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mardi 31 octobre 2017

My october

C'est l'heure des petites choses anodines et littéraires du mois d'octobre.

Le bilan d'un mois d'automne en 2 minutes (fait un peu en catastrophe quelque part entre les montagnes françaises et italiennes).


Bon mois de novembre à tous

mercredi 21 octobre 2015

My (darling) Third: la Bonne Mère

Me voici à mi-chemin, suffisamment avancée dans la grossesse pour que n'importe quel planquin vienne me parler de sujets "maternité" mais pas assez pour être impolie et l'envoyer sur les roses. Bref, c'est le moment, ou chacun nous sort "c'est la meilleure période" (mais bien sûr, viens voir mes varices et on en rediscute)

Voici donc le moment de se poser la question de fond: comment définir la Bonne Mère ? Comment avoir une chance de le devenir?

Coincée entre la Vierge et la putain, pas facile facile pour la femme des années 2010 de savoir comment s'approcher au plus près de cette icône : la Bonne Mère. Heureusement, Galéa est là, prête à répondre à cette question épineuse et déterminante, en toute impartialité, en croisant des études sérieuses et validées par le CNRS et DDASS, Galéa vous offre une nouvel article de Service Public.

Qu'est qu'une bonne mère? Comment être sûre d'en être une?

Le postulat de base est le suivant: la bonne mère, aux alentours de la trentaine, est mariée, a deux enfants (idéalement un garçon et une fille), et a contracté un crédit immobilier sur 30 ans (car la bonne mère évidemment a commencé à consolider son patrimoine dès qu'il a été question de faire des enfants). La bonne mère est prévoyante et parie sur l'avenir, elle est jeune, diplômée, bien dans sa peau et dans son époque. 

Si déjà vous ne rentrez pas dans cette catégorie (que vous soyez locataire, que vos ayez passé l'âge fatidique, ou que vous ayez moins ou plus d'enfants), passez votre chemin, vous ne serez JAMAIS une bonne mère.

Il faut savoir que la bonne mère l'est AVANT d'avoir accouché. Elle a suivi des cours d'haptonomie pour déjà entâmer une communication avec son bébé, n'a pas fumé, ni bu d'alcool, de thé ou de café, ni mangé de charcuterie, fromages au lait cru, ni des crustacés (une seule exception est tolérée: en restaurant gastronomique avec un paiement en ticket restaurant- #ElleSeReconnaitra). La bonne mère a suivi pendant 9 mois TOUTES les recommandations de l'OMS et des gynécologues (rassemblées dans un livret de 40 pages écrits en petits caractères). La bonne mère ne se plaint JAMAIS de son état, porte avec stoïcisme ses bas de contention, soigne son rhume ou sa bronchite au miel et au citron. Elle ne se plaint ni du sexe du bébé, ni des nausées, ni des varices, constipation, douleurs dentaires. La bonne mère est épanouie enceinte, mais ne demande jamais qu'on lui laisse une place dans le bus, parce qu'elle n'est pas malade.

La bonne mère fait ensuite de son accouchement le plus beau jour de sa vie, quelques en soient les circonstances. Celle qui osera dire "punaise comme j'en ai bavé pendant 14h" a déjà perdu toutes chances d'être un jour une bonne mère. Evidemment elle allaite comme le préconise l'OMS, mais pas au-delà de 6 mois, sinon elle sera accusée d'être trop fusionnelle avec son enfant.

Une fois "délivrée", la bonne mère travaille; car c'est une femme moderne et indépendante, surtout en 2015, mais attention, point trop n'en faut. Seront évidemment exclues de la Bonnemèritude toutes celles qui travaillent en horaires décalés, qui laissent leurs enfants à l'étude le soir jusqu'à 18H,  qui les mettent à l'école avec de la fièvre et un doliprane (ouhhhhhhhh). Pire encore, seront exclues également celles qui les emmènent au travail, qui grognent quand il faut poser un jour Enfant Malade (si tant est qu'elles le puissent). La bonne mère travaille, mais pas trop, elle a une activité juste pour monter qu'elle est utile socialement.

La bonne mère gère. Elle sait tenir un intérieur, trier les affaires, préparer les sacs, sa maison est propre et globalement rangée (pas trop non plus, si la maison ressemble à un musée, elle sera accusée de ne pas laisser son enfant s'exprimer). Elle maîtrise les bases en cuisine et ménage, sait recoudre un collant, soigner une écorchure, gérer un gastro. Inutile de préciser que la mère hystérique qui hurle "vomis dans la bassine punaise" a perdu tout crédit.

La Bonne Mère ne se laisse pas aller. Elle ne va pas chercher ses enfants avec les cheveux gras, le jean lâche, les baskets d'une propreté douteuse et l'épilation approximative. Attention, elle ne doit pas être trop apprêtée non plus car elle a quand même autre chose à faire que d'aller chez le coiffeur toutes les semaines (les balayages trop élaborées sont proscrits). La Bonne mère n'a pas de kilos en trop (car ça voudrait dire qu'elle se néglige), mais elle n'est pas trop maigre non plus (car cela signifie qu'elle est constamment débordée et qu'elle saute des repas). Donc la bonne mère fait un 38, éventuellement un 40 (à débattre au cas par cas), souriante, détendue, peu cernée, on appréciera les petites pattes d'oies au coin des yeux (preuve qu'elle assume son âge et qu'elle a renoncé à toute séduction malsaine).

La Bonne Mère a des amies et est socialement responsable. Elle s'implique dans la grande communauté des parents d'élèves en s'intéressant aux autres mères, elle rend service aux maîtresse quand la situation l'exige, discute diversification alimentaire, programme scolaire, méthodes de lecture, prix des activités sportives. Bien entendu celle qui traînent avec des copines un peu étranges qui boivent des bières le soir dans des bars ou refont le monde autour d'un mojito sont a priori suspectes, de la même manière que les nolife qui ont une vie parallèle avec des gens qu'elles n'ont jamais vus en vrai, ne peuvent d'ores et déjà pas imaginer qu'elles puissent un jour intégrer le club des bonnes mères.

La Bonne Mère a de l'ambition pour sa progéniture. Enfin disons qu'elle en a suffisamment pour que son enfant ait les meilleures chances de réussir sa vie. Attention néanmoins de ne pas en avoir trop, sinon elle passera automatiquement dans la catégorie des "mères qui mettent la pression" ou pire "celles qui vivent par procuration". Celles qui envisagent polytechnique, chirurgie cardiaque, danseuse au Bolchoi ou prix Nobel de la Paix pour un enfant en élémentaire seront aussi condamnables que celles qui ne regardent jamais le cahier de texte de leur chère tête blonde. Tout est une question de mesure, mesdames, réfléchissez bien à cela.

La Bonne mère aime son mari. Elle ne le quittera jamais (ce qui attesterait d'un égoïsme condamnable), ne se fera jamais abandonnée non plus (car elle prend soin d'elle et de son foyer). Elle ne passera pas non plus le temps qu'il lui reste avec un Homme qu'elle n'aime plus, car la Bonne Mère a rencontré le Prince Charmant de bonne heure, Prince Charmant qui est non seulement facile à vivre,  investi dans les tâches ménagères, impliqué dans l'éducation des enfants, tout en restant viril, drôle et bon père de famille.

Mais quoiqu'il en soit, et je confluerai là-dessus:  la mère, aussi bonne soit-elle, sera responsable de tout ce qui arrivera à son enfant: décrochage scolaire, échec sentimental, mauvaise fréquentation, absence d'autonomie, myopie, erreur d'aiguillages, poursuite de chimère, perte du bonnet de piscine, gouts musicaux pourris. Bref quoiqu'elle fasse, tout sera de sa faute, elle sera jugée tout le temps, par tout le monde.

Pourquoi ?  parce que la Bonne Mère, tout comme l'Enfant Parfait et le Prince Charmant, n'existent pas. Enfin si, il y en a une à Marseille, mais là elle s'occupe d'une amie à moi qui sort de la tourmente. Donc bon, inutile de rivaliser.

En revanche, à défaut d'être une bonne mère, on peut tenter de faire le minimum syndical. Je vais donc de mon côté, me la jouer hyper modeste, et me préparer à accueillir My Third comme il se doit, c'est à dire comme elle est. 

Je m'engage donc sur ce blog à l'aimer, la chérir, même si je déguste à l'accouchement, même si elle est verseau, même si elle n'a pas les yeux bleus, même si elle fait ses nuits à 3 ans, même si elle aime les Winx, même si elle veut apprendre à jouer de la batterie, même si elle a comme copains tous les boulets de l'école, même si elle écoute Maitre Gims.

Bref, en l'acceptant comme elle est, j'espère qu'elle me pardonnera la mère imparfaite que je suis déjà.



C'était Galéa (conseillère familiale de la blogosphère)
Je reste à disposition pour tous renseignements complémentaires d'ordres éducatifs et conjugaux. 
Je reviendrai sur certains points cruciaux tout bientôt.

mardi 7 juillet 2015

Une blogueuse sous canicule


La blogosphère prend ses quartiers d'été, plein de sites se mettent en pause, chacun à la nez dans ses valises et nous parle de destinations lointaines, bientôt, on ne sera plus si nombreux sur la Toile, nos billets seront peu lus et nos blogs peu visités. 


Soyons honnête, c'est là que je me sens le mieux, car chacun publie au ralenti, et ça me donne l'impression d'être carrément dans le rythme, comme si tout le monde m'imitait (oui je me prends pour le nombril du monde car je suis capricieuse et névrosée). 

Je vais avoir le temps de rattraper les commentaires en retard (enfin tous...disons une bonne partie), peut-être vais-je même avant septembre, y répondre au temps réel (j'ai dit peut-être). J'ai décidé de ne lire aucun billet sur la rentrée littéraire avant le 27 août, du coup je gagne un temps fou (et ce n'est pas une posture, la rentrée ne m'intéresse vraiment pas pour le moment, parler de livres qui ne sont pas encore en librairie me paraît d'une vacuité et d'un consumérisme qui ne m'intéressent pas du tout- sans jugement de valeur bien sûr, c'est juste un point de vue personnel, il est acquis pour tous que je suis fondamentalement tolérante avec les gens d'accord avec moi ;-) ).

C'est l'été, c'est les vacances, et pour une fois ce sont mes vacances, ça sent la crème solaire et l'eau salée, j'ai du temps pour moi, pour le blog et pour les livres...(enfin en plus d'avoir décidé- sous la pression maternelle- de faire un grand ménage-rangement par le vide chez moi et accessoirement m'occuper des enfants...mais bon, il me reste du temps quand même).

J'ai l'impression d'être à Paris au mois d'août, il n'y a plus grand monde à la Défense, mais les gens ont le sourire dans les transports, tout est lent et il fait chaud. La blogo c'est comme Paris, en été, il y a surtout les touristes. On se traine un peu et j'adore ça (rapport à ma nature profonde). Je remonte les billets que je n'ai pas eu le temps de lire, je prends le temps de découvrir certains blogs, de cerner le blogueur derrière l'écran (un de mes jeux favoris- comme beaucoup de gens nolife qui auraient du être concierge), je me suis fixée la lecture de pavés et je vais suivre ceux des autres. On prend le temps d'échanger et de mieux se connaître finalement.

Bref, c'est l'été et je vais pouvoir lire, bloguer et commenter, pas besoin d'aller vite, car on fait tous du pédalo, les voitures sont restées au garage. Je me sens l'âme d'une consommatrice en plein décroissance. 

PS: bien sûr, cette année, il me manquera les embruns et les marées, la pêche aux palourdes (que j'observe de mon transat), mes sorties en courant sur une petite presqu'île à marée basse, les tourteaux mayonnaise, ma bière sur le port...mais ce n'est que partie remise ;-)

Il n'y aura donc pas de longues pauses chez moi (hormis quelques sauts de puce dans des endroits sans réseau), car j'aime l'idée de cette communauté qui résiste au grand exode estival, ceux qui ne désertent pas la Toile sont généralement ceux qui ont du mal à y être assidus les autres mois de l'année (des touristes je vous dis). Le blog n'est jamais autant un loisir, en tous les cas le mien, que pendant les vacances ;-)

Welcome in summer les amis !! Sous les galets les pages

dimanche 12 octobre 2014

Les joggueuses du dimanche

J'ai ouvert mon blog quand j'ai recommencé à courir.

Et je me suis aperçue que nous étions quelques unes à lire, bloguer et courir...finalement.

Et puis une idée farfelue en entraînant une autre, un jour je me suis dit que ce serait bien, en ces temps d'indéniables tensions virtuelles et réelles, de faire une petite vidéo potache des lectrices-blogueuses-coureuses...un tout petit moment consensuel en quelques sortes, avec un Miossec qui toujours me procure mon petit frisson armoricain...

Elles sont 8 à avoir répondu à l'appel, 7 blogueuses plus une commentatrice,  8 filles vraiment très différentes, qui ont renoncé à une part de leur dignité pour se filmer en courant, là où on n'est VRAIMENT pas en valeur du tout. Et si on se force à sourire, on a bien conscience qu'on n'est pas totalement avantagées par l'image qui bouge, la sueur qui dégouline, le cheveu qui frise, la peau qui rougit...Bref, on pourra pas nous accuser de donner une image trop flatteuse de nous-mêmes (et je n'ai gardé que les plans les plus avantageux).

Il y a des anciennes sportives de haut niveau, les fumeuses (enfin une en tous les cas), des escrimeuses (une en tous les cas), des filles au régime, des marathoniennes passées et en devenir. Elles n'ont pas la même vie, le même âge, le même nombre d'enfants, et à mon avis pas les mêmes opinions politiques ni religieuses. 

Il y a celle qui courent beaucoup, et celles qui courent en dilettante; les joggueuses qui sortent par goût de la solitude, d'autres qui ont besoin d'organiser ça avec d'autres; celles qui ont des objectifs à tenir, d'autres qui ne visent que 10KM par semaine, celles qui sortent même quand il neige et d'autres qui hésitent quand il pleut trois gouttes, celles qui ne courent jamais sans leur gourde, et d'autres qui ont besoin d'un casquette, celles qui revendiquent un esprit de compétition et d'autres qui y ont renoncé il y a longtemps ...

 Ce que je veux dire c'est que personne ne court de la même manière ni pour les mêmes raisons, mais sur les parcours, il y a de la place pour tout le monde et  pour toutes les foulées.

Ce qui compte c'est d'avoir gardé l'esprit du sport : mesurer ses forces, repousser ses limites, se forcer au fairplay, saluer la beauté d'une performance et avoir de l'humilité devant ses objectifs*.

J'en profite pour rappeler que cette année, Sophie organise son marathon solidaire. Sophie, c'est des jambes de gazelle, une volonté de fer et une plume splendide. Personne jusqu'à présent n'a mieux décrit les sorties du dimanche qu'elle. J'ai la chance de la compter parmi mes amies et de soutenir son projet (à mon petit niveau), je vous laisse aller découvrir son blog éphémère.

Merci donc à elle.

Merci aussi à mon autre Sophie, la lectrice de la maison rose (toujours partante pour un verre de rosé), 
- aux membres du gang 79's power : Miss Léo et Saxaoul, 
- à ma collègue-jurée Elle 2014 Enna, et à  Sandrine qui était presque jurée avec nous l'an dernier 
- à Malika qui nous a rejointes sur la dernière ligne droite,
-à Attila, qu'on ne présente plus, mais qui (quand elle ne se dispute pas avec les gens) apporte beaucoup aux blogs littéraires, sans jamais ouvrir le sien.
- et à Mrs B, qui même après avoir quitté la blogo a eu la gentillesse de prêter son image ici ;-)

Merci les filles de m'avoir permis de réaliser (le terme est un peu fort peut-être) ce film techniquement contestable,  esthétiquement médiocre mais, je l'espère,  bloquesquement fédérateur.

Les réponses à la question de Miossec "après quoi courent les joggers le dimanche" et dans ce chef d'oeuvre du 7ème art (dont je ne suis pas certaine d'assumer la paternité très longtemps).





Note: ne le mettez pas en grand écran, l'image bouge tellement que ça peut donner le mal de mer (moi j'étais limite tout l'après-midi).


*Ceux qui penseraient que je ne parle pas que de course ici auront sans doute raison.

mardi 13 mai 2014

Sophie, son marathon et un blog

Je n'aurais jamais blogué sans Sophie-la-styliste-mais-pas-que.

Au creux du creux de ma période de loose (2012 forcément ), je passais un temps infini sur les blogs des autres, désoeuvrée, aigrie et passablement remontée contre la terre entière (bref la copine idéale dont tout le monde recherche la compagnie). A l'époque je courais 30 km par semaine, histoire de me détendre (en fait, j'échafaudais le plan idéal pour me venger d'un vieil universitaire qui m'a gâché la vie).  Au hasard de mes pérégrinations, je suis tombée sur le blog de Sophielastytliste, que j'ai suivi assidûment pendant plusieurs mois  en sous-marin. 

Ce qui est bizarre c'est que Sophie est mon absolue antithèse, et son blog reflète un monde diamétralement opposé au mien. Elle a deux fois et demi plus d'enfants que moi et n'oublie pas le bonnet de bain le jour de la sortie piscine. Sophie est femme de militaire quand mon homme retient de ses trois jours la découverte de son daltonisme. Sophie a des convictions religieuses quand je peine à avoir foi dans le genre humain. Sophie coud comme une reine alors que je sabote tous mes ourlets. Sophie fabrique des robes de mariées quand je fais des crises de spasmophilie dans les cérémonies. Sophie ne connaît pas le stress alors que l'anxiété est ma meilleure compagne.

Bref, entre elle et moi ce n'était pas gagné, et pourtant, il y a deux choses qui nous rassemblent: la lecture et la course (en fait il y en a beaucoup plus, mais ça on le sait après). 

Un jour d'octobre 2012, elle publie un billet merveilleux sur La grande course de Flanagan. C'est là que je me souviens subitement qu'il y a des livres qui changent la vie, que le pouvoir des mots ça existe, que parfois l'encre et le papier modifient le cours d'une existence. Je découvre aussi que partager ce qu'on lit, ça rend heureux.

Ni une, ni deux, tout dans la mesure, j'ouvre un blog et je me dissimule sous les galets.

Je commente le sien. Elle marraine le mien (oui c'est ma toute première visiteuse).

En octobre 2012, je cours beaucoup et elle publie trois fois par semaine. En mai 2014, elle prépare un marathon et blogue quand elle se brûle. Je me traîne toujours le dimanche matin sur 10 Km mais suis devenue blogo-addict. Entre temps, j'ai acheté une machine à coudre, j'ai cousu des choses plus ou moins portables, réalisé mes premières Gengi (dont Sophie m'offre les patrons)

Et surtout, on s'est rencontrées, et sans mentir, c'est fou ce que certaines blogueuses ressemblent à leur blog (je dis ça , je dis rien, mais on ne peut pas mentir longtemps sur soi quand on tient un blog). Vu que je n'ai rencontré qu'elle comme blogueuse, j'ai 100% d'expériences positives en rencontre IRL.

Alors pourquoi ce billet?

Parce qu' un nouveau blog est né. Un blog éphémère pour un marathon solidaire.

Deux ans après la lecture du McNab, Sophie va s'enfiler la distance mythique en courant le marathon de Toulouse le 26 octobre prochain. Et comme le véritable esprit du sport c'est de se dépasser soi-même sans oublier les autres, Sophie n'avalera pas les kilomètres que pour elle. 


Comme d'habitude, elle ne choisit pas la facilité. Elle défend la cause des femmes de militaires. Bon,  alors c'est sûr que dans un pays qui ne considère pas exactement les soldats comme des héros, c'est limite punk comme cause. Au mieux, on a une vague idée de qui sont les femmes de militaires, au pire on est confortablement installé dans ses a priori (obtuse comme je suis, je vous laisse imaginer de quel côté j'étais...mais ça c'était avant).  Et pourtant, Sophie, elle y va, elle y croit et elle assume. Elle espère dépoussiérer l'image...
et ça c'est ma copine à moi, fidèle à ses convictions.


Oui c'est vrai, si elle avait couru un marathon pour changer la couleur de la carte vitale, je l'aurais soutenue pareillement. Mais là, Sophie court pour "un mari militaire. Des hommes blessés. Des familles endeuillées."

Elle est de celles qui sont généreuses sans s'en vanter, qui vont au bout des choses sans s'écouter, qui bousculent aussi un peu nos idées reçues. Des gens comme elle sont précieux, sur la blogosphère et dans la vraie vie.

Je pourrais vous raconter plein de choses sur elle, sur sa manière de courir, sur des personnes qui lui sont chères et qui restent associées à sa démarche...mais j'en ferais trop donc le mieux est d'aller sur son nouveau blog (qui racontera sa préparation et détaillera les actions de son association) et surtout de la soutenir chacun à sa manière.

jeudi 12 septembre 2013

L'heure et la date


Lundi, le 9/09 à 9h09 PM, j'ai participé au jeu d'Enna qui consistait à prendre une photo juste à ces heure et date précises. J'étais donc misérablement en train  de fumer une cigarette sur mon balcon (pendant que l'Homme négociait avec Rayures un répit) quand mon portable m'a dit "c'est maintenant qu'il faut prendre une photo". 


Au delà du fait qu'elle soit artistiquement médiocre, je me suis quand même dit que j'étais bien mieux en vacances.

Alors en trois mots. J'ai passé des vacances merveilleuses, chez moi, au bout d'une pointe, dans une petite maison cachée dans un hameau où nous portons tous le même nom de famille. J'ai vécu coupée du monde (enfin presque, j'avais de temps à autre des nouvelles de Facebook sur mon téléphone...). Je ne me suis pas maquillée ni regardée dans une glace pendant 8 jours, j'ai mis le même short toute la semaine, les enfants ont marché pieds nus tout le temps, j'ai lu La Grande course de Flanagan, je suis allée courir tous les matins, sur les sentiers côtiers ou en faisant le tour d'îles accessibles à marées basses. Il faisait beau, nous n'étions qu'entre nous (ou presque...disons que la famille est très grande), j'ai fait le plein de crabes, d' araignées, d'étrilles et de palourdes pour toute l'année, j'ai pris l'apéritif devant la mer en fort coefficient. J'ai déterré un hortensia pour le ramener vers la Méditerranée ...l'avenir nous dira si j'ai eu raison de céder à mon caprice.


Et sur la route du retour, j'ai été assaillie par des questions métaphysiques (que je vais m'empresser de soumettre à Olivier Moss de Priceminister..certaines me comprendront):

1: Pourquoi les automobilistes qui ne dépassent pas le 120 Km/h restent sur la voie du milieu sur l'autoroute? Est-ce déchoir que de se rabattre ? 
(j'ai perdu 2 points sur mon permis pendant mes vacances...la loose...j'avais oublié qu'à partir de Nantes, c'était limité à 110...et j'ai appris à conduire à Quimper -aucune excuse- mon père envisage de me déshériter, il m'avait prêté sa voiture)

2: Pourquoi les stations d'autoroute sont-elles de plus en plus dégoûtantes à mesure qu'on descend celle du Soleil?

Et puis je suis rentrée.

Ici rien n'a changé: la manucure du coin de la rue cherche toujours le grand amour, le chef des urgences travaille une spécialisation au nom compliqué, le vieux colonel à la retraite s'enfile sa douzaine d'huîtres tous les jours, nous avons remis le tiramisu à la carte, ma grande copine quitte son mari, la nouvelle maîtresse de CE2 est très sympa...Il y a des jours chouettes et des journées un peu longues...


Et une certitude s'impose à moi tout naturellement. J'ai découvert que je n'étais pas faite pour travailler, je ne fais pas partie des gens qui se réalisent dans le travail. Les contraintes ne me conviennent pas du tout. Je le regrette bien sûr, mais c'est comme ça. 

Je suis faite pour lire, courir, coudre, prendre des photos, marcher le long de la mer, boire mon café à 8h30 pile, refaire le monde avec mes copines, me coucher tôt, parler très peu, bloguer...


De vous à moi, j'en ai parlé très sérieusement à l'Homme. Je lui ai proposé que nous allions vivre dans notre maison de la pointe, juste entre nous, où nous n'aurions besoin de pas grand chose pour être bien (donc pas besoin que je travaille). 

L'Homme a ri de bon coeur. Il m'a traitée d'éternelle adolescente et d'indéfectible paresseuse; puis il m'a parlé d'Emma et Fabien dans Scènes de ménage...


lundi 12 août 2013

La Place

Annie Ernaux, La Place (1983)
Folio, 2012, 114 p.
Ma tante (et marraine) dit toujours que son auteur préféré est Annie Ernaux. Pourtant, elle se targue de lire peu et lentement: "Mais tu comprends, elle parle de nous dans ses livres". Alors, j'en ai acheté quelques uns en poche.

La Place est le livre sur son père. Un jour, un chroniqueur du Masque et la Plume (non pas celle à laquelle tu penses ADH!), disait que les romanciers rataient généralement le roman du père et réussissaient celui de leur mère. Ce n'est pas le cas d'Annie Ernaux.

La Place, qui n'est pas un roman, ni un document, ni même un récit; un recueil de souvenirs peut-être,  m'a bouleversée. Effectivement il raconte la "préhistoire" de certaines familles du Grand Ouest (angevines, bretonnes ou normandes). Toute cette frange de population qui, il y a moins d'un demi-siècle, appartenait encore au monde agricole, ouvrier ou des petits commerçants. Annie Ernaux a mis des mots sur quelque chose que je ne nommais pas, mais qui  a existé, et qui permettra sûrement à ma génération de mieux comprendre la précédente.

C'est donc l'histoire d'un homme, tout petit commerçant dans un petite ville de province, dont la fille fera un peu d'étude, suffisamment pour être enseignante. Mais finalement c'est l'histoire d'un complexe social et surtout culturel. Cela m'a bouleversé parce que j'y ai retrouvé la manière de parler de mes tantes et grands-parents, des réflexions qui ont bercé ma jeunesse  sans que j'y fasse attention : "Faire paysan signifie qu'on n'est pas évolué, toujours en retard sur ce qui se fait en vêtement, langage, allure" (p.70). Je crois avoir entendu ce type de phrase dans la cuisine de mes grands-parents dont certaines de leurs filles avaient un peu honte de leur métier d'agriculteur.

Ce qui est vraiment étonnant, c'est qu'en voulant d'une certaine manière réhabiliter son père, Annie Ernaux brosse le portrait d'un sacré plouc, qui m'a heurtée plus que je ne saurais le dire : "Il n'avait pas appris à me gronder en distingué" (p.72). Elle écrit que bientôt, après avoir lu Sartres, Beauvoir & co, elle n'avait plus grand chose à dire à son père. Et franchement, entre la fille en voie de snobisation et le père encroûté dans sa rusticité, ce n'est pas celle qui me ressemble le plus qui a attiré ma sympathie. Et moi qui passe mon temps à dire que j'assume totalement le fait d'être snob et même bobo, j'ai pris une sacrée leçon de vie en quelques pages. Quand j'ai refermé le livre, je me suis demandée si, comme elle, j'avais "glissé dans cette moitié du monde pour laquelle l'autre n'est qu'un décor" (p.96). Et j'ai décidé que non.

Parce que j'ai toujours connu mon grand-père en bleu de travail (sauf le dimanche), à manger avec son opinel à table, à regarder avec circonspection les notables du village. Mes souvenirs là-bas, dans cette partie de la province de je redécouvrais à chaque vacance, font partie des joies de mon enfance. Je découvre qu'on pouvait en avoir honte. Annie Ernaux disait à ses camarades de fac qu'elle venait d'un milieu simple, (mes parents disaient sans doute la même chose), mais je ne pense pas qu'on ait besoin de parler de littérature ou de philosophie à table pour être heureux en famille. On peut élever son esprit de bien d'autres manières (même pour quelqu'un comme moi qui avait peur des vaches et qui fuyait à l'heure de la traite).

Pardon ce billet est long, mais je terminerai sur un peu de militantisme. Ce livre, qui je crois est au programme de certains cursus, montre autre chose: "Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence: que j'appartienne au monde qu'il avait dédaigné" (p.112). Annie Ernaux parle d'une époque où l'école restait un ascenseur social, où bien apprendre sur les bancs avait son utilité, ou être professeur était un aboutissement, la rencontre d'un autre monde. Je ne suis pas certaine que ce soit toujours le cas...Il est possible que le déterminisme social ait plus de poids que dans les années 50' 60'...

Challenge Régions Aspho 2013_1
Avec La Place, j'ai compris une foule de choses qui ne m'avaient jamais effleurée auparavant, parce qu'il y a eu une génération entre le père d'Annie Ernaux et ma classe d'âge. Ce livre aidera des trentenaires à comprendre d'où venaient leurs parents; alors ma tante a raison, ce livre parle de nous, en tous les cas de ceux qui viennent de la masse: ni miséreux, ni  notables. Mais surtout sans gloire et sans honte.

J'intègre La Place au challenge de Lystig, Vivent nos régions, pour la Normandie.

Et si Asphodèle reprend le challenge A tout prix de ma chère Laure, je le mets aussi pour le Renaudot en 1984.

mardi 30 juillet 2013

A mi-chemin

Ca y est...nous sommes presque au milieu des vacances scolaires...Samedi, il y en aura autant derrière nous que devant, et je n'ai plus que 15 jours à harceler parents et amis pour qu'ils gardent les enfants pendant que je travaille...

Je suis quand même un peu partie, pas loin, dans ma montagne, dans un village qui n'est plus italien depuis un siècle mais qui n'est pas complètement français non plus, un territoire à la lisière, comme je les aime. J'ai marché, marché, marché; les enfants suivaient tant bien que mal.

Mais c'était dans des forêts un peu humides, vraiment silencieuses...et je vous le dis, c'était vraiment bien. Même s'il a fallu que je conduise toute seule sur des routes escarpées, qui tournent, qui sont étroites et creusées dans la roche. Pour quelqu'un qui a eu du mal à avoir son permis (et qui avait la responsabilité d'enfants jeunes et innocents), croyez-moi c'est de l'ordre de l'exploit personnel...

Sinon, j'ai recommencé pour la énième fois à m'atteler aux tuniques de notre styliste favorite, cette fois j'approche du but, j'ai gâché tellement de tissus, que j'ai fini par en acheter au poids dans un magasin dont l'hygiène laissait à désirer. Je m'accroche, le jour où je termine je vous tiens au courant (parce que je sais que pour vous aussi c'est important).

Parlons quand même littérature, j'ai lu Vestiaire de l'enfance de ...Modiano évidemment. Et là, gros problème, je ne peux plus chroniquer mon auteur favori, je crois que je suis beaucoup trop fusionnelle avec lui, je n'arrive pas à être synthétique, à raconter l'histoire, je crois qu'il faut que je prenne du recul avec Patrick, sinon ce blog va disparaître. Donc, parce que je reste quelqu'un de sérieux, je vous renvoie à l'excellent billet de Sandrine qui avait su si bien en parler.

J'ai enfin reçu mon premier colis du Prix Elle 2014. Que serait Galéa si elle ne se plaignait pas?
J'avais parié sur un autre roman pour la sélection de septembre, j'ai donc de la peine (ne vous inquiétez pas, j'aurais l'occasion de vous reparler de tout ça). Je vais m'atteler dès que possible à ma nouvelle mission, je promets d'être honnête et juste (j'ai été prof je le rappelle, je garde donc un soucis permanent d'équité dans mes notations). Je mise beaucoup sur le Bernheim (à cause de Valérie), je vous tiendrai également au courant.

Enfin, comme si la blogo n'était pas assez morne comme ça pendant les vacances, deux blogs ont fermé à mon retour, et je ne peux pas dire que ça ne me fait rien.

Je m'en vais suer et râler sur mes galets. 

Bon milieu de vacances à tous

lundi 15 avril 2013

6 mois, une place dans la blogosphère

Voilà.
Comme chaque mois je fais mon bilan virtuel comme d'autres font le compte de leurs lectures mensuelles. La ce sera un peu en vrac...je cours, je cours...
Six mois que je tente de poster un billet par semaine et je n'ai plus l'impression d'être infiltrée, j'ai à présent le sentiment d'avoir une petite place sur la blogo.


Le blog a changé beaucoup de choses. D'abord ma manière de lire. Je suis devenue plus exigeante avec moi même. Je ne consomme plus les romans, je les termine en me posant vraiment la question de savoir si je les ai aimés, et pourquoi. Avant j'étais consumériste, à peine achevé, je rangeai le livre dans ma bibliothèque avec la date sur la page de garde. Avant j’enchaînais les livres, mais ça c'était avant (comme dirait l'autre). Maintenant, le billet que je rédige m'oblige à m'interroger. Non seulement, je lis différemment, mais je lis en interaction avec d'autres blogueurs, j'échange, je partage, je défends le roman que j'ai aimé, j'écoute les arguments des autres. Parfois même, je révise mon jugement, je m'imprègne de diverses sensibilités. 


Le livre voyageur auquel m'a initiée Fransoaz a réveillé chez moi une curiosité, un désir d'échange et de débat. La découverte de Gaëlle Josse a été une expérience émouvante. Le jeu de la PAL qu'a lancé Théoma m'a obligée à me creuser la tête pour mettre en scène les livres qui m'attendent sur ma table de chevet. Un petit jeu, certes sans prétention, mais qui stimule l'imagination et pose une certaine manière d'être ensemble.

J'ai aussi compris (grâce à Facebook essentiellement) que quand je vois fleurir la même semaine une dizaine de critiques positives sur un livre dont j'ignore tout de l'auteur, c'est en général parce qu'une maison d'édition a envoyé en rafale le même roman a plusieurs blogueurs dont certains ensuite jouent le jeu d'en faire un billet élogieux. Les blogs: des relais marketing? L'un dans l'autre... si Gallimard m'envoie le dernier Modiano dans deux ans, je pense que moi aussi j'en ferais une critique positive. Quoiqu'il existe aussi des lecteurs purs et durs, qui assassinent courageusement un roman qu'on leur a offert. Ceux-là ont tout mon respect! Parce qu'en tant que lecteurs, on aime, on admire, on adule les écrivains, alors quand l'un d'entre eux s'intéresse à nous, forcément on est plus complaisant.

Au delà des livres qui occupent une grande partie de ma vie, la blogo m'a été, je dois le dire,d'un grand secours dans une période de profonde incertitude professionnelle. Je me suis lamentablement mise à la couture et au crochet, Fanny m'avait écris un jour que sans son blog elle n'aurait jamais rien fait de ses dix doigts... mais surtout je me suis imprégnée des univers des autres, des talentueuses et des créatrices. Et je traque encore mon romancier-blogueur....en suivant en particulier les plumes d'Asphodèle et autres ateliers d'écriture de la toile.

Enfin, ma place sur la blogo, j'y tiens à cause de tout ce qui se passe en dehors du blog. Je n'aurais pas conservé longtemps mon anonymat puisque une bonne douzaine de blogueuses connaissent mon vrai prénom (le plus donné depuis 2000 ans) et mon adresse. Les liens off qui se tissent entre blogueurs n'ont d'une certaine manière pas de prix, et m'ont apporté un grand réconfort ces dernières semaines; elles se reconnaîtront, je n'ai pas besoin de les citer. Et je n'oublie pas Mme Anonyme qui fidèlement me fait un clin d'oeil à chaque billet et que je remercie de sa fidélité.

Pour conclure sur la blogo: j'y suis, j'y reste...et je mesure ma chance d'avoir cet espace virtuel rien qu'à moi.

jeudi 4 avril 2013

Le tag qui tourne (et qui traîne chez moi)

Patrick Modiano, Dimanches d'août
 
(1986) folio, 2001 (185 p.)
Voici maintenant un petit moment que Laure, Miss Léo et Malika m'avaient gentiment taguée...

Bon mais voilà j'ai eu un soucis avec ma boite mail...il ne m'en faut pas plus pour être débordée (quand on est mal dégourdie c'est pour toujours), c'est vrai aussi que j'ai quand même deux ou trois choses à préparer dans ma vie réelle...mais ça c'est une autre histoire...

Donc voici mes réponses au fameux tag des 11.

1: Quel est ton dernier coup de coeur?
Je n'en ai pas eu récemment (coup de coeur c'est quand TOUT m'a plu). Ceci dit j'ai relu Dimanches d'août de Modiano ce week-end (pour des raisons "professionnelles") et tout m'a plu. Donc je vais dire celui-là, même si c'est une relecture.

2: Et le dernier qui t'es tombé des mains?
Il y a 18 mois L'Art français de la guerre de Jenni (Goncourt 2011).

3: Quel est ton personnage de fiction incontournable?
Aurélien d'Aragon, que j'ai lu à 17 ans et dont je garde un souvenir intense. J'ose à peine rouvrir le roman de peur de ne pas être aussi éblouie. Si j'avais eu un fils....

Aragon, Aurélien  (1944)
folio, 1986, 635 p.
4: Qu'évoquent pour toi les contes de Canterbury?
Kensington Square de Vincent Delerm...(rien à voir. Mais vu que je ne les ai pas lus, c'est à cette chanson que je pense immédiatement).

5: Salé ou sucré?
Salé 

6: Biscuit ou bonbon?
Ni l'un ni l'autre: fougasse

7: Ovin ou caprin?
Etrange question, non? En fait je ne sais pas si je préférerais élever des chèvres ou des moutons. J'ai envie de dire que je n'ai pas d'avis tranché sur cette question.

8: Ou étiez-vous le 13 mars 2013 vers 20h30?
Je pense que j'étais chez moi, en train de boire une bière et manger des toasts d'anchoïade pour me remettre du marathon du mercredi- en plus d'être une petite nature, j'ai un penchant certain pour le tabac et l'alcool...(humour!)....

9: Y-a-t-il de la vie sur Mars?
J'ai atteint mes limites en physique-chimie dès la 4ème, je ne peux pas répondre à cette question en étant 100% sûre de moi, je préfère donc n'induire personne en erreur.

10: Connaissez-vous la grande question de la vie, de l'univers et du reste? Et la question?
Je vais demander aux frères Bogdanov (pardon!)



11: Si vous étiez un super héros ou une super héroïne, comment serait votre costume?
Etant une personne âgée dans ma tête, je m'identifie sans hésitation à Miss Marple. Je choisis pour moderniser un peu sa tenue et l'adapter à ma vie sur la côte d'Azur, un petit tailleur Chanel (tout ce qu'il y a de plus classique et intemporel finalement)..avec éventuellement un petit bibi!

Vu que je suis totalement hors délai, je ne tague personne mais toutes celles qui le souhaitent peuvent s'y coller (s'il en reste, je crois avoir vu ce questionnaire partout, c'est d'ailleurs pour cela que je ne tague personne, j'ai trop peur que les taguées y aient déjà répondu et que je sois passée à côté!).

En me relisant je m'aperçois que tout n'est pas très cohérent. Je dors peu en ce moment donc je me bride moins...ça a le mérite d'être sincère à défaut d'être très élaboré.

dimanche 10 février 2013

Un tag, des titres

Je ne suis pas très performante en Tags, j'ai toujours du mal à être concise, mais comment résister à celui là?

Asphodèle m'a donc taguée (en session de rattrapage; mais taguée quand même). Ici,  il faut répondre aux questions avec des titres de romans. Quelle aubaine pour moi et mon bébé-blog, ça me permet de parler des livres que j'ai lus avant de bloguer, que je n'ai pas chroniqués mais qui comptent pour moi.


Décris-toi: Je suis exactement l'inverse de la Voyageuse de nuit de Françoise Chandernagor (mais je n'ai pas trouvé de titre qui ressemblerait à la "sédentaire de jour" sans doute parce que c'est moins poétique).

Comment te sens-tu? Double vie de Pierre Assouline (rapport aux vies réelle et virtuelle, pour le reste je suis assez classique dans mon genre).

Décris où tu vis actuellement. C'est presque trop facile, sur La baie des Anges de Patrick Mauriès (que je lis depuis six mois par chapitres entrecoupés de romans).

Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu? Je retrouverais le Quartier perdu de Modiano (sans surprise...puisque je vous dis que je ne suis pas née à la bonne époque).

Ton moyen de transport préféré? Mon beau navire d'Anne Wiazemsky (c'est malhonnête de ma part, j'ai le mal de mer, mais les bateaux ont une grande importance dans ma vie).

Toi et tes amies, vous êtes? Les joyeuses commères de Windsor du grand Shakespeare (il y a un moment où il faut être lucide sur soi).

Comment est le temps? Tout dépend si l'on parle de celui qui passe ou qu'il fait; alors évidemment, je choisit celui des heures: L'écume des jours de Boris Vian, une lecture adolescente qui m'avait bouleversée.

Ton moment préféré de la journée? La promesse de l'aube de Romain Gary (ce n'est pas un choix, mes enfants ont des troubles du sommeil, mais c'est quand même le plus beau moment de la journée).

Qu'est la vie pour toi? Sans hésitation, Le Mentir-vrai d'Aragon qui a changé ma vie.

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner? D'écouter Le Silence de la mer de Vercors, les individus sont toujours beaucoup plus complexes que les évènements auxquels ils prennent part.

Ta peur? Les Disparus de Mendelsohn (aucun second degré là dedans, je suis hantée par les disparitions).

Ta pensée du jour? L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery (la beauté du monde n'est pas toujours là où la pense).

Comment aimerais-tu mourir? Je repense à La nuit des temps de Barjavel, forcément...

La condition actuelle de ton âme? Sous les étoiles de Chochana Boukhobza

J'ai évidemment triché parce que je suis quelqu'un de mauvaise foi qui voulait mettre ses auteurs favoris dans ce tag...et je suis sûre d'en avoir oublié.


Je tague à mon tour (par curiosité mais sans obligation) Alex (qui l'a peut-être déjà été), Aifelle (qui l'est déjà par Asphodèle, mais qui est déconnectée depuis 10 jours:  2 bouteilles à la mer c'est mieux que rien), 4 pts de suspension (si elle passe par ici).

Mais également Alphonsine, Sophie, et Mme ZAP (si elles en ont le temps et l'envie), dont les blogs ne sont pas consacrés qu'à la littérature mais chez lesquelles je sais que les livres ont une place singulière.

C'était un plaisir de me replonger, pendant ce dimanche sombre, humide et déprimant, dans ma bibliothèque pour ce tag...qui en dit finalement plus que l'on croit sur nous.

Merci Asphodèle.


mardi 8 janvier 2013

Premier tag...

Il faut une première fois à tout...j'ai été taguée par l'extraordinaire Albane. Je m'empresse donc de jouer le jeu. J'ai relu les consignes plusieurs fois, je ne suis pas parvenue à faire un copié-collé et Albane ne choisit pas des questions si faciles que ça...bref,  il m'a fallu beaucoup réfléchir en amont (non, non je me ne noie pas dans une verre d'eau).

Bref, j'ai le sentiment que je m'améliore chaque jour et que je fais petit à petit ma place dans l’insaisissable blogosphère que je tente de maîtriser malgré tout.

1: Si tu devais voir la vie avec un filtre de couleur, quelle en serait la teinte?
 Le bleu...dans tous ses états, mais pas dans toutes ses nuances. Du bleu marine, bleu-gris, bleu nuit, bleu ardoise, le bleu profond des tableaux de la Renaissance et bien sûr YKB celui inimitable d'Yves Klein... (soyons précis, j'hésite presque à joindre un nuancier). Je suis fascinée par la couleur de la mer, de l'Océan, de ma table basse, de ma bibliothèque, des yeux de mes enfants (et de leur père), des murs de ma cuisine, de la devanture de mon bistrot préféré, des volets des maisons morbihanaises... 
(heu...il fallait des réponses courtes? parce que ce n'est pas génétique chez moi la concision).

2: Au cinéma, préfères tu rire ou pleurer?
Le problème, c'est que je ne vais plus au cinéma depuis que j'ai des enfants; je sais, ce n'est qu'une question d'organisation, qu'il suffit de le vouloir...mais voilà, ce n'est pas simple pour nous donc... nous louons des DVD; je n'ai pas de préférence, j'aime les deux et je suis bon public dans les deux exercices; une spectatrice de rêve quoi! (punaise 5 lignes pour ne pas répondre à la question...je me désole moi-même!)

3: Tour de Pise, tour Eiffel ou tour de Babel?
J'ai renoncé à la perfection en CE2, donc la Tour de Pise me semble plus appropriée à mon cas, je ne maîtrise pas tous mes penchants.

4: Quelle est la pièce vestimentaire la plus originale que tu n'aies jamais portée?
Alors là très facile...la première jupe que je me suis faite moi même, qui devait ressembler à celle que je cherche depuis longtemps, dont les finitions sont bâclées, la ceinture mal ajustée, le biais mal cousu...mais que j'ai déjà portée 4 fois parce que j'assume!
J'ai longtemps hésité à joindre une photo...mais je suis la seule à avoir ce talent dans la famille et les images de Noël ne nous mettent pas (moi et ma création) très en valeur...(précision rédigée en toute humilité bien entendu)

5: Courrier, téléphone, mail, texto...quel est ton mode de communication préféré?
J'ai envie de dire: tout dépend avec qui. Avec mes copines de coeur : textos, plusieurs fois par jour, pour des choses importantes et superflues, pour tout, pour rien. Avec mes "collègues" et chefs : mail, je ne réponds pas au téléphone pour être sûre de maîtriser ma réponse, et parce que je suis quelqu'un de terriblement lâche. Avec la famille: courriers, j'envoie mes voeux sur des cartes avec un mot personnalisé à chaque fois, parce que j'aime l'encre et le papier. Avec mes parents: téléphone ...souvent!

6: Y-a-t-il une chanson qui te ressemble?
Les petits papiers...toujours, tout le temps, toutes les versions.

7: Quel est le film dont tu connais par coeur toutes les répliques?
Quatre mariages et un enterrement...

8: Préférerais tu être élue Miss Monde ou Prix Nobel?
J'ai renoncé au Prix Nobel en 4ème, donc Miss Monde me paraît jouable (d'ailleurs je pars faire scléroser mes jambes cet après-midi)

9: A la foire, es-tu plutôt grand huit, train fantôme, maison du rire ou croustillons?
Je déteste aller à des foires, je laisse cette joie à mon cher et tendre qui lui en raffole. Donc moi, c'est plutôt thé, silence et bouquin (avec une cigarette culpabilisatrice sur le balcon)

10: De quelle invention aurais-tu aimé être l'auteur?
l'i-phone ...qui m'a changé la vie, le seul outil technologique qui ne me martyrise pas.

11: Dis nous tout, où est situé l'ordinateur sur lequel tu réponds à ces questions?
Sur mes genoux...les pieds sur la table basse (gris-bleu), le reste de mon corps au fond de mon canapé, une tasse de café sur un plateau à côté de moi...dans le salon silencieux d'une journée d'école.

Théoriquement je devrais reformuler 11 questions et taguer 11 blogueurs...mais ce n'est pas faisable. D'abord parce qu'Albane a déjà tagué deux blogueuses qui était dans ma liste, que la troisième et quatrième auxquelles je pense détestent les tags, quant aux 9 autres, je ne suis pas sûre qu'elles passent suffisamment régulièrement pour qu'elles répondent dans les temps...Je suis une blogueuse nouveau née, de 3 mois seulement, je bute sur la dernière partie de l'exercice, pardonne-moi Albane!

Bilan de ce tag: force est de constater que j'adore parler de moi (je suis un être terriblement égocentrique alors que je croyais être quelqu'un tourné vers les autres...flûte!)

P.S.: j'ai presque fini Tendre est la nuit, les livres restent le fil rouge de ce blog; mais le reste c'est tellement chouette aussi (ce blog restera définitivement non identifié).



mardi 11 décembre 2012

Engloutie par le temps...

Pas le temps, le temps de rien.

Rien à voir avec ce que je voulais écrire ni ce que je voulais faire de ce blog. Décidément je ne suis plus  à une incohérences près. Mais j'en ai gros sur le coeur: je n'ai toujours pas terminé La naissance du jour, je n'ai réfléchi à aucun cadeau de Noël, ni préparé les paquets de naissance de mes chères amies qui viennent d'accoucher.

Je réponds en retard à mes mails, j'ai oublié un rendez-vous chez le phlébologue (plus glamour tu meurs), mon repassage attend pitoyablement dans sa caisse, je ne peux pas étendre une machine parce qu'il fait trop humide, j'ai gavé les enfants de vitamines parce qu'il y a une épidémie de gastro à l'école (mais j'ai oublié de leur mettre la lotion anti-poux), je ne suis pas allée courir depuis une semaine, ma frange frise parce que j'ai raté mon brushing.

Bref, au lieu de faire des choses qui me plaisent, je m'épuise (oui je m'épuise) à finaliser le dossier de mes recherches pour qu'un jury de vieux messieurs  me donnent le sésame pour continuer à transcrire d'obscures textes anciens. Moi qui n'ai jamais su me vendre, je peine à préparer cet insondable dossier qui va sceller mon avenir professionnel. 

Alors qu'au fond, manquer de temps, c'est manquer d'organisation... et de certitudes. Je m'éparpille, je commence plusieurs choses à la fois et je n'en finis aucune. Au lieu de relire ma présentation, je fais un billet dessus.


Sans compter cette satanée fin du monde, dont j'essaie de me convaincre que c'est une imposture, mais qui m'inquiète quand même, faut bien l'avouer.  

Il faut se rendre à l'évidence, les galets prennent l'eau.

mardi 20 novembre 2012

C'était mieux avant?

Je fais partie des gens qui, tout le temps, trouvent que "c'était mieux avant". Je suis la mère qui, à la sortie d'école, se plaint du niveau de grammaire et orthographe des élèves. Je regrette en permanence que l'école ne soit plus l'ascenseur social d'autrefois. J'ai été l'enseignante horrifiée de voir qu'on pouvait ignorer le nom des grands auteurs classiques. Je me désole des incivilités et de la vulgarité en pensant que c'est un mal moderne. Je n'aime que les vieilles pierres, je n'ai jamais voulu habiter dans du neuf parce que je trouvais les plafonds trop bas et les salons trop petits. Je suis convaincue d'être née un siècle trop tard. Il y a 100 ans, ma ville était la plus belle d'Europe, elle est aujourd'hui défigurée. Je préférais Canal + avant. Je suis celle, qui pénible à souhait, se plaint en permanence du temps qui passe. Bref, je suis la copine ringarde qui collectionne les cartes postales anciennes et qui milite contre la pollution et les additifs alimentaires. 

J'ai conscience de mon immense mauvaise foi.

Ceci dit, de la modernité, je n'ai tiré aucun avantage. J'habite au troisième sans ascenseur, j'ai la phobie des avions, on m'a toujours posé la péridurale trop tôt ou trop tard. Des progrès de la médecine je n'ai connu que des accouchements déclenchés parce que j'avais dépassé le terme. L'informatique est pour moi une gageure, je ne compte plus les ratés professionnels à cause d'un PDF incompatible, ni les mails trashés par inadvertance. J'ai fermé mon compte Facebook et mis 6 mois à comprendre comment fonctionnait mon i-phone.

Mais ça c'était avant que je découvre You Tube.

Depuis petite, je suis catégorisée comme celle qui n'est pas "spécialement manuelle". Impatiente, brutale et un peu capricieuse. Ma grand-mère a renoncé à m'apprendre à coudre, ma maman à tricoter. Ce que l'Education Nationale appelle "motricité fine" est pour moi un Graal inaccessible. Contrairement à d'autres, j'ai toujours vécu très mal de ne pas savoir faire de jolies petites choses. 

Un jour, j'ai décidé de m'atteler au crochet. Et grâce à Internet, j'ai compris les bienfaits de la modernité. J'ai lutté pendant des jours, fait, défait, refait 100 fois. Je me suis repassée la vidéo sous le regard compatissant de mon mari et goguenard de mes enfants, jusqu'à ce que j'arrive à le terminer. Alphonsine m'avait conseillée de commencer par une écharpe pour poupée, elle avait raison. Le bonnet c'était vraiment un gros défi. 

 Et j'y suis arrivée. Il ne faut pas y regarder de trop près, mais c'est fini. C'est irrégulier, il y a quelques trous, bref, personne imaginera que je l'ai acheté aux Galeries Lafayette, et je ne suis pas bien sûre de le porter cet hiver. Mais je l'ai fini.

Donc non, ce n'était pas mieux avant. Avant je serais restée dans mon costume de "celle qui ne fait rien de ses 10 doigts". La route est encore longue pour faire quelque chose de correct et portable, mais ça y est, j'ai lancé la machine. Mon meilleur ami est maintenant You Tube qui me répète à l'infini ce que je peine à comprendre.

Alors non, ça m'arrache de le dire, mais ce n'était pas forcément mieux avant. 

jeudi 15 novembre 2012

Danser et courir


Quand j'étais petite je voulais être danseuse. En plus j'avais le gabarit. 

Sauf que...sans être totalement nulle je n'avais pas de talent particulier. La grâce ne se travaille pas, on l'a ou on ne l'a pas. Je ne l'avais pas. 

Par contre, j'étais très efficace en athlétisme, j'ai fait tous les cross inter-écoles sous le fier regard paternel. Sauf que...courir autour d'un stade, plus vite que les autres, juste pour gagner quand on n'a pas l'esprit de compétition, c'est très désagréable. J'ai donc continué la course et la danse... en touriste. La danse pour me faire plaisir, la course pour faire plaisir à mon père. Et puis un jour, j'ai arrêté l'un et l'autre.

Après mes grossesses, je me suis remise à courir. Pas pour gagner, pas pour faire un bon score, juste pour moi. Pour remuscler mon corps fatigué, reprendre de la consistance, pour m'accorder un moment rien qu'à moi, pour écouter de la musique politiquement incorrecte, qui me fait du bien et qui me rappelle ma jeunesse. C'est mal vu d'écouter Noir Désir et d'aimer encore Bertrand Cantat. J'aime l'artiste, j'oublie l'homme. On le fait bien pour Rousseau ou Céline...

Je cours tôt le matin, au bord de la mer, et j'ai conscience de la chance que j'ai de voir le soleil se lever sur la Méditerranée. Je cours rien que pour moi, et ça me fait vraiment du bien. Je cours sous tous les temps, je pars avant que le jour se lève. Pendant toute mon enfance je suis passée à côté du plaisir de courir. Peut-être est-ce un sport de la maturité finalement. Il ne nécessite qu'une paire de basket et un homme qui gère les enfants pendant une heure. Une heure de solitude, de contemplation et de méditation.

C'est pour ça que j'ai acheté La Grande course de Flanagan de Tom Mc Nab, parce qu'Alphonsine et Sophie la styliste en ont tellement bien parlé que ça m'a tenté. Il se rajoute à ma pile dont il risque de chambouler l'ordre de lecture. 

P.S: au hasard de mes déambulations virtuelles, je m'aperçois que nous sommes quelques blogueuses à aimer courir. Sur le tard parfois, avec philosophie  souvent, avec effort toujours. Courir c'est finalement avoir une certaine vision du monde et du temps.

 Beaucoup de mots pour finalement dire un truc tout simple. C'est tout moi ça, j'ai du mal à aller à l'essentiel; enfin qui a dit qu'un blog devait aller à l'essentiel tout le temps?

La Quadrature des Gueux : Le sens de la fête

Nouveau point d'étape de la quarantaine : le sens de la fête.  Que reste-t-il de nous quand il s'agit de faire la fête ? Je parle d...