Me revoici avec un nouveau mauvais polar; oups non, pardon, un polar que je n'ai pas trop apprécié.
| Lauren Beukes, Les Lumineuses, Presses de la cité, mai 2013 (379 p.) |
C'est donc l'histoire d'une tueur en série qui profite d'une faille temporelle pour voyager dans le temps et choisir ses victimes dans le passé, le présent et l'avenir. L'une d'entre elles réchappe de la boucherie. C'est tentant hein?
Sauf que ça ne marche pas du
tout.
Pour faire simple, Les Lumineuses c'est l'inverse d'Esprit d'hiver. On est tenu en haleine pendant tout le livre (enfin tout est relatif), pour tomber sur une chute ni faite ni à faire.
Pendant tout ce roman où le
meurtrier voyage à travers le temps pour trouver ses proies, une multitude de
questions surgissent. En quoi cette maison (la faille temporelle en question) est-elle magique ? Qui en
était le propriétaire initial ? Ou le meurtrier trouve-t-il sa force,
quand, blessé et claudiquant il assassine des femmes sportives et en bonne
santé ? Sa canne a-t-elle des pouvoirs? Y-a-t-il un lien entre toutes les
victimes ? A quoi servent les
« reliques » de la maison ? Pourquoi laisse-t-il aux victimes
des objets appartenant à des proies ultérieures ? Comment Kirby
arrive-t-elle à échapper à la mort (je rappelle qu'elle est éviscérée quand même) ? Ou même plus simplement qui est
Harper Curtis ?
Peine perdue. On n’en sait pas
plus à la fin qu’au début, et on se farcit 374 pages pendant lesquelles un psychopathe
se balade dans le temps, en cherchant des jeunes filles qui brillent (Les Lumineuses donc), qu’il
assassine avant de leur enlever les entrailles (du gore ça ne nuit pas, ça fait partie du genre). Mais on attend une résolution de l’énigme. En vain !
Aucune chute digne de ce nom pour
donner un petit d’allant à l’ensemble. Tout cela avec beaucoup de dialogues
pauvres et sans intérêt, sans compter de grandes réflexions sociales sur les
junkies dont je vous livre la plus profonde sur ces pauvres camées « qui finissent sur le
trottoir malgré leurs efforts, pour s’en sortir, parce que la vie ne leur
laisse pas d’autres choix » (p.176). Je pourrais en citer des dizaines
d’autres sur la drogue, le sexe ou la famille monoparentale…que du convenu et du médiocre.
Il paraîtrait que Lauren Beukes
inaugure avec ce polar "le thriller d'un nouveau genre", pourvu qu'elle ne fasse pas trop d'adeptes quand même.
C'était Galéa, la polar-addict, en direct de la sélection de décembre du prix Elle 2014. Je peux vous dire qu'entre le Nikitas et celui-là, le choix a été dur.
Ne me remerciez pas pour ma bonne foi, c'est quand même la moindre des choses.
