mercredi 1 juillet 2015

Les blogueurs parlent aux blogueurs # 3- Mior


Cet entretien  avec Mior était prévu depuis plus d'un mois, je lui avais proposé de se prêter au jeu pour parler du slow-blogging, qui lui tient à coeur, mais les récents échanges sur Facebook, ont bien montré que cela peut déclencher la polémique ce type de billet.

Je maintiens quand même ce rendez-vous par principe, en espérant que cela ne déchainera pas en commentaires les leçons de morale et autres commentaires outrés, car si ça ne me pose pas de problème que certains blogueurs se réclament d'une certaine popularité et affichent leur réussite et autres bons scores chez les différents baromètres de la blogo, si je me réjouis pour tous ceux pour qui les blog est un peu plus qu'un loisir, j'aimerais vraiment qu'on manifeste le même respect pour ceux qui décident de dire, un peu fort parfois et pas toujours avec la forme souvent, qu'ils bloguent peu  mais le mieux possible.

Mior est un tempérament bouillant et excessif, je le sais car nous étions jurées ensemble chez ELLE en 2014, elle ne mâche pas ses mots, dépasse parfois la limite de bienséance (sachez que nous avons, d'un commun accord, coupé tout ce qui pourrait encore faire polémique ou choquer tel ou tel). Mais comme pour toutes les vraies grandes gueules, il y a chez cette blogueuse quelque chose de fragile et faillible, la persistance du doute (et l'impossibilité de faire dans le court et le concis ;-)

J'espère que ce billet serait lu pour ce qu'il est: non pas un jugement de valeur sur la blogosphère mais le portrait d'une blogueuse passionnée et au grand coeur.

1- Trois mots de présentation : mais qui est Mior ?


Bonjour !  Je suis violoniste et prof de violon de profession, parisienne d’adoption. Tout le monde sait que ce sont les plus férocement attachés à Paris, et même si régulièrement je râle contre la difficulté des transports, le temps pourri, le prix délirant de l’habitat,  la capacité des parisiens à ronchonner tout le temps et à se la péter, j’aime l’idée de vivre dans une capitale, et une très belle ville, et j’essaye d’en profiter culturellement :  quelle offre !...

J’ai un âge qui me classe direct dans les mamies de la blogo , bien que je ne blogue que depuis trois ans tout juste.. nan, je ne vous dirai  pas… bon , allez , je suis née dans les années soixante, j’avoue… (pff, faich’…) Mais bien sûr je fais beaucoup plus jeune que mon âge :-)) J’ai trois enfants de 17, 15 et bientôt 11 ans. Autant dire que ce n’est pas de tout repos ;-)

2- Ceux qui te suivent depuis longtemps savent que « les livres sont nos maisons de papier » était un blog collectif à ses débuts, avec plusieurs intervenants. Quelle a été la petite étincelle qui a mené à l’ouverture d’un blog et surtout comment se fait-il que tu y sois la seule "tenancière" actuellement ?

Oui , nous partîmes à 3, et me voilà toute seule (mais ce n’est peut-être pas définitif ;-) . Il y avait avec moi ma fille -qui avait tout juste quatorze ans en Juin 2012- et une amie de mon club de lecture IRL, Poppy. C’est une fille fabuleuse, qui lit énormément et dans très grande ouverture d’esprit, une belle curieuse comme je les aime . Mais elle s’est très rapidement rendue compte qu’elle était mal à l’aise sur un blog : à qui s’adressait-elle ? pourquoi ? Elle a donc très vite jeté l’éponge , à mon grand regret.

Quant à ChupaChups, elle avait eu les yeux plus grands que le ventre (les chiens ne font pas des chats) . Son rêve secret étant d’écrire une somme qui fera date sur Harry Potter, il n’est pas déraisonnable de penser qu’elle reviendra pointer son museau ici un de ces jours (mais en rentrant en Terminale et faisant bcp de musique, hum...la thèse Es Pottologie attendra peut-être encore un peu ).

L’étincelle ? une bibliothécaire sympa qui me parle de son blog , comme ça en passant… je découvrais vraiment, jamais entendu parler de ça avant ce printemps 2012, pas le moindre clic sur une page . Rigolo, non ? J’ai alors eu l’impression que j’avais toujours eu envie de bloguer sans le savoir ! Et j’ai foncé. Ta question me permet d’évoquer les cercles de lecteurs IRL : pour moi une expérience fabuleuse. C’est ce club en premier lieu qui a un peu changé ma façon de lire : il fallait lire un peu plus analytique pour pouvoir échanger, dépasser le stade du j’aime-j’aime pas, dialoguer avec une professionnelle (notre libraire de quartier), aussi …  j’ai adoré

En fait , pour moi, bloguer , idéalement c’est créer un très grand Cercle de Lecture avec ceux avec qui on se sent “bouquino-compatibles” C’est un peu cette atmosphère qu’on trouve dans “le Mois Anglais “ par exemple, et qui fait son succès, certainement. On se motive pour lire des choses plus exigeantes , éventuellement, et on se tourne un peu plus vers les classiques, aussi.


3- Tu es une blogueuse exigeante, tu écris des billets longs, et tu fais aussi des commentaires assez longs. On ne peut pas dire que tu survoles la question, tu es plutôt du genre à aller fouiller en profondeur. Alors  quelles sont les pratiques ? Le temps passé chaque jour ou chaque semaine sur ton propre blog mais aussi sur celui des autres? Combien de blogs suis-tu, à partir de quels agrégateur. Es tu d’accord pour donner ton nombre de visites ou c’est black-out sur les stats ? Celles-ci te conviennent-elles ?


Euh , exigeante , je ne sais pas ? Je veux apprendre quelque chose , ou sourire, ou sentir quelqu’un à travers son billet, j’essaye de procéder ainsi moi-même, donner du “grain à moudre”, susciter la discussion. Mon kiff , c’est les commentaires ! J’essaye de répondre très vite, pour que le “ping-pong” puisse éventuellement durer. Les commentaires , c’est la troisième mi-temps du billet , c’est un aspect convivial du blog qui est une vraie récompense, la gratification du blogueur, en vérité. Le ton y est plus léger en général, mais on peut aussi approfondir, mine de rien, le fond du billet, établir des passerelles avec d’autres ouvrages, d’autres auteurs, d’autres billets .

Comme je l’ai expliqué quand j’ai commencé mes billets “Voyages dans la blogosphère” j’ai d’abord blogué en toute innocence et en toute autarcie (ce qui me paraît un peu ridicule quand j’y repense…). J’ai mis un temps fou à découvrir qu’il existait une blogo ! Mais là , ça m’a bien passionnée tout de suite, en revanche.

Une anecdote tordante : quand j’ai commencé, j’ai dû -sans le savoir- être repérée et mise en avant, sur un site type HelloCotton peut-être ?? (j’en ai eu confirmation plus tard par la mère d’une amie, mais qui n’a pas su me dire qui ou quoi) . Alors j’avais 2000 visites par mois et pensais que c’était normal !! Evidemment ça s’est vite écroulé, d’autant plus que je ne publie pas frénétiquement , c’est le moins qu’on puisse dire ; maintenant je suis remontée à 2500/3000 vues par mois , ça me va, ma foi.

J’ai fini par rallier Feedly pour suivre une bonne soixantaine de blogs régulièrement ; c’est un vrai temps de lecture , qui entre d’ailleurs en concurrence avec celui que je peux consacrer aux livres, ce qui est un problème. Alors je le fais , comme le reste, irrégulièrement. Je commente pas mal , comme tu l’as souligné, parce que je pense que tout le monde aime ça ? !  Mais j’aime aussi me plonger , de temps en temps , dans un nouveau blog , lire tout ce qui a été publié depuis six mois, car on sent bien “la personne derrière”, de cette façon ; on sait vite si on a envie de faire un bout de chemin ensemble … ou pas .
Je ne lis pas vite , et je rédige lentement (je tape lentement, je suis une quiche informatique…).Je ne sais pas faire un billet en moins de deux heures ! Donc , bloguer, même slow, me prend un temps considérable ;-)
C’est quotidien , au moins un volet ou l’autre : lire/rédiger/commentaires/visites chez les autres.

4-Du blogueur à l’individu, quel rapport ? Le blogueur (avec ou sans pseudo) est-il un nous amélioré ? Jusqu’où va la volonté de transparence ? On assume ou pas ce que l’on écrit ? Tu parles assez peu de ta vie personnelle sur ton blog, en revanche, tu es très engagée sur certains sujets, jusqu’à quel point Mior te ressemble-t-elle ?


Mior c’est mon nom d’enfant qui avait jusque là un emploi strictement familial ; mon vrai prénom est Marie-Laure, comme on peut le deviner. Le pseudo, je m’en fiche un peu, c’est juste une signature. Je ne me cache pas derrière, mon entourage sait que je blogue , par exemple. Certains amis me suivent, d’autres s’en fichent complet . Il est probable que Mior et M-Laure ne fassent qu’une depuis le début.

 Oui, on assume ce qu’on écrit ! (comment faire autrement ??). Je suis quelqu’un d’assez cash dans la vie, j’aime la franchise, l’engagement, les passionnés ; je rêve de pondération et de douceur, mais cela me semble souvent hors de portée ;-) Quoique en ce moment je suis “en plein travaux” !  Alors la Mior nouvelle sera peut-être plus consensuelle et plus apaisée ? Mais il y a belle lurette que j’ai renoncé à plaire à tout le monde si c’est ce que tu veux dire ;-)
Mior a peut-être plus d’humour que la vraie M-Laure ; c’est donc bien moi en mieux  (un moi amélioré, j’aime bien l’expression, je m’en resservirai !)

5- Tu es parisienne, donc tu as un grand choix de librairies, quelle lectrice es-tu ? Tu fréquentes les bibliothèques ou tu préfères acheter tes livres ? Tu offres des livres mais t’en offre-t-on encore ? (c’est le problème des gros lecteurs auxquels personne n’ose offrir de livre).

Oui, on m’offre encore des livres , heureusement ! Je vais te dire, très honnêtement je ne me classe pas dans la catégorie des grands lecteurs (gros, tu m’excuses, je n’y tiens pas !)  ne serait-ce que parce que je lis assez lentement . En revanche , oui , je lis passionnément et depuis toujours.
Je fréquente les bibli, celle de mon lieu de résidence , celle de mon lieu de travail , et puis encore le bibliobus où ils ont pas mal de nouveautés (et pour le côté fun du camion garé, c’est festif, ça fait tout de suite place du village !) J’achète beaucoup également. Car il y a beaucoup de librairies fabuleuses à Paris, en effet ! Ma préférée reste Galignani, Rue de Rivoli, pour son cadre somptueux , dedans, dehors. Mais j’aime aussi, par exemple “La Belle Lurette” rue St Antoine, “l’Arbre à lettres”  Faubourg Saint Antoine , une toute petite Rue du Jourdain qui fait de très belles sélections, ou “Atout Livre” dans le 12ième (hello Marjorie !) Géographiquement je suis proche de Millepages (Vincennes) et Folies d’Encre (Montreuil) donc vraiment pas à plaindre . Sans oublier sur mon-tout-petit-libraire ;-)  (Librairie Mot à Mot ) Je ne crache pas sur une virée Fnac de temps à autre ; ma préférée, celle des Ternes, qui a un côté luxe, calme et volupté qui me ravit. En revanche, je crache sur Amazon, oui ! Il faut une excuse valable, à mes yeux, pour recourir à leurs services (et il y en a peu…). Sponsorisons nos libraires, c’est important !

6- La question qui gratte : Mior et le monde l’édition ? On en parle, ou on préfère ne pas s’étaler ? Ceux qui te connaissent savent que tu n’es pas opposée aux partenariats, qu’il t’est arrivé d’en faire et tu as même dit une fois que quand tu as ouvert ton blog, tu espérais en recevoir. Tu maintiens ? Car vu que tu parles fort, on sait aussi que c’est un principe qui parfois t’agace. Alors est-ce que Mior est claire dans son rapport avec les éditeurs ?


Zéro souci , rien dans les poches. Alors je dissipe un malentendu entre nous : aucun partenariat, aucun SP. La seule fois où j’ai reçu un bouquin gratos (hormis jeux, et délicates attentions entre blogueuses) , c’était “Passés par la case prison”, ouvrage collectif auquel a contribué Olivier Brunhes , un auteur que je connais IRL ...en tant que parent d’élève ! 

Oui quand j’ai commencé je rêvais de recevoir plein de livres ; c’était naïvement l’image que j’associais à celle de la réussite de ce projet de blog. Personne ne m’a rien proposé jusqu’alors , ça m’a calmée ;-) J’ai appris avec une certaine surprise qu’on pouvait demander, poliment, aux éditeurs, de bénéficier de services de presse. Je ne me vois pas le faire. On en revient à des réalités économiques : si les grands amateurs de livres, eux mêmes, ne veulent pas payer leurs livres, mais alors ? ? Il me semble qu’aucun acte d’achat -ou de non-achat, en l’occurrence- n’est totalement anodin. Le gratuit n’existe pas , c’est juste que quelqu’un paye à votre place, et moi qui appartient au monde de la musique suis bien placée pour le savoir. Beaucoup de blogueurs se vivent comme des critiques amateurs de qualité, ce qui légitime la démarche à leurs propres yeux. Ok… Je ne dis pas “fontaine, je ne boirai pas de ton eau” mais c’est de moins en moins ce que je recherche dans cette aventure, je le crois sincèrement (mais c’est facile de jouer les incorruptibles tant qu’on ne vous a pas sollicité , j’avoue !!)

7- J’en viens naturellement au Slow Blogging. Certaines pratiques de la blogosphère t’exaspèrent (et tu n’es pas la seule), tu ne t’es pas privée de le dire un peu sur tous les tons, c’est ainsi que tu as créé le SlowBlogging (la qualité plus que la quantité), auquel pas mal d’entre nous ont adhéré (et tout de suite en ce qui me concerne). Je te laisse rappeler les grands principes du SlowBlogging je vais néanmoins me faire l’avocat du diable : le slowblogging n’est ce pas la communauté des blogueurs qui ne sont pas influents, qui savent qu’ils ne le seront jamais (par manque de temps, de talent ou de réactivité) et qui ont du mal à le digérer ?

Bien sûr on peut le penser ! Si j’ai écrit ce billet, c’est que j’ai du mal à m’affranchir d’une pression que je ressens fortement : la multiplicité des blogs et la multiplication des billets devient un peu folle, et le lien régularité abondante/ fidélisation d’un lectorat semble inévitable. Or elle donne peut-être lieu à une affadisation des blogs : vite lu/vite chroniqué , par exemple ? Ce n’est qu’une hypothèse bien sûr ;-)

 Autre problème : dans ces conditions ils devient problématique de suivre beaucoup de monde ( ce qui reste mon envie). Les billets s’entassent, si on décroche ne serait-ce qu’une petite semaine on peut se retrouver avec pas loin de 200 billets de retard, c’est dément ! Cela m’attriste, car c’est la porte ouverte au billet lu en diagonale, forcément  (et là , je sais que je rejoins une “fixette” à toi !!). Heureusement, les slows compensent les stakhanovistes. Mais attention : certains bloguent plus vite que leur ombre et vachement bien ! (plusieurs de mes blogs favoris sont dans ce cas ) .

Il est évident que cela dépend aussi du temps dont on dispose, des facilités rédactionnelles que l’on a, du type de billet que l’on aime écrire...Tout se complique, ah ah… M’enfin , je peux te dire que si ce billet sur le SlowBlogging a été lu plus de 669 fois (et tu te doutes que ce n’est pas mon étiage habituel ),  s’il a suscité autant de réactions d’adhésion et de soulagement (c’est palpable dans les commentaires !) c’est bien qu’il évoquait une réalité qui pèse à beaucoup, et l’envie que ça respire un peu plus là-dedans .

 Je n’invente pas le slowblogging , évidemment (certains m’ont répondu malicieusement le pratiquer depuis toujours) et je ne peux ni ne veux imposer quoi que ce soit ! Simplement réfléchir à une sorte de “décroissance” peut-être, pour le bien et le meilleur de la blogo qui menace de devenir obèse.

8- Le blogueur écrit pour son blog … et sinon, est ce que Mior envisage d’écrire pour de vrai, sur des cahiers à spirales par exemple ? A force de parler des romans des autres, est ce qu’on aurait envie d’écrire le sien propre ? On t’imagine assez bouillonnante pour te lancer là dedans.


Oui j’ai très envie de fréquenter des ateliers d’écriture, et depuis longtemps. Je vais peut-être me lancer cet été. Le blog correspond  bien sûr en partie à cette envie de rédiger. Mon métier ne nécessite pas d’écrire le moins du monde, alors depuis tout ce temps cela me manquait un peu .  Mais un je-ne-sais-quoi me dit que dois surtout développer ma carrière de lectrice ! De quoi occuper une vie toute entière…  Je doute vraiment avoir une quelconque plume et si écrivain est pour moi un métier de rêve , cela restera je crois dans cette sphère irréelle



9- De quelle couleur est ton blog ? (interdiction de mettre arc en ciel, c’est trop consensuel, mais je prends toutes les autres du jaune citron au marron glacé en passant par le bleu pacifique). Et pour illustrer, cites 3 livres sans lesquels tu ne serais pas tout à fait le même.


Eh bien jaune citron, ça me va , je crois ! J’aime ce qui est acidulé, qui pique, qui pétille , qui réveille . Il paraît que c’est la couleur de l’été cette année, dis donc . Avec un peu de maturité je pourrai peut-être atteindre au jaune soleil , voire à l’orangé couleur de sérénitude ? On peut toujours rêver :-)

 Trois bouquins sans lesquels je ne serais pas tout à fait la même ?ARGHLLL, trois ?? Misère…

Enfance : comme beaucoup j’aurais pu citer Les Trois Mousquetaires comme choc initial, mais je choisis Le pays où l’on n’arrive jamais d’André Dhôtel. Un enchantement poétique et comme hors du temps qui m’a suffisamment marquée pour que très longtemps après je nomme mon dernier-né d’après le jeune héros de Dhôtel , Gaspard. 

 Jeunesse : Marcel Proust et sa Recherche du temps perdu. J’ai découvert Proust  jeune, je devais avoir dix-huit ans ;  je me souviens le lire assise dans le couloir de ces vieux Corail  ( je parle d’un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître ;-) avec compartiments de huit, bondé , forcément bondé. Ce devait être l’été, j’étais amoureuse d’un type plus âgé qui me pygmalionnait et me faisait découvrir (entre autre) beaucoup de textes. J’avais une vision très politisée de la littérature, à l’époque , je pensais que Proust était une sorte de bourgeois décadent, et partant , nul et non avenu (je pleure de rire en y repensant !!) . Et là, c’est le choc , la littérature plus grande que la vie, etc.. C’est le seul bouquin que je relise (et le seul auteur avec Virginia Woolf qui me mette à la renverse à ce point-là, je crois bien) 

 Et le troisième : me rend malade depuis plusieurs jours ! Que dire , qui choisir ? Je pleure, je me désespère, choisir c’est éliminer et partir c’est mourir un peu …Bon, ça ne peut pas être un écrivain de langue française, les deux premiers le sont (et comment) . Ni un classique, ni un écrivain homme, partant… Alors je choisis  Le livre de Dina d’Herbjorg Wassmö : un récit crépitant, une femme flamboyante et libre, la musique, la Scandinavie, cette façon simple et droite de dire et de vivre les choses  … beaucoup de choses qui me fascinent et me parlent profondément (et en cela H.Wassmo est bien la digne héritière de sa voisine la grande Selma Lagerlöf) Ouf, c’est fait ...


10 - Le mot de la fin  est pour toi Mior.

Eh bien Galéa , je voudrais raconter que nous nous sommes vraiment rencontrées grâce au Prix ELLE 2014, qui suscita  à ton instigation mon inscription sur Facebook en tant que blogueuse il y a environ dix-huit mois ( il m’arrive de penser que j’aurais mieux fait de me casser une jambe ce jour-là , mais bon , ceci est un autre sujet que tu traiterais tellement mieux que moi ! J’ai hâte que tu t’y colles !).  Je m’en rappelle bien et  rien que pour cela je ne regretterai pas cette aventure ELLE. Ne manque plus qu’une rencontre IRL ;  je ne désespère pas ;-)

Tout d’abord je te remercie de cette invitation sur ton blog qui m’a fait un plaisir infini . Mais plus encore je te remercie pour la pertinence  et l’impertinence de tes billets ! Enfin d’avoir initié cette nouvelle chronique “des blogueurs parlent aux blogueurs “ qui est un vrai plaisir de début de mois . Très bon été à tous , très belles lectures, très bon blogging , slow ou pas ;-)  

MIOR

lundi 29 juin 2015

Pourquoi mon billet sur Trollope ne sera-t-il pas en ligne demain? (ou comment rater en beauté son mois anglais)

J'avais tout bien préparé depuis avril, lu des romans en avance, travaillé mon logo, pris des contacts, je m'étais faite remarquer sur le groupe FB. Le mois anglais, ça devait être mon mois, l'instant où mon blog redémarre, avec un billet par semaine et peut-être même 2 par dizaine de jours (un rythme de fou quoi).

Je sais, je sais, j'ai été trop ambitieuse. Déjà enfant, j'étais comme ça, je commandais des plats au restaurant que mon père devait finir par politesse pour le cuisinier (ça a duré jusqu'à mes 20 ans que l'Homme prenne la relève, résultat: à 50 ans, le paternel pesait ses 100 Kg -tout pile le double de sa fille capricieuse-, ce n'était pas si simple pour lui).

Bref, j'avais lu en mai le Fletcher (chouette), le Solomons (vraiment pas chouette) puis le McEwan (bof)  et il me restait tout juin pour lire Dr Thorne et rendre ma chronique le 30 pour la Lecture Commune. Mais c'était sans compter une avalanche d'obligations et d'imprévus qui allaient se mettre en travers de ma route, et me faire lamentablement échouer mon mois anglais.

Perditude quand tu nous tiens.

Je voudrais donc rendre hommage aux fournisseurs officiels de ce billet.

Mes filles d'abord que je remercie du fond du coeur. Car sans elle je n'aurais jamais gouté au burn-out social  (les relations humaines, comme la conduite automobile, me demandent un véritable effort, et là je suis au bord du surmenage).

Grâce à elles,  j'ai eu le droit aux kermesses et à la masse d'anniversaires divers et variés (comme quoi les mois d'août et septembre quand même, sont propices à la reproduction). Des anniversaires de tous les genres, du gros bourgeois qui propose une initiation tennis à des enfants de 8 ans, à des mères désespérées qui organisent chez Quick les 6 ans de leur bambin. A chaque fois il faut :
- penser au cadeau ("il est plutôt pirate ou chevalier Anatole?" "Il est Ninjago maman, voyons"),
- anticiper le trajet ("le GPS met que c'est à 20 mn, pourquoi a-t-on déjà 1 h de retard?" "Ils vont faire le gâteau sans moiiiiiiiii" sanglots sur la banquette arrière, culpabilité, panique)
- s'insérer dans une discussion avec (au choix) les voitures, le prix de l'immobilier, les pédiatres bien côtés, les activités ludiques, les méthodes de lecture (???????)...(parfois on se demande si on est un vrai parent normal quand même)
- attendre anxieuse la fin et le bilan implicite ("C'était un chouette anniversaire, merci " "oui Merci à vous d'être venues, mais dis donc elle a déjà un sacré caractère quand même ta fille"). 
Moment de solitude. Répétition du mantra de base "accepte ton enfant tel qu'il est".

Sans mes filles, il n'y aurait pas eu l'incontournable gala de danse, ni cette regrettable somnolence au milieu du spectacle. Rien, une ou deux minutes (et je vous jure que c'est la première fois que ça m'arrive, je suis archi fan de danse), une somnolence juste au moment du solo de Numérobis. Pour l'instant, elle l'ignore, mais déjà je me tricote le gilet de culpabilité pour deux minutes de somnolence. Et un jour, cela échappera à quelqu'un dans une conversation, et je sais que sa rancune sera éternelle (vous pensez que je suis une teigne, vous ne connaissez pas ma fille).

Je remercie aussi du fond du coeur le gang des mulots surdoués. Si c'est comme les humains, c'est moins de 1 pour 1000. Et chez qui ils sont allés ces génies ? Chez nous! Au troisième sans ascenseur. Des petits mulots qui mangent les appâts sans jamais se faire prendre, remarquablement intelligents, d'une rapidité étonnante, des mulots mignons, mais des mulots quand même. Et moi je n'aime pas les mulots, pas chez moi.

Avoir des mulots c'est rentrer chez soi en hurlant pour qu'ils aillent se cacher, c'est sursauter au moindre bruit, c'est en voir partout tout le temps, c'est avoir peur d'en trouver dans son lit, c'est guetter les plinthes, renoncer à ouvrir certains placards de la cuisine...avoir des mulots, c'est se dire que vraiment, non, on ne sera jamais une warrior (et que jamais on aurait tenté Koh Lanta).

Il y a donc eu l'épisode Rayures qui propose d'en domestiquer un ("Mais si Maman, il dormira avec moi, on sera bien, je suis allergique au chat, s'il te plait s'il te plait s'il te plait, je veux un animal). Vous me pensiez asociale, vous ne connaissez pas Rayures (ma fille, c'est moi en pire).

Une fois de plus, j'ai perdu tout sens de la dignité (je suis en train de faire la fortune des psy des années 2020-2030) j'ai menacé tout le monde de divorce et de suicide ( j'exagère à peine en fait), et l'Homme a passé une semaine à gérer l'affaire (et à se lever la nuit pour m'accompagner aux toilettes....shame on me). Mon Homme à moi est (entre autres choses) un redoutable chasseur, même avec des mulots surdoués.

J'ai intérêt à me mettre fissa à faire de trucs de bonne ménagère si je ne veux pas qu'il déguerpisse en courant  le jour de mes 40 ans (éventuellement, j'envisageais de m'acheter une centrale vapeur pour commencer...sinon je prends tous les conseils bien avisés pour garder un mari quand on est névrosée, capricieuse, phobique, têtue, rancunière, débordée et mal dégourdie....).

Je remercie ensuite chaleureusement Facebook et la blogosphère qui toujours me rappellent ma propension à m'exciter pour rien, à prendre des partis perdus d'avance, à défendre des trucs qui n'en ont pas besoin. Perdre le temps qu'on a pas, c'est un art, et j'ai la chance de le maîtriser.  S'il y a un sujet vérolé, il est pour moi. J'ai donc joyeusement relayé une énième polémique (je rappelle qu'une polémique c'est un sujet sur lequel personne n'est d'accord, ou chacun  se sent (au choix) "pointé du doigt" ou "très au dessus de cela", mais auquel tout le monde participe quand même, quitte à tâcler un peu tout en donnant des leçons à ceux qui ne seraient pas daccord) . Bref. La blogo quoi. Une fois encore, je n'ai pas su me taire. Il n'y a pas à tortiller, je ne serai jamais consensuelle.

C'est ainsi qu'à la question "Qu'est ce qu'un bon blog? " Je répondrai, ça n'existe pas sinon on serait tous journalistes ou écrivains (c'est bon, on se détend, c'est de l'humour, vive les blogueurs!!!!).

Enfin, je remercie du fond de mon coeur, la crève de juin. Oui ce virus que personne n'attrape, sauf au mois de novembre.

"Je ne tombe jamais malade, je ne peux pas être malade, pas maintenant" entre deux sanglots au téléphone avec ma mère-la-fée, qui me répond "Ne bouge pas, je t'apporte du Doliprane".

Serais-je vraiment la patronne de la perditude si je ne passais pas l'équinoxe clouée au lit avec une bonne fièvre? Aurais-je encore une légitimité à tenir mon blog si je n'étais pas aphone le premier jour de l'été? Ne perdrais-je pas un peu de moi si je ne vociférais pas par la fenêtre un 21 juin :"arrêtez votre bruit, y'en a qui sont malades punaise, un peu de respect". Vraiment non. Dans la vie, on ne se déclare pas looseuse, on l'est ou on ne l'est pas.

J'aurais aussi pu vous parler de la division de nombres décimaux, des compléments de noms (heureusement je paie l'étude le soir pour éviter d'aller trop dans le coeur du sujet), j'aurais pu vous parler de la famille qui débarque de Bretagne un dimanche soir à l'improviste dire bonjour (mais en fait c'est pour s'inviter à l'apéro alors qu'on travaille le lendemain), j'aurais pu vous parler des travaux du tram qui passera sous notre immeuble qui peut-être s'écroulera dans quelques mois, j'aurais pu évoquer une audition de violoncelle, la frénésie des bulletins scolaires....Mais ça serait un peu trop excessif.

Tout ça pour dire que j'ai lu seulement 150 pages des 760 du Dr Thorne, j'aime beaucoup, mais il faudra attendre un petit moment pour avoir un billet (et je sais que chacun retient son souffle, car le billet d'une blogueuse de seconde zone sur un auteur anglais connu que des spécialistes de la période victorienne, c'est quand même vendeur de chez vendeur- vous cherchiez le succès? Galéa vous donne la recette).

Jamais sans mon filtre
(devise du mois de juin)
Et vu que je vais enchaîner ensuite sur La Recherche  (j'ai toujours su que je l'attaquerai un jour, je crois que le moment est peut-être venu), ce blog risque de publier de moins en moins de billets littéraires et donc davantage de billets égocentriques, malhonnêtes et malveillants...car quoiqu'il en soit je garde un mauvais fond.

Voilà, j'ai bien raté mon mois anglais, sur mon propre blog d'abord mais aussi chez les autres, que j'ai à peine eu le temps de le suivre.

Mais on est le 29 et j'ai survécu à juin (et à la préparation de la pissaladière pour 25 personnes  pour les 9 ans de Rayures avec 39 de fièvre - je n'ai rien fait, mais je n'étais pas loin de la cuisine).

C'était Galéa la voix cassée, les yeux gonflés et le nez en chou-fleur, en direct de l'avant dernier jour du mois de juin.

Veni, Vidi, Vici
(oui je dégaine du lourd car je suis pour le maintien du latin au collège).

mercredi 24 juin 2015

Sur la plage de Chesil

Ian McEwan Sur la plage de Chesil (2007)
Folio, 2012, 178 p.
(oui c'est bien le fond de tasse d'un mug qu'on
voit imprimer sur la première de couverture. Vous
êtes prévenus: ne me prêtez jamais de livres)
Bon, je m'étais dit que ce serait une valeur sûre, qu'avec McEwan je n'avais aucune chance d'être déçue, en plus on m'avait dit que ce titre-là était sans doute son meilleur (quand je dis "on" c'est quelqu'un qui se reconnaîtra) , il y avait eu le clin d'oeil de ma libraire à la caisse "excellent choix vous allez vous régaler". 

C'était sans compter l'immense perditude de mon mois de juin (je vous en reparle bientôt).

Sur la Plage de Chesil c'est l'histoire d'un très jeune couple, tout juste marié, qui s'apprête à vivre sa nuit de noce dans une chambre d'hôtel du bord de mer.

Voilà. J'ai tout dit.

Ah si pardon, ils sont vierges tous les deux. Lui il a faim qu'il n'en peut plus (si vous voyez ce que je veux dire), et Elle est très moyennement portée sur la chose.

Mon Dieu, je n'aime pas les huis-clos, je n'aime pas les histoires de couple, je ne crois pas qu'une nuit de noce (ratée ou réussie) soit un élément fondateur de ce que sera notre vie plus tard. Désolée je n'y crois pas du tout. En plus vraiment, je ne suis pas friande de ce genre de détails techniques. Elle m'a énervée la violoniste qui se croit frigide, il m'a gonflé le jeune puceau qui essaie de ne pas précipiter les choses. Je n'aime pas entrer dans cette intimité là, sauf quand McEwan en fait quelque chose de très émoustillant comme dans Expiation (magnifique scène de la bibliothèque). 

Ici ce n'est pas le cas.

Et surtout, surtout, j'ai attendu jusqu'à la dernière page le twist de McEwan, que j'étais habituée à retrouver, ou finalement la littérature triomphe de tout parce qu'elle a tous les droits. Où le vrai est faux, et le faux n'est que fiction, quand McEwan retourne son lecteur comme une crêpe. Rien du tout. (je n'en avais lu que deux de lui, je pensais qu'il faisait ce coup à chaque fois...et bien non).

C'est juste un livre déprimant sur (j'imagine) le sexe, l'amour, le désir, le destin, les divergences sociales etc....bref au secours.

Je vous le dis, ce mois de juin ne m'est pas hyper propice (j'ai du faire des trucs pas terribles terribles dans une autre vie en juin quand même).

C'était une lecture commune avec Aspho, ma grande prêtresse préférée à qui je souhaite que du bon pour les temps à venir.


Fournisseur officiel de ce billet: ma gentille libraire indépendante, dont je ne partage pas tous les goûts, mais à laquelle  je resterai fidèle quand même.

vendredi 19 juin 2015

La Galerie des maris disparus

Natasha Solomons, La Galerie des maris disparus
Calmann-Lévy, 2014, 348 p.
Et si je vous parlais d'une femme, Juliet, abandonnée par son mari qui disparait (of course...rapport au titre). Si je vous dis que c'est une femme juive, qui évolue dans une communauté où la femme n'existe pas sans son mari (à moins qu'il soit mort...bref il aurait mieux valu qu'elle soit veuve). Et si je vous promet que Juliet va aller au delà de cela et s'émanciper en tant que femme en créant sa propre galerie à Londres?

Tentant non ?

Alors sur le papier, franchement ça fait rêver : on nous promet de l'intrigue (mais pourquoi a-t-il donc disparu dis donc ?) , du destin de femme qui sort du carcan de la communauté, la saveur des années 60 (et d'un certain accès à la liberté), de la description d'une société juive repliée sur elle-même,  tout cela mêlé de peinture, de galerie, de peintres maudits...

On se dit "oh punaise, le bon moment que je vais passer, surtout après le Manoir qui m'avait enchantée".

La je dis: "doucement Galéa, attention".

Car hormis la description de la communauté juive orthodoxe (drôle, tendre, piquante et bien menée), tout le reste est absolument raté.

Le personnage de Juliet déjà, auquel on ne s'attache pas deux minutes (comment apprécier quelqu'un qui collectionne des portraits d'elle-même ? je pose la question). Elle n'est pas drôle, n'a aucune consistance, et manque autant de faille que d'aspérité, elle est assez ennuyeuse, en tant que mère c'est un peu difficile de s'y identifier, en tant que femme elle est bizarre, en tant que fille, éventuellement, on aurait quelque chose à sauver....peut-être...

L'histoire ensuite qui ne tient pas tellement debout. Il y a plus ou moins la quête du mari disparu ...enfin plutôt moins en fait, avec un roadtrip américain globalement sans intérêt, on ne sait pas bien où ça va nous mener (réponse : à une révélation assez molle).

La veine "romance" est assez pathétique aussi, autant Elise dans le Manoir avait quelque chose d'assez sensuel avec le père et le fils, autant là franchement, le Max, (peintre maudit et ermite qui ne s'est jamais remis de la guerre, parce que la guerre c'est dur, des gens meurent) dont Juliette est amoureuse,  ne fait fantasmer personne.

L'histoire de la peinture enfin, qui aurait du fournir une toile de fond convenable (jeu de mots!!!)  ne présente qu'un intérêt assez limité. La description des toiles (dont Juliette est l'éternel sujet) n'est pas à proprement parler très intéressante, ni très ludique. Hormis le suicide d'un peintre figuratif qui est plutôt bien trouvé, tout le reste m'a profondément ennuyée (les peintres, les galeries, les soirées dans un manoir).

Quant à la mention spéciale en fin d'ouvrage, intitulé Note de l'auteur,  sur la grand-mère du mari de Solomons, dont elle se serait inspirée, avec la petite anecdote du couple avant son mariage (je jure sur l'honneur que c'est vrai)  bon franchement, c'est simple, ça fait de la peine.

Voilà, on peut réussir un roman, et même deux,  et en rater complètement un troisième. 

Où alors, la pauvre Natasha a du répondre à une commande de son éditeur, où bien elle avait sa toiture à refaire, où (dernière possibilité) elle s'être prendre son identité par quelqu'un qui la déteste...

Sinon, c'est officiel Natasha Solomons est une romancière inégale qui est capable de faire de la soupe.

C'était une lecture commune avec Hélène (qui a tiré le bon lot avec Jack) et Fleur (qui partage ma déception).

Fournisseur officiel de ce roman : Aifelle, la merveilleuse, qui a toujours une petite attention pour ses amies virtuelles, et qui me gâte plus souvent qu'à mon tour. J'espère qu'elle me pardonnera ce billet un peu sévère.

lundi 15 juin 2015

Orange : photo du mois # 6

Ce mois-ci le thème de la photo du mois, c'est Orange, choisi par Xoliv'. Je dois dire que je m'attache de plus en plus à ce rendez-vous photo, qui a le mérite d'être mensuel (donc tenable), et de me forcer à avoir un autre regard sur les choses pendant quelques semaines. Depuis le 15 mai, j'ai donc un regard "compatiblorange" sur ce qui m'entoure, sachant que je déteste cette couleur, mais que je voulais quand même une jolie photo (enfin selon mes critères bien sûr).

Et c'est toujours pareil, on sait bien qu'on a 4 semaines pour penser au thème, et puis le week-end qui le précède, on n'a toujours rien. Rien de rien.  J'ai bien pensé à Guillaume (surtout après le Fletcher), mais bon je n'avais pas de gravure à portée de main et je ne suis pas certaine que la référence aurait été évidente, le coup de l'orange ou de l'oranger aurait nécessité un peu d'originalité pour ne pas être trop convenu, l'abricot me paraissait mesquin comme solution de repli, le coucher de soleil était interdit, je n'aime pas le feux de signalisation, aucun Zulma de ma bibliothèque n'est dans ces teintes.

J'avais donc décidé de vous parler des tuiles des toits du Sud, de ce orange aérien et mélangé qui sent l'Italie (surtout pour moi pour qui l'ardoise reste l'ultra référence en matière de toiture). J'avais réfléchi à plein de possibilités, avec ou sans clocher, sous un ciel d'orage, grand soleil ou feuilles de palmier.

Et puis voilà, au détour d'une rue,  on tombe là dessus, en temps normal mon tempérament joyeux m'aurait fait dire "il faut oser quand même se lancer dans une façade aussi tranchée". Mais là je cherchais du orange qui soit joli et qui m'évoque quelque chose,  un orange sans ambiguité, qui ne tire pas au ocre, au jaune, au saumon ou au rosé, un orange qui pique.

Un orange qui me rappelle combien l'architecture de la Belle Epoque ne sera jamais égalée dans mon coeur,  un orange qui est venu à moi sans que je n'ai rien besoin de faire finalement.


Allons voir comment mes petits collègues envisagent le orange.

KK-huète En Bretannie, Renepaulhenry, Calamonique, Dame Skarlette, Galéa, Loulou, Estelle, Lavandine, Philisine Cave, Pilisi, princesse Emalia, Luckasetmoi, Fanfan Raccoon, Giselle 43, Frédéric, Chat bleu, Testinaute, Sinuaisons, Dom-Aufildesvues, Thalie, Cocazzz, Krn, Eva INside-EXpat, Josette, Nanouk, La Fille de l'Air, François le Niçois, Iris, Utopique-Lily, Christophe, J'habite à Waterford, Lecturissime, A chaque jour sa photo, Lau* des montagnes, Lavandine83, A'icha, My Little Reflex, Autour de Cia, Guillaume, Sandrine, Blogoth67, MauriceMonAmour, BiGBuGS, Rosa, Loqman, Josiane, Les Filles du Web, Tambour Major, Blue Edel, ratonreal, Morgane Byloos Photography, Isaquarel, Les bonheurs d'Anne & Alex, Arwen, Alexinparis, Koalisa, Julia, Laurent Nicolas, Céline in Paris, Amy, Voyager en photo, Xelou, Pixeline, Akaieric, Champagne, Homeos-tasie, Laulinea, Canaghanette, DelphineF, El Padawan, Milla la galerie, Cara, Xoliv', Alban, Gilsoub, MyLittleRoad, magda627, Woocares, Noz & 'Lo, Philae, Dr. CaSo, Aude, MissCarole, Tuxana, Rythme Indigo, Mamysoren, Lyonelk, Nicky.

La Quadrature des Gueux : Le sens de la fête

Nouveau point d'étape de la quarantaine : le sens de la fête.  Que reste-t-il de nous quand il s'agit de faire la fête ? Je parle d...