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mardi 11 août 2015

Une fille, qui danse

Une fille, qui danse de Julian Barnes
The sense of an ending 2011
Traduction J-P Aoustin
Folio, 2014, 212 p.
(Le ventilateur en fond d'image, c'est fait exprès...)
Alors qu'ici on se demande encore, et avec angoisse, si un jour on remettra un pull, je reviens avec une bonne petite claque à l'anglaise qui met quand même un peu mal à l'aise. Je me laisse encore quelque semaines pour savoir si je l'ai aimé.

Donc c'est l'histoire d'un type,  Tony, la soixantaine, globalement "moyen" en tout, qui se souvient de la fille dont il était amoureux vers 20 ans qui s'amouracha ensuite de son copain Adrian, une sorte de génie, qui se suicida quelques mois plus tard.

Déjà premier point: le prénom. Après Adria dans Confiteor, notre Adrian chez Barnes est hyper intelligent, il comprends tout plus vite que les autres, dénoue la complexité de la vie etc... Du coup je m'interroge quand même sur ce prénom en littérature. Fin de la parenthèse. 

Donc à 60 ans, un événement pousse Tony à rebrousser le fil de l'histoire, à essayer de comprendre a posteriori ce qu'il s'est passé, le pourquoi du comment du suicide d'Adrian. Et le lecteur l'accompagne.

"Quand on est jeune, on invente différents avenirs pour soi-même; quand on est vieux on invente différents passés pour les autres" (p.118)

Pendant tout le déroulé, il y a quelque chose de McEwan dans ses souvenirs de la vie sexuelle d'un étudiant anglais dans les années 60, c'est lent sans être ennuyeux, bref ça ressemble au cours d'une vie moyenne. Celle de Tony. Il y a quelque chose d'assez plaisant à parcourir avec lui ses périples de jeunesse. 

La pierre angulaire du récit, c'est bien sûr son week-end chez les parents de Véronica, la copine en question donc, qui va marquer sans doute la manière dont il va fixer les choses dans sa mémoire. J'ai complètement adoré ce passage et les suivants qui ne sont pas sans faire penser à Bello d'ailleurs et à certaines réflexions dans les Producteurs. Il est certain qu'on s'invente un passé, qu'on le fige d'une certaine manière, pour qu'il soit confortable pour nous et notre conscience.

" L'Histoire ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs (...) Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus" (p.86)

Je ne vais pas déflorer la chute, mais forcément, elle nous pousse à relire le roman, ou du moins à le parcourir rapidement de nouveau, pour vérifier si tout se tient, car on n'a quand même rien vu venir.  La fille, qui danse ne danse pas vraiment. C'est vaguement malsain, plutôt bien trouvé, complètement tragique et finalement évident. 

C'était une participation à ma Year in England chez Titine.

Fournisseur de ce billet: ma librairie indépendante.

[Il fait 31 degrés,  il n'y a pas d'air, je suis censée faire un grand vide avant la rentrée, mais je larve sur le canapé, les jambes surélevées pour éviter la phlébite...si vous voulez du glamour, n'hésitez pas, je suis à votre disposition]

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