Bon, je m'étais dit que ce serait une valeur sûre, qu'avec McEwan je n'avais aucune chance d'être déçue, en plus on m'avait dit que ce titre-là était sans doute son meilleur (quand je dis "on" c'est quelqu'un qui se reconnaîtra) , il y avait eu le clin d'oeil de ma libraire à la caisse "excellent choix vous allez vous régaler".
C'était sans compter l'immense perditude de mon mois de juin (je vous en reparle bientôt).
Sur la Plage de Chesil c'est l'histoire d'un très jeune couple, tout juste marié, qui s'apprête à vivre sa nuit de noce dans une chambre d'hôtel du bord de mer.
Voilà. J'ai tout dit.
Ah si pardon, ils sont vierges tous les deux. Lui il a faim qu'il n'en peut plus (si vous voyez ce que je veux dire), et Elle est très moyennement portée sur la chose.
Mon Dieu, je n'aime pas les huis-clos, je n'aime pas les histoires de couple, je ne crois pas qu'une nuit de noce (ratée ou réussie) soit un élément fondateur de ce que sera notre vie plus tard. Désolée je n'y crois pas du tout. En plus vraiment, je ne suis pas friande de ce genre de détails techniques. Elle m'a énervée la violoniste qui se croit frigide, il m'a gonflé le jeune puceau qui essaie de ne pas précipiter les choses. Je n'aime pas entrer dans cette intimité là, sauf quand McEwan en fait quelque chose de très émoustillant comme dans Expiation (magnifique scène de la bibliothèque).
Ici ce n'est pas le cas.
Et surtout, surtout, j'ai attendu jusqu'à la dernière page le twist de McEwan, que j'étais habituée à retrouver, ou finalement la littérature triomphe de tout parce qu'elle a tous les droits. Où le vrai est faux, et le faux n'est que fiction, quand McEwan retourne son lecteur comme une crêpe. Rien du tout. (je n'en avais lu que deux de lui, je pensais qu'il faisait ce coup à chaque fois...et bien non).
C'est juste un livre déprimant sur (j'imagine) le sexe, l'amour, le désir, le destin, les divergences sociales etc....bref au secours.

Je vous le dis, ce mois de juin ne m'est pas hyper propice (j'ai du faire des trucs pas terribles terribles dans une autre vie en juin quand même).
C'était une lecture commune avec Aspho, ma grande prêtresse préférée à qui je souhaite que du bon pour les temps à venir.
Fournisseur officiel de ce billet: ma gentille libraire indépendante, dont je ne partage pas tous les goûts, mais à laquelle je resterai fidèle quand même.




