d'érudition universitaire. 


On sait qu'Hemingway fut un mufle avec les femmes, le livre le confirme avec le personnage sacrificiel de cette pauvre Hadley dans l'ombre de son génial écrivain de mari. Mais voilà, je dirais que cela manque de nuances: Hemingway écrit que quand il est très mal, doit s'isoler pour créer, boit quand il ne va pas bien, il est déloyal avec ses amis, menteur avec sa femme, et surtout très emprunt de sa petite personne; avec une arrogance rare. Tout est exact. Mais tout cela, ajouté au milieu parisien des auteurs en devenir, m'ont paru vus et revus.  J'en attendais vraiment autre chose

J'ai surtout eu le sentiment que Paula Mc Laine avait condensé la plupart des nouvelles d'Hemingway (je ne me souvenais plus en avoir lu autant) et Paris est une fête pour écrire son roman. Finalement  je conseille Madame Hemingway à tous les étudiants de fac qui étudient l'oeuvre de son mari, parce que c'est très documenté. Mais pour moi, la dimension littéraire manque terriblement. Mc Laine peine à rendre sympathique, ou même seulement attachante, Hadley Hemingway. Je trouve qu'elle en fait une Bécassine à la capitale, répétant toutes les deux pages que c'est une femme solide et en bonne santé, toujours mal habillée, manquant d'élégance et qui renonce à faire quoique ce soit qui la valoriserait un tant soit peu. 

A tous prixPour être honnête, les dernières pages, avec le couple à trois que constituent les Hemingway et la maîtresse,  rattrapent  le reste de l'histoire, parce qu'il y a une intensité dramatique, et qu'elle sort du récit explicatif du début du roman. J'ai eu vraiment envie de gifler Hemingway, de bousculer sa presque ex-femme (un peu de dignité Hadley...que diable!) et de crever les yeux de Pauline tout en duplicité et manipulation (oui carrément!). 


Très honnêtement, et ça n'engage que moi, Madame Hemingway ne tient pas la comparaison avec Alabama Song qui traite aussi du rôle de l'épouse d'un monstre sacré de la littérature. Qu'on l'aime ou pas, Leroy adoptait un vrai point de vue, une construction originale, une vibration affective, et faisait de Zelda Fitzgerald la véritable héroïne du roman. Ici Hadley n'est qu'une voix qui raconte une portion de vie d'Hemingway. C'est lui le véritable sujet du livre, et ce n'est pas ce que j'attendais.



fitzey-logo natacha-best-oneJe pense être particulièrement sévère sur ce coup-là (à croire que corriger des copies me manque), et mon avis est extrêmement minoritaire sur la blogo.  Je vous renvoie donc aux points de vue nettement plus enthousiastes d' Aifelle, Asphodèle, Mango  et Kathel (c'est dire combien que je suis l'une des seules à ne pas avoir été emballée); et  dans la foulée, j'intègre ce billet aux challenges "à tous prix" de Laure (prix des lecteurs du Livre de Poche) et Fitz et les enfants du jazz d'Asphodèle .


PS: entre mon libraire et moi, c'est très tendu, je préfère être claire, sur tous les livres recommandés par vos bons conseils, je n'en ai trouvé que deux; alors que j'avais prévu un billet récap...
je vais trouver une solution évidemment mais tout se perd les amis 
(c'était ma minute vieille dame nostalgique).




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