mardi 30 octobre 2012

L'automne sous la neige...

Ici, dès qu'il pleut trois jours de suite, cela fait la Une du quotidien régional. Quand il risque de neiger, les écoles sont évacuées. Quand le soleil se cache trop longtemps on s'inquiète...

Il y a à peine une semaine, nous ignorions encore que l'été s'achevait 
Nous avons donc déserté la ville, son bruit, ses incivilités, sa vitesse. Quitter alors le littoral pour s'enfoncer dans les terres. Chercher de l'air, de l'espace et du calme.
A seulement une heure de la côte, force est de constater que l'hiver a englouti l'automne. Les saisons se sont étrangement mélangées.

Dans quelques heures, il n'en restera plus rien.
 Les couleurs automnales auront repris leur droit...et nous le chemin de la ville.

dimanche 28 octobre 2012

Le titre qui trompe

Celui-là, j'ai failli ne jamais le lire tant le titre me fait horreur.

Peau de caniche... l'écorchure d'un animal !?
Dominique Zehrfuss, Peau de caniche, folio, 2012, 99p.

J'ai donc attendu qu'il sorte en poche ... et je l'ai acheté pour les mauvaises raisons. Midinette éphémère : Dominique Zehrfuss est la femme de Modiano.

 Elle dépose ici le gros fardeau de son enfance. Généralement, j'abhorre tous ces témoignages de prétendues célébrités qui déballent leur linge sale. C'est majoritairement indigne, impudique et dénué de tout intérêt littéraire.

Rien de tout cela ici.

C'est pour cette raison que je serai indulgente avec ce premier récit. Fille d'un couple qui se rencontra sur le tard et qui laissa tout derrière lui, l'auteur raconte son impossibilité d'être une enfant dans un monde qui ne lui octroie aucune place.

"C'est là que je désapprends à être ce que je suis: un enfant". (p.30)

Tyrannisée par une mère constamment dans la posture et un père qui refuse de s'opposer, c'est le récit de la grande solitude d'une petite fille .
"Je sais depuis toujours qu'il ne faut pas déranger mes parents". (p.78)

Bien qu'elle soit de la génération de ma maman, Dominique Zehrfuss évoque une période qui correspond à l'âge de mes enfants. Sans doute est-ce pour cela  que je suis touchée.

L'écriture, assez épurée, est parfois maladroite mais souvent très intense. On s'y attache, même si cela manque peut-être un peu de linéarité. Elle raconte, par flash, des scènes de son enfance, sans forcément les lier entre elles.

Peau de caniche est effectivement un animal écorché mais surtout une mue dont Dominique Zehrfuss se départit avec fracas.

Avant ce livre, l'auteur avait essentiellement travaillé en littérature jeunesse, ceci expliquant sans doute cela.

Ce récit est presque un manifeste pour l'enfance, et rappelle, en creux, ce qu'elle a de précieux, de perméable et de fragile.

jeudi 25 octobre 2012

Plaire au plus grand nombre

Philippe Le Guillou, La Consolation,
Gallimard, 2006, 300 p.
Ce ne sera pas le cas de ce roman.

Il est arrivé mystérieusement dans ma bibliothèque. Je ne me souviens pas de l'avoir acheté, je ne me rappelle pas qu'on me l'ait offert, je ne l'ai emprunté à personne non plus. Il est improbable qu'il soit arrivé tout seul dans mes étagères. Toujours est-il que La Consolation m'attendait, caché dans ma bibliothèque.

Il ne plaira pas à tout le monde, mais moi il m'a enchantée. L'histoire raconte les errances d'un jeune homme d'une vingtaine d'années dans le Paris des 70's. Raconté comme ça, pas sûr qu'il déclenche la curiosité!

En réalité, le jeune Marc Verney est un personnage comme je les aime. D'abord, il s'interroge sur sa propre foi et sa spiritualité. Autour de lui gravitent un évêque déchu et un séminariste désespéré qui cherchent encore leur place dans l'institution catholique. En cela, le roman déplaira à mes collègues, intellectuels de gauche, d'autant que Marc nourrit une passion littéraire pour des auteurs politiquement incorrects comme Montherland ou Drieu La Rochelle. Moi, j'aime l'ambiguïté du personnage.

Parce que Marc est ambigu, il s'interroge sur ses orientations, sur ses goûts. Son entourage est masculin, du golden boy d'avant le choc pétrolier au peintre maudit, c'est la peinture d'une certaine masculinité. Je sais que certaines de mes amies traditionnelles n'aimeront pas qu'on mêle religion et "garçonnie" (c'est le terme qu'il utilise). Elles aussi condamneront le roman.

Eglise Divo Jacobo, Majori Apostolo,
 rue Droite, vieille ville
 Ensuite, Marc déambule dans un Paris en pleine métamorphose, alors que des quartiers entiers disparaissent pour faire place à des projets modernes qui engloutissent l'âme parisienne. Dans ce chaos, subsiste le café d'Orgueil qui rassemble une clientèle aussi étrange qu'éclectique. Et Marc est breton, rennais précisément, il ne m'en fallait pas plus pour me séduire. Il décrit superbement la campagne de l'Ille et Vilaine et surtout les côtes tourmentées du sombre Finistère.

Enfin, Marc est un écrivain en devenir, un romancier qui se cherche. Je suis toujours fasciné par les auteurs quand ils sont mis en abîme dans les livres. Et vu que je ne suis ni une intellectuelle de gauche, ni une intransigeante tradi (ou peut-être parce que je suis un peu des deux? qui sait...), je me suis délectée. Son écriture est remarquable, il est rare, dans les romans contemporains, que les auteurs soignent à ce point leur style. Le sien est velouté, élaboré et digeste. A lire sans préjugé, c'est un roman qui sort des cases.


Après réflexions, il est très probable que ce livre m'ait été offert quand j'étais à la maternité. La date d'édition correspond à la fin de ma première grossesse. Si c'est cela, je me réjouis de ne pas l'avoir lu entre changes, tétées et nuits blanches, j'en aurais manqué l'essentiel.
Toujours est-il que le mystère de son origine me le rend encore plus attachant.

mardi 23 octobre 2012

Le syndrome du sous-marin

Avant de soulever les galets de Méditerranée, j'allais sur les blogs des autres en sous-marin. Je ne laissais jamais de messages. J'avais toujours la sensation d'être importune ou illégitime. Pourquoi ?
Sur les blogs qui recueillaient de nombreux commentaires, j'avais le sentiment d'interrompre une discussion entre amies...un peu comme quand on déménage en cours d'année et, qu'enfant, on entend les autres écoliers blaguer dans la cour parce qu'ils se connaissent tous et bien. J'osais encore moins sur les blogs plus intimes. Je me disais qu'ils étaient peut-être destinés qu'à certaines personnes...

Début octobre, la jetée après un orage remarquable

 Parfois, j'avais l'impression d'être voyeuse, de me dissimuler dans l'ombre et d'avancer masquée. Je me suis retenue souvent, sur des pages touchantes et délicates, de ne pas laisser de messages de réconfort ou d'encouragements. Certains mots étaient tellement intimes, tellement frappants que je me retirais doucement. Certains blogs me fascinaient! Combien d'après-midi ai-je passé à remonter dans les archives de sites passionnants, à sourire et m'interroger avec des blogueuses qui avaient une belle plume, de l'humour de la poésie. Il y a les blogueuses qu'on voudrait comme copines, d'autres qu'on aimerait éviter de croiser mais qui nous font rire, des blogueuses talentueuses qui nous complexent, des blogueuses pleines de certitudes qui nous rendent indécises, des blogueuses timides, réservées...


Dimanche dernier, sur la digue du phare

Il faut dire que j'ai le don de débusquer ceux des blogs qui s'interrogent sur leur destin. Je les appelle les blogs du crépuscule...je les découvre quand ils s'essoufflent...J'ai un don pour ça.

Blogspot m'a livrée le nombre de visites que "sous les galets" a reçues. Et force est de constater que je ne suis pas la seule à ne pas oser, à ne pas vouloir, à ne pas être suffisamment sûre et certaine que ça en vaille le coup, à ne pas forcément aimé le propos...non, je ne suis pas la seule à passer discrètement sur les pages des autres et m'éclipser sur la pointe des pieds.


Amies sous-marinières
(ou amis sous-mariniers, moins nombreux je présume),
CETTE PAGE EST POUR VOUS!

lundi 22 octobre 2012

Premiers pas...

Je lance ce blog, qui ressemble à une bouteille à mer et qui aura du mal à égaler toutes les jolies choses que je vois fleurir sur la blogosphère, avec le dernier Modiano.

L'Herbe des nuits est comme toujours un régal, et même si de nombreux critiques notent que Modiano écrit toujours le même livre, c'est peut être vrai, mais à chaque fois c'est le même plaisir. Les histoires de Modiano ne se racontent pas, elle se sentent. L'intrigue est, comme souvent, l'histoire d'un très jeune homme qui fréquente des gens troubles, perdus, désespérés et peut- être repentis avec lesquels il traverse un Paris incertain et presque disparu. Modiano nous parle de la mémoire, de l'oubli, de la disparition. Il évoque aussi ces personnages, qui un jour, franchissent la ligne rouge et passent de l'autre côté de la morale.

Modiano est toujours hors du temps, hors des codes. Son style est imité mais inégalé. Modiano me réconforte, depuis que je l'ai découvert lors de ma première grossesse. Modiano est un écrivain trouble et enchanteur.
Patrick Modiano, L'Herbe des nuits, Gallimard, 2012, 177p.

Je me lance dans la blogosphère, en anonyme, sans prévenir mes amies et sans chercher vraiment de reconnaissance, mais pour trouver, peut-être, une liberté virtuelle dont nos petites vies sociales nous privent un peu. Et si la Blogo nous permettait de n'être ni tradi, ni bobo, ni rebelle, ni gauchiste, ni pieuse, ni agnostique...et si on sortait des cases?

Les blogs m'ont fait découvrir de délicieuses personnes, que je n'aurais, sans doute, jamais eu l'occasion de croiser dans la vie normale, des talentueuses, des créatives, des drôles, des écorchées. Je ne parle pas de celles qui racontent leur vie (je le fais moi aussi avec le blog familial!), je pense à celles qui m'emmènent un peu plus loin, qui nous livrent un peu plus que des événements et des photos, qui nous offrent une partie partie d'elle-même qui donne l'impression du beau, du bien et du chic (on en a tellement besoin en ce moment!) Sous les galets me permettra peut-être d'être l'une des leurs...

La Quadrature des Gueux : Le sens de la fête

Nouveau point d'étape de la quarantaine : le sens de la fête.  Que reste-t-il de nous quand il s'agit de faire la fête ? Je parle d...