Aujourd'hui, ça fait deux ans que je blogue.

Bon.
C'est ballot, ça tombe à un moment où je ne suis plus spécialement motivée, sûrement à cause des blogs qui ferment, du manque de temps, de l'automne, d'une lassitude, de ma vue qui baisse, du changement des rythmes scolaires, de la fin du fromage le Palet chez Président, de la disparition de mon démaquillant chez Monoprix, du pic de croissance de Numérobis, de la crise...
Que sais-je encore, tous les prétextes sont bons ....
N'étant pas naturellement encline à fêter les anniversaires (ni Noël d'ailleurs...#boutentrain!), je me suis dit que j'allais plutôt évoquer mes doutes existentiels, et préciser deux ou trois points totalement personnels et égocentriques

Bon.
C'est ballot, ça tombe à un moment où je ne suis plus spécialement motivée, sûrement à cause des blogs qui ferment, du manque de temps, de l'automne, d'une lassitude, de ma vue qui baisse, du changement des rythmes scolaires, de la fin du fromage le Palet chez Président, de la disparition de mon démaquillant chez Monoprix, du pic de croissance de Numérobis, de la crise...
Que sais-je encore, tous les prétextes sont bons ....
N'étant pas naturellement encline à fêter les anniversaires (ni Noël d'ailleurs...#boutentrain!), je me suis dit que j'allais plutôt évoquer mes doutes existentiels, et préciser deux ou trois points totalement personnels et égocentriques
La loose d'abord, celle dont j'ai fait mon fond de commerce depuis deux ans (on fait avec ce qu'on a ceci-dit). Alors soyons clairs, je trouve ça drôle de rire des contrariétés quotidiennes, de voir le verre à moitié vide, de s'attendre au pire; et je suis vraiment comme ça. Mais évidemment, c'est une posture. Je ne suis pas seulement une petite fille gâtée qui pleurniche sur ses contrariétés (même si clairement, je suis aussi cette personne, mes parents peuvent en attester): mais les vrais drames, les grands échecs ou les disparitions passées ou imminentes je n'en parlerai jamais ici. Ce qui me rend vraiment malheureuse (pas plus ni moins que les autres), je le garde pour moi, par pudeur et par élégance. De la même manière que les grands bonheurs, mes fiertés maternelles et mes félicités diverses (tout est dans le "diverses" évidement), je ne les exposerai pas là non plus. Mais je trouve que ça rend la vie plus légère de rire des choses futiles et contrariantes, et j'adore être la looseuse de la blogosphère, j'aime ce costume qui me va comme un gant...
Enfin quand je dis "qui me va", je devrais dire "qui va à Galéa". Parce que depuis deux ans, cet avatar étrange, créé à partir du mot "galet" (originalité quand tu nous tiens), prend de plus en plus de place dans ma vie, jusqu'à m'étouffer un peu. Galéa n'existe pas, soyons clairs, Galéa est une invention bloguesque. Ce n'est pas qu'elle ment mais disons qu'elle ne raconte qu'une partie de la réalité, et elle me ressemble de moins en moins.
Galéa trie ses contacts sur Facebook alors que moi je me suis fait dégager par une vieille amie (suite à une altercation où je n'ai pas mis les formes). Galéa crie sur les toits qu'elle fume, mais moi, mes cheveux sentent le tabac froid. Galéa parle de ses filles, mais moi je leur dis de faire moins de bruit quand je suis sur mon ordinateur. En plus, Galéa est honteusement gâtée par ses amis blogueurs (en livres, en cartes Reine des neiges, en carnets et cahiers divers, en cartes, en coupures de journaux, mais surtout en messages d'amitié), et je vais vous le dire franchement, je ne suis pas certaine qu'elle le mérite, parce que la Galéa c'est une imposture!
Elle est plus jolie, plus sympa, plus droite, plus loyale, plus drôle que moi. En gros, Galéa me fait de l'ombre (un peu comme la copine de collège dont on est le faire-valoir, vous voyez?).
Galéa trie ses contacts sur Facebook alors que moi je me suis fait dégager par une vieille amie (suite à une altercation où je n'ai pas mis les formes). Galéa crie sur les toits qu'elle fume, mais moi, mes cheveux sentent le tabac froid. Galéa parle de ses filles, mais moi je leur dis de faire moins de bruit quand je suis sur mon ordinateur. En plus, Galéa est honteusement gâtée par ses amis blogueurs (en livres, en cartes Reine des neiges, en carnets et cahiers divers, en cartes, en coupures de journaux, mais surtout en messages d'amitié), et je vais vous le dire franchement, je ne suis pas certaine qu'elle le mérite, parce que la Galéa c'est une imposture!
Elle est plus jolie, plus sympa, plus droite, plus loyale, plus drôle que moi. En gros, Galéa me fait de l'ombre (un peu comme la copine de collège dont on est le faire-valoir, vous voyez?).
Galéa parle de la loose en rigolant, mais pour moi, la loose, ça veut dire quelque chose. Revendiquer la loose, c'est se dire qu'on est pas obligée de tout réussir, d'être devant sur la photo, ni d'être celui qu'on admire et qu'on jalouse. Se réclamer de la loose, c'est se reconnaître faillible, c'est ne pas chercher à faire plus ou mieux que les autres, c'est ne pas avoir besoin d'être le premier. Alors, bien sûr c'est une point-de-vue que les successful ne peuvent pas comprendre, mais je pense sincèrement qu'on peut vivre sans être compétiteur, chacun à sa manière et trouver sa place sans entrer dans une catégorie. La loose, c'est aussi revendiquer l'humilité, la retenue, la discrétion. Un looser accepte de ne pas être du côté de ceux qui brillent, et ça ne le dérange pas. Et moi je me suis toujours sentie plus à l'aise à l'ombre (mon mariage de ce point de vue est un éprouvant souvenir...Heureusement que c'était avec l'Homme).
Alors à ce stade de mes réflexions, alors que des blogueurs que j'aime se mettent sur la réserve et qu'on est plutôt dans un monde qui prône le succès, quitte à perdre en élégance ce qu'on gagne en notoriété, je me suis dit qu'il était peut-être temps de se poser les vraies questions: on blogue pour qui? pour quoi? au détriment de qui?

Moi je blogue parce que peu de gens lisent dans mon entourage, et aussi parce que je suis égocentrique (mais non, les livres ne sont pas qu'un prétexte), je blogue pour trouver une place, mais je blogue au détriment des gens réels, ceux auxquels je tiens et que je délaisse un peu. (Oui, je l'avoue, j'ai déjà menti à des amis chers pour annuler un rendez-vous car je n'avais pas fini un billet).
Et peut-être qu'il est temps de réfléchir à la place, parfois un peu inquiétante, que le blog prend dans sa vie, en termes de temps et d'énergie.
J'en étais là de mes réflexions, quand le 9 octobre est arrivé. Quand Modiano, mon Modiano, celui dont je relis plusieurs fois les livres, a eu son Nobel. Modiano, c'est celui qui a su mettre des mots sur des choses dont j'ignorais que je les ressentais. Il est des auteurs comme ça, grâce auxquels on comprend qu'on ne sera jamais écrivain, parce que les livres qu'on aurait voulu écrire existent déjà. Modiano a fait de moi une lectrice qui n'en demande pas plus.
Et le 9 octobre, en tout et pour tout, deux clients, ma mère et l'Homme étaient contents pour moi.
En revanche, Galéa a été inondée de mails, de textos, de messages qui partageaient son bonheur, Galéa a eu le sentiment de le recevoir elle-même le Nobel, Galéa a pleuré de joie de voir son romancier récompensé et s'est trouvée emportée dans un tourbillon tendre et bienveillant, créé par des blogueurs qui la connaissent finalement drôlement bien (elle était tellement heureuse que Numérobis a dit à sa maîtresse le lendemain, qu'on m'avait félicitée pour mon Nobel).Il faut donc se rendre à l'évidence, j'ai encore besoin de Galéa, donc elle et moi allons continuer un peu notre petit bout de chemin ensemble...
(il faut juste qu'elle me remotive un peu).






