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mercredi 24 juin 2015

Sur la plage de Chesil

Ian McEwan Sur la plage de Chesil (2007)
Folio, 2012, 178 p.
(oui c'est bien le fond de tasse d'un mug qu'on
voit imprimer sur la première de couverture. Vous
êtes prévenus: ne me prêtez jamais de livres)
Bon, je m'étais dit que ce serait une valeur sûre, qu'avec McEwan je n'avais aucune chance d'être déçue, en plus on m'avait dit que ce titre-là était sans doute son meilleur (quand je dis "on" c'est quelqu'un qui se reconnaîtra) , il y avait eu le clin d'oeil de ma libraire à la caisse "excellent choix vous allez vous régaler"

C'était sans compter l'immense perditude de mon mois de juin (je vous en reparle bientôt).

Sur la Plage de Chesil c'est l'histoire d'un très jeune couple, tout juste marié, qui s'apprête à vivre sa nuit de noce dans une chambre d'hôtel du bord de mer.

Voilà. J'ai tout dit.

Ah si pardon, ils sont vierges tous les deux. Lui il a faim qu'il n'en peut plus (si vous voyez ce que je veux dire), et Elle est très moyennement portée sur la chose.

Mon Dieu, je n'aime pas les huis-clos, je n'aime pas les histoires de couple, je ne crois pas qu'une nuit de noce (ratée ou réussie) soit un élément fondateur de ce que sera notre vie plus tard. Désolée je n'y crois pas du tout. En plus vraiment, je ne suis pas friande de ce genre de détails techniques. Elle m'a énervée la violoniste qui se croit frigide, il m'a gonflé le jeune puceau qui essaie de ne pas précipiter les choses. Je n'aime pas entrer dans cette intimité là, sauf quand McEwan en fait quelque chose de très émoustillant comme dans Expiation (magnifique scène de la bibliothèque). 

Ici ce n'est pas le cas.

Et surtout, surtout, j'ai attendu jusqu'à la dernière page le twist de McEwan, que j'étais habituée à retrouver, ou finalement la littérature triomphe de tout parce qu'elle a tous les droits. Où le vrai est faux, et le faux n'est que fiction, quand McEwan retourne son lecteur comme une crêpe. Rien du tout. (je n'en avais lu que deux de lui, je pensais qu'il faisait ce coup à chaque fois...et bien non).

C'est juste un livre déprimant sur (j'imagine) le sexe, l'amour, le désir, le destin, les divergences sociales etc....bref au secours.

Je vous le dis, ce mois de juin ne m'est pas hyper propice (j'ai du faire des trucs pas terribles terribles dans une autre vie en juin quand même).

C'était une lecture commune avec Aspho, ma grande prêtresse préférée à qui je souhaite que du bon pour les temps à venir.


Fournisseur officiel de ce billet: ma gentille libraire indépendante, dont je ne partage pas tous les goûts, mais à laquelle  je resterai fidèle quand même.

dimanche 29 juin 2014

L'opération Sweet Tooth

Ian McEwan, Opération Sweet Tooth
Gallimard, 2014, 439 p.
Et voilà, je termine mon mois anglais de justesse avec le dernier McEwan, juste sur la limite (heureusement qu'il pleut aujourd'hui, j'ai pu rédiger un billet). Je suis très fière d'avoir réussi à honorer ce rendez-vous difficile à tenir en ce mois de juin surchargé (en pleine phase d'auto-congratulation).

Soyons honnête, je suis tombée en amour de McEwan l'année dernière avec Expiation , donc ce billet ne sera pas nécessairement des plus impartiaux (je suis une lectrice à la Cabrel "quand j'aime une fois c'est pour toujours").

En trois mots: c'est l'histoire de Serena, recrutée dans les années 70' par le MI5, pour s'ingérer dans la vie d'un romancier en devenir et vérifier qu'il rédige des oeuvres du bon côté idéologique de la guerre froide. 

Et comme dans Expiation, je suis une fois de plus sous le charme des personnages féminins de McEwan. Cette fois, il nous a campé une splendide Serena, belle et intelligente (bien plus que sa soeur Lucy visiblement assez moche, moins futée et limite un peu paumée). J'ai retrouvé avec plaisir la sensualité  et même la sexualité que McEwan sait manier avec brio (franchement la scène de la première fois avec Jérémy est très réussie). Et puis c'est toujours aussi drôle. Drôle comme j'aime, c'est à dire sans gros sabots, sans grosses blagues, drôle et un peu triste, drôle et un peu cruel...bref à l'anglaise. 



J'aime comme toujours tout ce qu'il sait mettre en périphérie du livre, l'ambiance d'un Londres pluvieux en économie permanente d'énergie (Serena qui déambule à Londres, vraiment je m'y suis crue). La colocation avec des avocates pas très fun formait une toile de fond idéale (être seule même à cinq c'est crédible). Le pasteur pas communicatif du tout, à l'ombre de sa cathédrale, c'est génial. La mère qui force sa fille à faire des mathématiques à l'université, c'est avant-gardiste. Les longues journées d'amour à Brighton ont un merveilleux goût d'iode. L'amie Shirley est parfaitement réussie (délicieuse prolétaire, renvoyée du MI5 qu'un destin plus joyeux attend ensuite), tout autant que le presque amoureux Max (dont je ne dirai rien pour ne pas déflorer).



Alors oui Attila, je sens que tu t'énerves là derrière ton écran, ce n'est pas le plus réussi des McEwan, je te le concède (d'autant plus facilement que ce n'est que mon deuxième). Je te jure de lire Sur la plage du Chesnil qui est bien mieux (je te fais confiance tu le sais bien). C'est vrai qu'il est moins rythmé, c'est vrai qu'il est un peu plus étalé, un peu délayé même parfois. Oui Attila, ce n'est pas le meilleur, c'est un diesel de chez diesel...


Mais quand même (écoute moi ne t'énerve pas), je vais t'avouer que j'ai pleuré à la fin (et tu sais bien qu'il m'en faut - vu que je n'ai pas de coeur). Le livre dans le livre, c'est toujours aussi magistral. Admets que tout s'emboîte merveilleusement bien, qu'il a bien travaillé McEwan, le puzzle est parfait. 

Reconnais aussi la belle réflexion qu'il fait sur la littérature. Rappelle-toi la scène où il parle de l'opération Mincemeat sur les plages espagnoles , là "où l'inventivité et l'imagination ont pris le pas sur l'intelligence" (p.434).

Et puis franchement, l'arroseur-arrosé ça reste une valeur sûre.


Je quitte ce mois anglais à regret, je me suis vraiment bien amusée, merci aux organisatrices, Lou, Titine et Chryssilda dont j'admire la patience, l'organisation et la constance.


Je finis juin sur les genoux et entre, complètement dépitée, dans juillet. A propos  de juillet, c'est ma première participation au challenge du leader sur la rentrée d'hiver (oui je sais, un 29 juin, c'est limite, mais Valérie est très indulgente avec moi).

Une chose est sûre, l'été arrivant : vous n'avez pas fini de m'entendre me plaindre...

(mais c'est aussi comme ça qu'on m'aime, isn't it?)

mercredi 17 juillet 2013

Expiation

Ian McEwan, Expiation (2001)
Folio, 2011, 490 p.
Sans la blogosphère, je n'aurais jamais lu Expiation de Ian McEwan. Le titre me fait penser à un thriller scandinave (contre lequel je n'ai rien d'ailleurs, mais bon, pas très envie de polars en ce moment).

Mais, Clara, Sylire, Fransoaz et bien d'autres (mais ces trois billets-là m'avaient marquée) furent, en l'espace de quelques jours, absolument unanimes sur ce livre. Je n'ai pas résisté et j'ai bien fait. J'ai heureusement échappé à la version niaise de la première de couv' (avec une photo d'actrice et la mention "Reviens-moi" qui me suggère un Marc Lévy ou pire...)

Bref, je m'égare.

Clara m'avait assuré qu'Expiation était  "génial" (preuve sur Facebook). Et je n'ai pas été déçue. Je viens de le terminer en pleurant comme une madeleine devant mes filles qui se battaient pour savoir laquelle avait gagné la partie de Puissance 4 (du coup elles se sont dit que leurs réactions étaient un peu excessives par rapport à l'enjeu). 

Mc Ewan fait débuter l'histoire en 1935, dans la bonne société anglaise, quand une jeune fille de 13 ans, Briony, à peine sortie de l'enfance mais déjà passionnée par les mots, la fiction, l'encre et le papier, se mêle des histoires des adultes (1ère partie)... En plus, ça démarre en pleine canicule, et honnêtement, j'avais tellement chaud que je me sentais totalement dans l'ambiance.

Dans les 2 parties suivantes nous retrouvons ces mêmes adultes dans divers contextes  ...Bien sûr, ça parle d'amour, de guerre, d'honneur et de secret. Ce n'est pas que je veux cacher l'histoire, mais l'un des plaisirs de ce roman est vraiment de voir la trame se dérouler.

Ce roman est un livre que je qualifierai de diesel. Il commence assez mollement, et c'est vrai qu'il faut s'habituer à cette écriture académique et très élaborée. Mais moi, j'adore l'imparfait du subjonctif (serait-ce mon côté désuet?). En plus, je trouve que McEwan a vraiment une plume superbe, un univers en soi. Dans la première partie, on croirait presque que c'est une romancière qui écrit, je dirais même qu'il a une sensibilité féminine assez rare chez les écrivains masculins. 

En plus, c'est un livre qui passe d'une atmosphère à une autre avec une dextérité confondante: de la scène sensuelle au fond d'une bibliothèque (p. 182) à la description minutieuse et désespérante d'une armée qui bat en retraite (p.291); McEwan peut aussi avoir une plume pour le coup virile, masculine, sans ambages. Sa description de la guerre, de la vie des soldats est d'une réalité confondante presque déstabilisante parce qu'il parle de survie, d'égoïsme ordinaire et de cette violence caractéristique des temps troublés. 

Si j'ai trouvé certaines longueurs, je les ai très vite pardonnées pour énormément de raisons. D'abord parce que McEwan sait aménager un suspens particulièrement réussi (avec une maîtrise des retour-arrières qui m'a beaucoup impressionnée). Ensuite, parce qu'il y a quelque chose de la fresque historique et du  romanesque dans Expiation. On y trouve aussi un je-ne-sais-quoi qui s'interroge sur ce que certains appellent "le cours de l'Histoire", la grande et la petite. Mais surtout parce qu'Expiation est le roman du romancier; et ça on le découvre dans l'épilogue... 

Finalement McEwan nous parle de l'écrivain et de sa créature : le roman. Il nous avoue son pouvoir  immense  et de son incontestable vacuité.

Cette lecture a été pour moi un véritable délice ...Je ne vois pas bien comment une adaptation cinématographique ou télévisuelle pourrait égaler la maestria de l'écriture, les rebondissement de ce roman sont fondés sur la construction et l'organisation des mots. Je ne saurais dire à quel point c'est réjouissant.

 Allez j'y retourne, je dois procéder à l'arbitrage du Puissance 4...

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